US Open: l’avènement du nouveau roi Carlos Alcaraz


L'Espagnol Carlos Alcaraz (g) soulève le trophée de l'US Open après sa victoire en finale contre le Norvégien Casper Ruud, qui l'applaudit, à New York, le 11 septembre 2022 afp.com - TIMOTHY A. CLARY

Un premier titre Majeur et en prime la place de N.1 mondial, qu’il est désormais le plus jeune de l’histoire à occuper à 19 ans: Carlos Alcaraz, sacré dimanche à l’US Open, n’est plus l’avenir radieux du tennis, mais son présent incandescent.

« C’est quelque chose dont je rêvais depuis enfant, j’ai travaillé très, très dur pour y arriver, c’est difficile de trouver les mots, je ressens beaucoup d’émotions », a réagi l’Espagnol avant de soulever sa coupe.

Quelques instants plus tôt, ses tennis avaient crissé sur le ciment du court Arthur-Ashe, en freinant brutalement sa course, libéré par l’ultime faute directe de Casper Ruud. Vainqueur 6-4, 2-6, 7-6 (7/1), 6-3, il s’est alors effondré au sol sur le dos, les bras en croix.

Très vite, il a posé ses mains sur sa bouille d’encore adolescent, en proie à la plus belle émotion de sa jeune carrière, le sourire embué de larmes. « J’ai pensé à ma maman et à mon grand-père. A beaucoup d’autres membres de ma famille qui n’ont pas pu venir », a-t-il confié, après avoir grimpé dans les tribunes pour des effusions de joies lacrymales avec son père, un de ses trois frères et son coach Juan Carlos Ferrero.

Voilà le gamin d’El Palmar, près de Murcie, sur le toit du monde tennistique, à exactement 19 ans, 4 mois et 6 jours – bien plus rapidement que l’Australien Lleyton Hewitt (20 ans, 8 mois et 26 jours) à son accession au sommet il y a 21 ans -, succédant au Russe Daniil Medvedev, autant au palmarès de l’US Open que sur le trône tant convoité.

– L’Ibère-rapide –

Ces derniers mois, l’Espagnol répétait à l’envi son rêve d’enfant. Celui de s’installer d’abord au sommet de la hiérarchie mondiale, avant même d’inscrire son nom au palmarès d’un Grand Chelem.

Ce sera finalement l’inverse à quelques heures près. Il a d’abord été titré aux dépens de Ruud, qui pouvait comme lui faire coup double à Flushing Meadows et sera son dauphin dès lundi à la publication du classement ATP.

C’est au bout d’un bras de fer souvent serré, parfois illuminé de points somptueux, conclu en 3h20 que « Carlitos » est venu à bout du « Ruuuuud » (comme l’encouragent ses fans) Norvégien, loin d’avoir démérité pour sa deuxième finale de Grand Chelem de la saison.

Le tout, sous les yeux de l’humoriste Jerry Seinfeld, du rockeur Jon Bon Jovi ou encore de la papesse de la mode Anna Wintour, qui s’était déplacée pour assister à la dernière danse de « Queen » Serena Williams en première semaine et ne pouvait manifestement pas rater l’avènement d’un nouveau « Rey » en vogue.

Impuissant début juin à Roland-Garros face à l’ogre de l’ocre Rafael Nadal, Ruud a longtemps tenu tête à Alcaraz, au point de pouvoir nourrir quelques regrets, après deux balles de set manquées à 6-5 au troisième set.

Sursitaire, l’Ibère-rapide aurait pu aborder le tie-break la main tremblante, lui qui avait perdu les quatre qu’il avait disputés durant ce tournoi. C’est au contraire le Norvégien qui a craqué en commettant de soudaines fautes directes.

– 23h40 sur les courts –

Sur quoi, Alcaraz a fini le travail, en resserrant son jeu, supprimant notamment ces trop nombreuses amorties infructueuses, comme s’il fut un moment prisonnier de l’enjeu.

Cette finale parachève un tournoi ébouriffant pour le roc Alcaraz, devenu le finaliste ayant passé le plus de temps sur le court durant un Grand Chelem avec un total de 23h40. Le précédent record était détenu par le Sud-Africain Kevin Anderson lorsqu’il avait perdu en finale à Wimbledon en 2018 (23h20).

Sa trajectoire n’en reste pas moins météorique et le place déjà dans la stratosphère du tennis, à l’heure où Nadal (36 ans), détenteur du record de titres majeurs (22), doit faire avec de récurrents problèmes physiques et a l’esprit tourné vers une paternité imminente, et où la retraite de Roger Federer, qui n’a plus joué en tournoi depuis Wimbledon-2021, n’a jamais paru aussi proche.

Du Big 3, seul Novak Djokovic (35 ans) n’a pas dit son dernier mot et sera sans aucun doute encore candidat aux principaux titres et à la place de N.1 mondial. Et il sera aussi excitant de voir comment Alcaraz assumera son nouveau statut face à lui, aux autres représentants de la nouvelle vague (Ruud, Jannick Sinner, Frances Tiafoe, Nick Kyrgios…), sans oublier les Medvedev, Zverev et Tsitsipas indésireux d’être la génération sacrifiée.

LE JV2 AVEC AFP

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