« Citoyen d’honneur »: Kad Merad sur les pas de son enfance en Algérie

Kad Merad lors de la présentation du film "Un Triomphe" lors du festival d'Angoulème le 30 août 2020 afp.com - Yohan BONNET

Le retour en Algérie d’un enfant du pays qui a réussi: avec « Citoyen d’honneur », comédie aigre-douce en salles mercredi, Kad Merad confie à l’AFP avoir été touché par ce rôle teinté « d’une résonance très personnelle ».

Né en 1964 à Sidi Bel Abbès d’une mère berrichonne et d’un père algérien, l’acteur de son vrai nom Kaddour Merad, de nationalité française, n’a vécu que deux ans en Algérie avant que ses parents ne s’installent définitivement en France.

Dans « Citoyen d’honneur », il campe un écrivain français d’origine algérienne récompensé par le prix Nobel. En perte d’inspiration, il accepte l’invitation de son village natal.

Un retour aux sources contrasté: au-delà des honneurs, certains viennent lui demander des comptes sous la pression des islamistes locaux, tandis que le film montre un pays en proie aux difficultés politiques et à la censure, avec une jeunesse éprise de liberté.

« Beaucoup de choses m’ont touché car il y a forcément une résonance très personnelle », confie Kad Merad. « Je suis né en Algérie. Je ne me revendique pas comme Algérien, mais comme un Français avec des racines ».

« Mes parents se sont installés en Algérie deux ans avant ma naissance, mais sont revenus en France car un couple franco-algérien, c’était compliqué… « , ajoute l’acteur.

« Le film a une tonalité politique, par le prisme de la comédie. On ne pouvait pas ne pas montrer les manifestations de la jeunesse. Les relations entre la France et l’Algérie sont très particulières, compliquées… Je souhaite vraiment qu’une sérénité s’installe enfin… », confie Kad Merad qui a participé au voyage officiel en Algérie du président François Hollande en 2012.

« Le président (Emmanuel) Macron m’a invité à son tour il y a quinze jours, mais j’étais en tournage à l’étranger », précise-t-il.

Mohamed Hamidi, le réalisateur de « Citoyen d’honneur » (tourné au Maroc) a souhaité « montrer l’Algérie avec toutes ses richesses, ses espoirs mais aussi ses défauts: un pouvoir autoritaire et une jeunesse qui n’est pas entendue ».

« Toujours friand de nouvelles aventures, drame ou comédie », Kad Merad retrouvera en 2023 Dany Boon avec qui il a tourné « Bienvenue chez les Ch’tis », pour un film au côté de Charlotte Gainsbourg.

LE JV2 AVEC AFP

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