La Suède vote, avec l’extrême droite dans une position de force inédite

Des électeurs dans un bureau de vote à l'Ecole royale de musique, à Stockholm le 11 septembre 2022 afp.com - Jonathan NACKSTRAND

Un nouveau pays européen avec un gouvernement appuyé par l’extrême droite, ou un troisième mandat pour la gauche ? La Suède vote dimanche après une campagne au suspense maximal et au scénario inédit, dominée par la criminalité et l’inflation.

Jamais jusqu’à ces législatives la droite traditionnelle suédoise n’avait envisagé de gouverner avec l’appui direct ou indirect des Démocrates de Suède (SD).

Longtemps paria, le parti nationaliste et anti-immigration est en passe selon les sondages de rafler une deuxième place jamais atteinte et de devenir la première formation d’un nouveau bloc des droites.

« Nous voulons faire partie du gouvernement, nous verrons ce soir si ce sera possible », a déclaré aux journalistes leur leader Jimmie Åkesson, en patientant dimanche après-midi dans une longue queue pour voter à Stockholm.

La Première ministre sortante, la sociale-démocrate Magdalena Andersson, espère, elle, rester au pouvoir en s’appuyant sur un ensemble « rouge-vert », pour un troisième mandat de quatre ans d’affilée pour la gauche.

La campagne a été dominée par des thèmes susceptibles de favoriser l’opposition de droite: criminalité et règlements de comptes meurtriers de gangs, flambée des prix des carburants et de l’électricité, problèmes d’intégration…

Mais la solide popularité de Mme Andersson, dont la cote de confiance dépasse celle de son rival conservateur Ulf Kristersson, ainsi que l’épouvantail de l’extrême droite, plaident en faveur de la gauche.

– Touche-touche –

Les cinq instituts de sondage donnent une très légère avance au camp rouge-vert dans leurs dernières salves (49,6% à 51,6%), contre 47,6 à 49,4% pour le total droite/extrême droite, mais tous sont dans la marge d’erreur.

« C’est très, très serré », a constaté la Première ministre Andersson en sortant du bureau de vote dimanche en fin de matinée.

La veille, lors de son dernier jour de campagne, la dirigeante de 55 ans s’était dite « inquiète d’un gouvernement complètement dépendant des Démocrates de Suède.

Les deux dernières semaines de campagne ont vu les SD, menés pour la cinquième élection par Jimmie Åkesson, dépasser les Modérés dans les sondages, autour de 19-21%, soit un nouveau record.

Immigration importante ces dernières années et graves problèmes lancinants de bandes criminelles ont nourri le parti.

« Mon pays a complètement changé alors qu’il était peut-être le plus sûr du monde », dit à l’AFP Ulrika, une électrice des SD âgée de 56 ans. Elle en attribue la responsabilité « aux autres cultures qui arrivent dans le pays ».

Pour Erwin Marklund, un électeur de gauche de 34 ans travaillant dans l’informatique, c’est à l’inverse « important de ne pas laisser l’extrême droite entrer dans le système ».

Emmenés pour la deuxième fois par Ulf Kristersson, les Modérés ont perdu du terrain autour de 16-18% dans les dernières enquêtes d’opinion, suscitant des inquiétudes dans son camp.

– 349 sièges –

Le poste de Premier ministre revient traditionnellement en Suède au premier parti de l’alliance victorieuse.

Si SD espère des ministères, les autres partis de droite sont réticents à l’avoir au gouvernement, préférant l’avoir en appui au Parlement.

A gauche aussi, la forme exacte d’un exécutif sorti des urnes reste empreinte d’incertitudes, avec des désaccords entre partis de Gauche et du Centre.

Mais selon les politologues, une crise politique semblable à celle qui avait suivi les élections de 2018 – quatre mois pour former un gouvernement – est peu probable, les camps étant mieux délimités.

La victoire de la droite appuyée par l’extrême droite ouvrirait une nouvelle ère politique pour la Suède, qui doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier et finaliser sa candidature historique à l’Otan – soutenue également par les droites.

Un total de 349 sièges sont attribués à la proportionnelle aux partis réalisant au moins 4%. Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais pas nécessairement une majorité absolue en sa faveur.

Dans un pays de 10,3 millions d’habitants à la participation traditionnellement très élevée (87% en 2018) les premiers sondages sortie des urnes sont attendus au moment de la fermeture des bureaux de vote à 20H00 locales (18H00 GMT). Des résultats partiels plus fiables doivent être disponibles environ deux heures plus tard.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s