Sobriété énergétique: Borne appelle les entreprises à agir pour éviter le « rationnement »

La Première ministre La Première ministre Elisabeth Borne s'exprime devant le Medef, le 29 août 2022, à Parisafp.com - Eric PIERMONT

Invitée à s’exprimer devant le patronat, la Première ministre Elisabeth Borne a exhorté lundi les entreprises à réduire rapidement leur consommation d’énergie de manière à éviter des mesures de « rationnement », sans convaincre pleinement l’opposition et des entreprises qui assurent faire « déjà des efforts ».

« J’appelle chacune (des entreprises, NDLR) à établir, en septembre, son propre plan de sobriété », a lancé la cheffe de l’exécutif dans ce discours de rentrée.

« Si chacun ne prend pas sa part (…) nous serons amenés à imposer des baisses de consommation », a-t-elle averti. Et « si nous devions en arriver au rationnement, les entreprises seraient les premières touchées ».

« On fait déjà des efforts car la facture énergétique coûte aussi aux entreprises françaises, donc on n’a pas intérêt à ne faire aucun effort », lui a répondu la vice-présidente du Medef Dominique Carlac’h en fin d’après-midi sur RTL.

La mise en garde de la cheffe du gouvernement survient alors que la guerre entre l’Ukraine et la Russie, grande exportatrice de gaz, a causé une crise énergétique en Europe.

Depuis le mois de juin, le gouvernement français répète son objectif de réduction de 10% de la consommation énergétique en France d’ici à 2024.

« Soit on plonge ensemble, soit on y arrive ensemble », a résumé en fin de journée la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.

Les entreprises « feront leur part », a promis lundi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

– Reconstruction –

Mais « faisons confiance aux entreprises et aux entrepreneurs », ainsi qu’aux corps intermédiaires, a martelé le « patron des patrons » dans un discours offensif.

Dans le champ politique, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot s’est montrée plus critique encore, jugeant qu' »au Medef, Elisabeth Borne expose le chaos capitaliste: coupures, pénuries, rationnement ».

Patronne du groupe RN, Marine Le Pen a pour sa part fustigé une politique qui « mène au pire » et déploré « l’effondrement de notre économie ».

Loin de ces accrochages politiques, la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef s’était ouverte en milieu de journée sur un appel plus consensuel du président ukrainien Volodymyr Zelensky à investir dans son pays marqué par la guerre contre la Russie.

Six mois après le lancement de l’offensive russe en Ukraine, Volodymyr Zelensky a notamment fait des appels du pied aux entreprises du bâtiment, de l’automobile et du secteur énergétique, avant de recevoir une ovation debout de l’assemblée présente à l’hippodrome de Longchamp, où se déroule la REF.

Avant de mobiliser lundi les entreprises sur les enjeux énergétiques, Mme Borne avait annoncé ce weekend le déblocage d’un « fonds vert » doté d’1,5 milliard d’euros pour les collectivités locales.

L’enveloppe vise à aider les collectivités « dans l’accélération de leur transition écologique ».

La Première ministre avait également promis que l’exécutif allait amortir « les hausses » des prix de l’énergie après la fin du bouclier tarifaire en décembre, grâce à des « dispositions spécifiques » pour les « plus fragiles ».

Lundi devant le Medef, Elisabeth Borne a enfin abordé la planification écologique, avec le développement des énergies décarbonées, et l’objectif de plein emploi du gouvernement.

Mais elle n’est guère allée sur le terrain glissant de la taxation des profits exceptionnels de certaines entreprises en lien avec la guerre en Ukraine, se contentant de rappeler au président du Medef que « non, il n’y a pas de surprofits du côté de l’Etat ».

Lundi matin sur France Inter, M. Roux de Bézieux avait qualifié l’Etat de « plus grand superprofiteur », dans un contexte où la gauche réclame de taxer les superprofits des multinationales dont les recettes ont été dopées par le conflit ukrainien.

« La taxe sur les superprofits, c’est typique de la fausse bonne idée », a renchéri Dominique Carlac’h sur RTL.

« Pour changer le mix énergétique, il faut investir de manière colossale dans la transition énergétique » et « ca n’est pas la peine de mettre une taxe » qui pénaliserait les capacités d’investissement des entreprises, a-t-elle attaqué.

Farouchement opposé lui aussi à la taxation des superprofits, et grand habitué de la REF, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’exprimera mardi devant le patronat.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s