Six mois de guerre en Ukraine : « Moscou s’attendait à beaucoup moins de résistance de la part des Ukrainiens »

Le 24 août marque les six mois du début de la guerre en Ukraine. Il s'agit aussi de l'anniversaire de l'indépendance du pays. AP/ Vadim Ghirda (bombardement à Borodianka, près de Kiev).

Le 24 février 2022, la Russie de Vladimir Poutine a attaqué l’Ukraine. Six mois jour pour jour après le début de l’offensive, Isabelle Facon, spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes, dresse le bilan militaire du conflit. La chercheuse revient sur les surprises de cette guerre, ses moments-clés, et les suites envisageables. 

TV5MONDE : D’un point de vue militaire, où en est la guerre en Ukraine ? Quels sont les points importants à retenir après six mois de combats ?
 
Isabelle Facon, directrice adjointe à la Fondation pour la Recherche Stratégique, chercheuse spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes : Le premier enseignement, c’est que la guerre telle que la voyait initialement la Russie n’a pas eu lieu. Cela devait être une opération beaucoup plus ramassée, plus courte, entrainant la chute rapide du gouvernement ukrainien. Moscou s’attendait à beaucoup moins de résistance de la part des Ukrainiens, à rencontrer une armée ukrainienne moins performante, voire prête à changer de camp. Poutine l’avait même appelée à déposer les armes et à négocier avec lui. Donc la première leçon, c’est que les Russes sont partis sur la base d’une stratégie totalement irréaliste.
 

Avec les attaques sur des sites militaires en Crimée, on passe un cap symbolique et politique.
Isabelle Facon, spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes.

Évidemment, de nombreux problèmes en découlent. Quand vous partez d’une stratégie défaillante dans ses concepts de base, les opérations, le dispositif militaire ne sont pas bien calibrés. Il y a eu un grand tournant, lorsque les forces russes ont dû quitter le nord de l’Ukraine sur ce constat.
 
 On est arrivé à la deuxième phase de la guerre vers avril, quand les Russes se sont concentrés sur le Donbass, où ils ont rencontré plus de succès. Sur place, ils avaient déjà une bonne connaissance du terrain, des forces sur lesquelles s’appuyer, notamment celles des deux entités séparatistes – qui valent ce qu’elles valent, mais qui sont des ressources humaines, et qui sont là depuis 2014-2015. La proximité du territoire russe aidant, les chaînes logistiques sont plus courtes. Donc les forces russes rencontrent une plus grande facilité, elles sont en position de force. De plus, elles ont pour elles la masse, notamment en termes d’artillerie, d’obus, de systèmes de missiles, de roquettes, etc. On voit que leur avancée est millimétrée, très lente mais on ne peut pas nier cette progression sur le territoire ukrainien.
 
Les Russes ont aussi avancé dans le sud de l’Ukraine, à partir de la Crimée. Aujourd’hui, c’est là que les choses peuvent évoluer, avec ce qui se passe du côté de Kherson. Les Ukrainiens, frappant les ponts sur le Dniepr, tentent visiblement de désorganiser les chaînes logistiques pour les forces russes qui s’y trouvent. 
 
Autre changement important récemment : jusqu’ici, les frappes dans la profondeur étaient plutôt le fait de l’armée russe. Moscou a souvent effectué des frappes loin de la ligne de front : à Odessa, sur des dépôts d’armes ici ou là,… Depuis quelque temps, on voit que l’Ukraine montre qu’elle peut aussi attaquer les positions russes loin de la ligne de front.
 
D’un point de vue politique comme militaire, les attaques sur des sites militaires en Crimée sont importantes. Car c’est une zone qu’on pensait « sanctuarisée ». Certains officiels russes, dont l’ancien président Dmitri Medvedev, avaient déclaré que s’il y avait des frappes sur la Crimée, les représailles seraient terribles. On ne sait pas très bien selon quelles modalités ces attaques ont été effectuées. Mais on passe un cap symbolique et politique. Car pour les Russes, la Crimée fait partie de leur territoire.  

 
TV5MONDE : Plusieurs observateurs parlent désormais de guerre d’usure. Que faut-il comprendre derrière ce terme ?
 
Isabelle Facon : C’est une guerre qui s’installe dans un temps long, qui est assez statique en termes de mouvements de troupes. C’est très lent, chacun s’installe dans ses positions sur la ligne de front. Il semble que des deux côtés, il y ait un besoin de recomposition des moyens humains et matériels. C’est vrai aussi qu’il y a beaucoup d’événements ces derniers jours, et qu’on ne peut exclure qu’ils aient un effet sur les termes de la guerre. Mais si le côté statique perdure jusqu’à l’hiver, ce n’est pas à ce moment-là que les choses risquent de se débloquer massivement.
 
Si on regarde dans le Donbass, on avait déjà une guerre de position depuis des années, où chacun est dans ses tranchées, avec des échanges de feu sporadiques, des reprises régulières des hostilités. Évidemment, aujourd’hui ce n’est pas la même échelle, les enjeux sont autres, mais la guerre dure depuis 2015. 
 

À partir du moment où l’objectif initial, celui de renverser le gouvernement à Kiev, n’est plus une hypothèse crédible, la Russie se recentre sur ses objectifs là où elle a déjà des leviers.

