Joao Lourenço, l’héritier du parti historique qui reste à la tête de l’Angola



Le président angolais Joao Lourenço à la COP26 de Glasgow, le 2 novembre 2021afp.com - Adrian DENNIS

Ancien militaire investi pour un second mandat, le président angolais Joao Lourenço doit faire face à l’impopularité grandissante du parti au pouvoir, dans un pays en grande difficulté économique et dont les immenses richesses naturelles n’ont profité qu’à une infime portion de la population.

A 68 ans, celui qui est surnommé « JLo » a été reconduit après la victoire aux élections fin août du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis l’indépendance du Portugal en 1975.

Dans ce scrutin serré, le parti a enregistré son pire score (51,17%) et perdu la majorité des deux tiers au Parlement qui lui permettait jusqu’ici de passer des lois sans le soutien d’un autre parti.

Dans un contexte de grande pauvreté, d’inflation galopante et de grave sécheresse, l’opposition a gagné du terrain (43,95%), notamment auprès de la jeunesse qui réclame des emplois et une vie meilleure.

M. Lourenço a été élu une première fois en 2017, sur l’engagement de mener des réformes radicales et la promesse d’un « miracle économique ». Héritant d’un pays dépendant du pétrole et en récession, il monte alors un ambitieux plan de réforme visant à varier les sources de revenus et privatiser les entreprises publiques.

Mais la majorité de la population n’a pas bénéficié de ces mesures et la moitié des 33 millions d’Angolais vivent toujours sous le seuil de pauvreté.

Lors de son investiture à un second mandat jeudi à Luanda, le président a promis de meilleurs salaires et des emplois. Il n’a fait aucune référence à lutte contre le corruption.

Dauphin désigné de José Eduardo dos Santos, M. Lourenço avait surpris en limogeant dès le début de son premier mandat dirigeants d’institutions et d’entreprises ainsi que chefs de l’appareil sécuritaire proches de son prédécesseur. Le clan dos Santos a dénoncé une « chasse aux sorcières ».

Président omnipotent durant 38 ans, dos Santos est accusé d’avoir largement détourné les ressources du pays riche en pétrole au profit de ses proches. La victoire de M. Lourenço aux dernières élections a été annoncée le lendemain des funérailles nationales de ce dernier, décédé en juillet en Espagne sans jamais avoir été inquiété par la justice.

Beaucoup jugent aujourd’hui que l’opération « mains propres » a été sélective et politiquement motivée. Et certains analystes estiment que l’ex-général d’artillerie continue dans la droite ligne de son prédécesseur à réprimer toute dissidence.

– Traversée du désert –

Joao Manuel Goncalves Lourenço, originaire de Lobito (ouest), a combattu dans sa jeunesse le Portugal. Après l’indépendance, il participe à l’interminable guerre civile (1975-2002) qui éclate entre le gouvernement du MPLA et les rebelles de l’Unita, devenu le premier parti d’opposition.

Comme nombre de dirigeants en pleine ascension pendant la décolonisation, il est formé en Union soviétique. Il devient chef politique de la branche armée du MPLA pendant la guerre civile, un conflit de Guerre froide qui voit Cuba soutenir le MPLA alors que des milices soutenues par la CIA le combattent.

Devenu gouverneur de la province de Moxico (est) dans les années 1980, il gravit rapidement les échelons au sein du MPLA, dirigeant son groupe parlementaire avant de devenir vice-président du Parlement.

C’est paradoxalement son ambition qui manque de mettre fin à sa carrière. M. Lourenço ne réussit pas à cacher son désir de succéder à dos Santos, au tournant des années 1990-2000, ce dernier le met alors sur la touche.

Après une traversée du désert, il est nommé ministre de la Défense en 2014 avant d’être finalement désigné successeur. Les réformes qu’il mène une fois au pouvoir sont saluées à l’étranger où sa réputation reste plutôt solide.

M. Lourenço a récemment joué un rôle de médiateur dans des pourparlers entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte d’escalade des tensions entre ces voisins.

Il est marié à Ana Dias Lourenço, ancienne ministre qui a aussi représenté l’Angola à la Banque mondiale. Ils ont six enfants.

LE JV2 AVEC AFP

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