Brésil: à Copacabana, une marée jaune et verte « en mission » pour Bolsonaro


Des partisans du président brésilien Jair Bolsonaro se rassemblent pour marquer les 200 ans de l'indépendance du Brésil sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, le 7 septembre 2002 afp.com - Ivan PACHECO

« Nous sommes en mission, pour faire élire Bolsonaro contre le mal », lance Orley Antunes, qui a fait 12 heures de voiture pour soutenir le président brésilien, parmi des dizaines de milliers d’autres manifestants, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

« L’élection est le 2 octobre, nous avons un mois pour remplir cette mission, pour éviter que le Brésil ne sombre comme l’Argentine, le Venezuela ou d’autres pays d’Amérique du Sud » gouvernés par la gauche, dit à l’AFP cet enseignant de 41 ans venu de la petite ville de Morrentes, dans le Parana (sud) à 850 km de Rio.

Il est vêtu d’un t-shirt jaune et vert, les couleurs du drapeau brésilien, comme presque tous les autres manifestants ayant répondu à l’appel du chef de l’Etat, pour des festivités du Bicentenaire de l’indépendance aux allures d’immense meeting de campagne, à Rio, son fief électoral.

« Cette foule, c’est une démonstration de force, pour montrer ce que veut vraiment le Brésil. Si les élections sont propres, il sera élu au premier tour, c’est sûr », insiste Orley Antunes, en dépit des sondages qui donnent le chef de l’Etat perdant face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Luiz da Silva.

En marge du défilé militaire qui a lancé les célébrations, mercredi matin à Brasilia, Jair Bolsonaro a affirmé devant des dizaines de milliers de partisans que les sondages étaient « mensongers ».

« Si Bolsonaro perd et qu’il reconnait sa défaite, il faudra l’accepter. Mais s’il y a l’ombre d’un soupçon sur la fiabilité des urnes, on descendra à nouveau dans la rue », assure ce quadragénaire blond aux yeux verts, qui ne croit pas pour autant à des épisodes de violence en cas de contestation du résultat.

« Moi, par exemple, j’ai une arme, mais je ne l’ai pas prise aujourd’hui ».

L’un des fils du président, le député Eduardo Bolsonaro, avait pourtant invité lundi sur Twitter les Brésiliens qui « ont acheté une arme légalement » à s’engager comme bénévoles dans la campagne de son père.

– « L’Armée aux côtés du peuple » –

Fernando César Alves, dresseur de chiens de 34 ans venu aussi à Copacabana, est entièrement d’accord avec lui: « je ne crois pas aux sondages, je crois à ce que je vois, cette foule rassemblée ici », dit ce jeune homme en sirotant une bière au bord de la plage.

Tandis que les manifestants se pressent sur la longue promenade de la plage iconique de Rio, des dizaines de personnes en jet-ski arborant des drapeaux brésiliens font vrombir leurs moteurs, devant le vaisseaux de la Marine qui prennent part au défilé officiel de la fête nationale.

« L’Armée est aux côtés du peuple, pour envoyer un message au monde entier! », peut-on entendre depuis l’un des dizaines de camions qui diffusent par haut-parleurs des messages assourdissants.

Depuis le fort militaire de Copacabana, une salve de canon est tirée, comme à chaque heure depuis 8H00 du matin, faisant sursauter certains manifestants, mais déclenchant ensuite un tonnerre d’applaudissements.

– Sosie de Bolsonaro –

« Nous sommes ici parce nous ne voulons pas du communisme au Brésil. Bolsonaro incarne la défense de la famille traditionnelle, des valeurs chrétiennes », dit Aline Giovanoni, femme au foyer évangélique venue avec sa fille de 15 ans.

À quelques mètres d’elle, un homme aux cheveux grisonnants attire tous les regards. Il est en costume noir, ceint d’une écharpe présidentielle et ressemble à s’y méprendre au chef de l’Etat.

« On est ici parce qu’on croit en l’avenir du Brésil et on veut montrer que notre président est le meilleur », déclare ce sosie connu comme le « Bolsonaro de Recreio », quartier de l’ouest de Rio en bord de mer où il habite.

Suely Ramalho, agent immobilier de 78 ans, soutient Bolsonaro parce qu’il est « courageux » et qu’il n’a « peur de rien ».

« Il faut voir tout le mal qu’on lui fait, les médias, la gauche, la Cour suprême. Mais je suis confiante. S’il n’y a pas de fraude, il va gagner au premier tour », dit cette femme noire aux cheveux tressés. Elle avait voté Lula par le passé, puis avait été « immensément déçue ».

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s