Ukraine: frappe meurtrière avant l’annexion de quatre régions par Moscou


Le président russe Vladimir Poutine, le 29 septembre 2022 à Moscouafp.com - Gavriil GRIGOROV

Une frappe dévastatrice sur une colonne de véhicules civils a fait 25 morts vendredi dans le sud de l’Ukraine, quelques heures avant l’annexion prévue par la Russie de quatre régions ukrainiennes.

A l’occasion de ces annexions, qui représentent une escalade sérieuse de l’offensive lancée le 24 février, un « volumineux » discours de Vladimir Poutine au Kremlin et des festivités sont prévues à Moscou, alors même qu’une mobilisation chaotique se déroule en Russie, poussant des dizaines de milliers de Russes à l’exil.

La cérémonie est prévue à partir de 12H00 GMT, au moment même où l’armée russe est en difficulté sur le terrain, reculant face à une contre-offensive ukrainienne, notamment à Lyman, un noeud ferroviaire important de l’est ukrainien.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui convoqué pour vendredi une réunion d’urgence de son Conseil de sécurité et réclamé plus d’armes occidentales.

La matinée a été endeuillée par une frappe particulièrement meurtrière sur une colonne de voitures de civils non loin de la limite entre la zone ukrainienne et la zone occupée de la région de Zaporijjia, l’un des quatre territoires devant être incorporés par la Russie.

Au moins 25 personnes ont été tués et 50 autres blessées dans cette frappe, selon le parquet ukrainien, les deux camps se rejetant la responsabilité du bombardement.

Les journalistes de l’AFP sur place ont vu une quinzaine de voitures aux vitres soufflées et au moins trois cadavres de femmes au sol, des affaires dispersées à terre. La frappe a touché le parking d’un centre de transit pour déplacés, à une dizaine de mètres.

A deux kilomètres de la ville de Zaporijjia, sous contrôle ukrainien, et à quelques dizaines de kilomètres de la zone occupée par les Russes, les gens attendaient ici la permission pour retourner dans les territoires sous contrôle russe, une procédure qui prend du temps.

M. Zelensky a traité la Russie de « terroriste » et de « racaille sanguinaire » après cette frappe.

Dans la région voisine de Kherson, qui doit également être annexée vendredi, un responsable de l’occupation russe, Alexeï Katerinitchev, a été tué dans la nuit dans une frappe ukrainienne sur son domicile menée à l’aide de systèmes HIMARS fournis par les Etats-Unis, selon un autre cadre prorusse, Kirill Stremooussov.

– « Jamais » –

La capitale russe se prépare elle à des festivités, avec une circulation restreinte vendredi, notamment un concert à l’ombre des murs du Kremlin, lors duquel M. Poutine pourrait faire une apparition.

« C’est formidable qu’ils aient été acceptés en Russie. Cela aurait dû être fait il y a longtemps, il y a huit ans, en fait », lors du premier conflit entre Kiev et séparatistes prorusses, a déclaré à l’AFP Ildar Babaïev, 38 ans. Natalia Bodner, 37 ans, estime elle que « cela n’apportera rien dans nos vies ».

En Ukraine, à Sloviansk, dans l’Est, Valentina Glouchtchenko, 52 ans, assure elle ne pas tenir compte des « aboiements de Poutine ». « On aura la victoire », affirme-t-elle.

Les quatre régions vont être officiellement annexées, après de prétendus référendums régionaux organisés fin septembre à la hâte. Le vote a eu lieu sous surveillance de soldats en armes et a été qualifié de « parodie » par Kiev et ses soutiens occidentaux.

Signe de cette précipitation et d’une certaine désorganisation, le porte-parole du Kremlin a annoncé devoir « clarifier » si la Russie annexait la totalité des régions ukrainiennes de Kherson et de Zaporijjia ou uniquement les parties qu’elle occupe.

Les dirigeants occidentaux se sont pour leur part succédé pour marteler qu’ils ne reconnaîtraient « jamais » les annexions et ont promis de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou.

– Assaut sur Lyman –

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter vendredi sur une résolution condamnant ces « référendums ».

Revendiquant son emprise sur ces territoires, la Russie, qui avait déjà annexé en 2014 la Crimée, péninsule du sud de l’Ukraine, a menacé de faire usage de l’arme nucléaire pour les défendre.

Sur le front, la situation se détériore pour les forces russes, engagées dans une bataille pour Lyman, ville de la région de Donetsk (est) et important noeud ferroviaire, qui fait face à un assaut ukrainien.

Le chef des séparatistes de la région de Donetsk Denis Pouchiline a reconnu que les Russes étaient « partiellement encerclés » et ne plus avoir « le contrôle total » des localités avoisinantes de Drobychevé et Iampil.

Ailleurs sur le terrain, une personne a été tuée et cinq blessées dans une frappe russe sur la région de Dnipropetrovsk (centre) qui a détruit une entreprise de transport par bus. Dans celle de Donetsk, huit personnes sont mortes dans de multiples bombardements, selon le rapport matinal de la présidence ukrainienne.

L’Ukraine a déjà reconquis depuis début septembre l’essentiel de la région de Kharkiv, dans le nord-est, et repris récemment le noeud ferroviaire de Koupiansk.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s