Centrafrique: les ménages se heurtent durement à la hausse des prix

Sur un marché de Bangui, capitale de la Centrafrique. (illustration) AFP - PACOME PABANDJI

Alors que les leaders politiques centrafricains se déchirent sur le projet de nouvelle constitution, portée par la présidence, beaucoup ont une préoccupation immédiate : la hausse des prix sur les marchés. En 2021, l’inflation était officiellement de 4,3% dans le pays, selon la Banque mondiale. Un taux raisonnable, mais depuis plusieurs mois, l’inflation se ressent bien davantage sur beaucoup de produits de consommation courante.

Dans les ruelles du quartier Lakouanga, commerçants et clients font grise mine. Habiba descend d’une moto-taxi pour partager son désarroi : « Tout a augmenté. La viande, même les petits poissons qu’on appelle  »mort-vivants ». Tout est cher ! Même le manioc ! »

Pur Livia, occupée à tresser une jeune cliente, le prix d’achat des mèches a augmenté de 10%, comme pour tous les produits d’importation : « Surtout l’huile. L’huile, c’est très cher. Maintenant, un litre d’huile s’achète 1 500 francs CFA, alors qu’avant, c’était 700 ou 800 francs CFA. »

La Centrafrique est un pays enclavé et son réseau routier est délabré. Les coûts de transports suivent en conséquence. Commerçant détaillant, Célestin se voit contraint de répercuter les hausses : « C’est par rapport aux grossistes. Eux disent que c’est par rapport aux tracasseries routières, à la douane… Prenons l’exemple de l’huile : le bidon de 25 litres était à 35 000 francs CFA en début de semaine, maintenant il est à 42 000 francs CFA. »

Conséquence : avec des salaires qui stagnent, beaucoup doivent se restreindre. C’est le cas de Raphaël, qui a quatre enfants et ses neveux à charge : « Nous vivons un calvaire qui ne dit pas son nom. Dans chaque foyer, les gens s’arrangent pour ne manger qu’une fois. Puisqu’on ne mange qu’un fois, à partir de 15 heures, tout le monde doit être là. Ceux qui ne sont pas là n’ont pas le droit au plat. »

Et à l’aube de la rentrée des classes, les fournitures scolaires constituent un poids supplémentaire sur des bourses souvent creux.

RFI

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