Le Burkina à nouveau endeuillé par une attaque qui a fait au moins 35 morts


Une patrouille de l'armée burkinabaise dans le nord du pays en février 2020 afp.com - OLYMPIA DE MAISMONT

Au moins 35 civils ont été tués et 37 autres blessés lundi lors de l’explosion d’un engin artisanal au passage d’un convoi de ravitaillement dans le nord du Burkina Faso, une nouvelle attaque meurtrière dans ce pays régulièrement endeuillé par les violences jihadistes.

« Un des véhicules transportant des civils dans ledit convoi a explosé au contact d’un engin explosif improvisé. Le bilan provisoire à 17H00 (GMT et locales) fait état de 35 morts et 37 blessés, tous civils », indique un communiqué du gouverneur de la région du Sahel, le lieutenant-colonel Rodolphe Sorgho.

Ces convois, escortés par l’armée, ravitaillent des villes du nord soumises à un blocus de groupes jihadistes.

« Les éléments de l’escorte ont rapidement sécurisé le périmètre et pris des mesures pour porter assistance aux victimes. Les blessés ont été pris en charge et les cas difficiles évacués vers des structures appropriées », poursuit le communiqué qui précise que le convoi quittait le nord du pays pour aller vers la capitale Ouagadougou.

« Le convoi de ravitaillement était composé de conducteurs civils et des commerçants », a affirmé à l’AFP une source sécuritaire.

– « Commerçants et élèves » –

« Il y’avait plusieurs dizaines de véhicules dont des camions et des cars de transports en commun. Les victimes sont essentiellement des commerçants qui partaient s’approvisionner à Ouagadougou et des élèves qui regagnaient la capitale pour la prochaine rentrée scolaire », a relaté à l’AFP un habitant de Djibo qui souhaite rester anonyme.

Début août, quinze soldats avaient été tués sur ce même axe Djibo-Bourzanga dans une double attaque à l’engin explosif improvisé.

Ces dernières semaines des groupes jihadistes ont détruit à la dynamite des lieux situés sur les axes principaux menant vers les deux grandes villes du nord du Burkina, Dori et Djibo, afin de tenter de les isoler.

Le Burkina Faso – en particulier le nord et l’est – est confronté comme plusieurs de ses voisins à la violence de mouvements armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

Le 24 janvier dernier, des militaires ont pris le pouvoir dans un putsch assurant vouloir faire de la sécurité leur priorité.

Dimanche soir, dans un discours à la Nation prononcé depuis la ville de Dori (nord-est), le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait salué une « relative accalmie » dans plusieurs localités.

Le gouvernement assure avoir intensifié les « actions offensives » de l’armée et a également initié un processus de dialogue avec certains groupes armés, via des leaders religieux et coutumiers.

Ce processus a permis selon M. Damiba à « plusieurs dizaines de jeunes » de déposer les armes.

Les attaques restent toutefois nombreuses depuis le début de l’année, à l’image du massacre de Seytenga (nord) en juin dernier, où 86 civils avaient été tués.

Depuis l’an dernier, le Burkina est devenu l’épicentre des violences dans le Sahel, avec plus d’attaques meurtrières qu’au Mali ou au Niger en 2021, selon l’ONG Acled.

Plus de 40% du territoire du Burkina est hors du contrôle de l’Etat, selon des chiffres officiels.

LE JV2 AVEC AFP

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