Royaume-Uni : Liz Truss succède à Boris Johnson à la tête du Parti conservateur

Liz Truss salue les spectateurs alors qu'elle est encore sur la scène d'un débat pour la campagne en vue de la présidence du parti conservateur. Wembley Arena de Londres, Royaume-Uni - 31 août 2022. AP/Kirsty Wigglesworth

Liz Truss vient d’être élue à la tête du parti conservateur britannique. L’actuelle ministre des Affaires étrangères succède à l’un de ses mentors en politique, Boris Johnson. Elle l’a emporté face à Rishi Sunak grâce à une campagne inspirée par Margaret Thatcher. 

Après trois mois d’une campagne marquée très à droite, les 200.000 adhérents du Parti conservateur britannique ont tranché. Favorite des sondages devant Rishi Sunak, la ministre des Affaires étrangères Liz Truss arrive en tête des suffrages de l’élection du président du parti.  

Âgée de 47 ans, elle a séduit  les électeurs à la base du parti au pouvoir. Dans un pays de 67 millions d’habitants, ils comptent souvent des hommes blancs, plus âgés et plus aisés que la moyenne de la population. À quoi va ressembler la succession de Boris Johnson à la tête du Royaume ? Quelle est la politique de Liz Truss ? Tour d’horizon. 
 

Liz Truss, ministre britannique en charge de la diplomatie et des Affaires étrangères peu de temps avant un conseil ministériel sous la direction de Boris Johnson, alors Premier ministre du Royaume-Uni. Londres – 7 juillet 2022. AP/Kirsty Wigglesworth

Pro Brexit et conservatrice de dernière minute 

Née le 26 juillet 1975 dans une famille très à gauche, elle a d’abord milité au parti centriste Libéral-Démocrate. Dans les années 2000, elle décide finalement de rejoindre les conservateurs. C’est sous les couleurs du parti de droite qu’elle elle devient députée en 2010, pour la circonscription de South West Norfolk (est de l’Angleterre). 

Endurcie par ce riche parcours politique, Liz Truss s’est ralliée au conservatisme et au Brexit sur le tard. Elle avait en effet défendu le maintien dans l’Union européenne en 2016, avant de devenir une fervente partisane du Brexit. 

Depuis 2012, cette blonde à la chevelure coupée au carré a enchaîné les postes dans les ministères (Education, Environnement, Justice puis secrétaire en chef du Trésor). Nommée en 2021 à la tête de la diplomatie britannique, elle se montre intransigeante face à l’Union européenne sur l’Irlande du Nord. Aux côtés de l’ancien Premier ministre Boris Johnson, elle incarne alors la fermeté contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

Liz Truss a été ministre sous Boris Johnson. Ensemble, ils assistaient au sommet de l’OTAN peu de temps après le début de l’invasion russe en Ukraine. Bruxelles, Belgique – 24 mars 2022. AP/Henry Nicholls

Une politique proche du thatchérisme 

« Si vous me demandez quel était le message de la campagne de Liz Truss, je peux vous dire immédiatement : des baisses d’impôts, pas des aides », relève à l’AFP John Curtice, politologue britannique à l’université de Strathclyde. En campagne,  Liz Truss a aussi souligné qu’elle présenterait « d’ici un mois » un projet de réforme fiscale pour faire face à la crise. Dans deux journaux populaires, le Sun et le Daily Mail, elle a promis de « tout faire » pour que les Britanniques aient chacun « l’opportunité d’aller aussi loin que leur talent et leur dur travail puissent les emmener ».

Politique chevronnée,  Liz Truss a effectivement séduit la base conservatrice en promettant des baisses d’impôt massives et adoptant un ton très dur contre les syndicats. En somme, elle s’ppose aux aides directes et assume vouloir  limiter le droit de grève. Cela lui a valu d’être comparée à Margaret Thatcher, icône du conservatisme. 

N’importe quelle femme en politique est comparée à Theresa May ou Margaret Thatcher, parce qu’il n’y a pas eu autant de femmes que d’hommes au pouvoir.
Liz Truss pendant la campagne pour la présidence du Parti conservateur.

Cette comparaison, Liz Truss s’en amuse. Elle l’alimente même en posant sur la tourelle d’un char ou en portant un chemisier à fleurs caractéristique. « N’importe quelle femme en politique est comparée à Theresa May ou Margaret Thatcher, parce qu’il n’y a pas eu autant de femmes que d’hommes au pouvoir », a relativisé Liz Truss, tout en louant l’ancienne Première ministre décédée en 2013. La Dame de fer reste  ultra populaire dans la majorité, 30 ans après avoir été au pouvoir. 

L’ancienne locataire du 10 Downing street Margaret Thatcher devant son domicile. Londres, Royaume-Uni – 11 mai 1987 AP/John Redman

Inflation, grèves massives… Le Royaume-Uni au bord de l’implosion 

Dans un contexte économique et social explosif, le Royaume-Uni est confronté à une grave crise liée à l’augmentation du coût de la vie qui provoque des grèves inédites depuis les années 1980.

Une inflation qui dépasse les 10%  et même attendue à 22% dans le scénario du pire de la banque Goldman Sachs. Ce climat de crise crée une pression considérable pour une intervention rapide. D’autant plus que le pays sort tout juste d’un été de quasi-vacuité du pouvoir. Une hausse exorbitante des factures d’énergie qui menace les familles comme les écoles, les hôpitaux et les entreprises. 
 

Si elle a promis dimanche une action « dès la première semaine » pour soulager les ménages britanniques, Liz Truss a refusé d’expliquer la nature concrète des mesures qu’elle comptait prendre. « Il faudra une semaine pour mettre au point les plans précis et s’assurer que nous sommes en mesure de les annoncer. C’est pourquoi je ne peux pas entrer dans les détails à ce stade », s’est elle justifiée.
 

LE JV2 AVEC AFP

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