Sur le plan politique, visiblement, de part et d’autre, on s’installe dans une logique qui n’est pas propice à une négociation. Même si le président Erdogan a discuté avec les deux présidents, et en a tiré la conclusion que chacun voulait la paix. Pour l’instant, on n’en voit pas la trace dans les discours politiques des uns et des autres. Les choses se joueront sur le terrain plutôt qu’à la table de négociations.
 
Chaque partie estime pouvoir gagner la guerre, sans que les objectifs qui pourraient leur permettre de faire valoir la victoire soient bien clairs. Une difficulté pour évaluer la suite est de mesurer l’usure respective des dispositifs. On a des informations sur l’usure indéniable que connaissent les forces russes, mais ces informations sont pour le moins disparates. En revanche, côté ukrainien, c’est un secret bien gardé, même si les autorités ukrainiennes viennent de donner des chiffres sur les pertes humaines (le 22 août, le commandant en chef de l’armée ukrainienne a déclaré que 9 000 soldats étaient morts depuis le début du conflit, NDLR). 
 
C’est compliqué, dans un contexte de guerre de l’information, de savoir où on en est réellement. Par exemple, dans quel état est l’industrie russe ou ukrainienne, quelles capacités de production de nouveaux moyens, quelles ressources humaines est-il possible de mobiliser ? Côté ukrainien, est-ce que les Occidentaux peuvent livrer encore beaucoup d’équipement ? 
 
Même si on arrive effectivement dans une phase plus statique, cela ne marque pas pour autant la fin de la guerre, et n’exclut pas des échanges de frappes sur des sites militaires, des nœuds logistiques. 

Chronologie de la guerre en Ukraine :
 
21 février : Vladimir Poutine reconnaît l’indépendance de Donetk et Lougansk, les deux territoires séparatistes du Donbass. 
 
24 février : La Russie attaque l’Ukraine et lance une opération d’envergure sur son territoire. L’Union Européenne adopte une première série de sévères sanctions économiques contre Moscou. 
 
27 février : Le président russe annonce mettre les “forces de dissuasion (nucléaire) de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat”. L’UE commence à financer l’envoi d’armes à l’Ukraine. 
 
Fin mars : La Russie se retire de la région de Kiev, et recule dans l’est et l’ouest de la capitale. Moscou se concentre sur le sud et l’est du pays. 
 
1er avril : Des centaines de cadavres de civils sont découverts à Boutcha. La Russie est suspendue du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. 
 
20 mai : Après deux mois de résistance, Marioupol tombe aux mains des Russes. 
 
23 juin : L’Ukraine obtient le statut de pays candidat à l’adhésion à l’Union Européenne. 
 
3 juillet : Les Russes annoncent avoir pris le contrôle de la région de Lougansk. L’offensive se concentre sur le reste du Donbass. 

TV5MONDE : Peut-on désormais parler de contre-offensive ukrainienne ? 
 
Isabelle Facon : Pour l’instant, on assiste plutôt à une intensification de l’effort des forces ukrainiennes pour éroder les capacités militaires russes dès que c’est possible. Elles tentent aussi d’isoler les forces russes déployées dans la région de Kherson, en frappant les ponts sur le Dniepr qui permettent leur approvisionnement et leur soutien logistique. Cela peut obliger les Russes à se déplacer et s’adapter, désorganiser le dispositif, ralentir les choses, etc. 
 
On observe pour le moment plutôt ce genre d’éléments qu’une vraie contre-offensive. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’aura pas lieu. 
TV5MONDE : Les États-Unis ont évoqué le 22 août la menace de bombardements sur des infrastructures civiles et gouvernementales à Kiev. Ce risque constituerait-il une évolution importante dans le cours de la guerre ? 
 
Isabelle Facon : Le président Zelensky a lui aussi évoqué ce risque. C’est difficile de commenter des choses qui sont hautement spéculatives. On ne peut qu’émettre des hypothèses, sur ce qui dans le contexte pourrait expliquer cette évaluation. S’agirait-il de représailles pour les attaques sur la Crimée, dont les Russes avaient indiqué qu’elle constituait une ligne rouge ? De l’anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, à quoi s’ajoute l’attentat contre Daria Douguina, rattaché par les services russes au conflit en Ukraine (assassinat de la fille de l’idéologue Alexandre Douguine, dont la Russie accuse l’Ukraine, NDLR) ?  
 
La Russie a déjà effectué des frappes en dehors de la zone des combats. Mais jusqu’ici, c’était plutôt sur les sites qui correspondaient à l’objectif annoncé par Poutine le 24 février de « démilitarisation » de l’Ukraine : des usines ou des dépôts d’armement, des dépôts de carburant servant à l’armée, etc. Si les Russes frappaient les centres de pouvoir et de décision, ce serait une toute autre affaire. 
 
Mais ça peut n’être qu’un effet d’annonce. Rappelons-nous par exemple les pronostics vains sur les décisions radicales que Poutine était censé prendre le 9 mai. Dans ce conflit, comme dans toutes les guerres, le volet informationnel sert à brouiller les pistes, amener du « brouillard » sur les intentions, gagner les opinions, entretenir l’intérêt de la communauté internationale, etc.
 
TV5MONDE : À l’heure actuelle, l’enjeu se trouve-t-il toujours principalement à l’est ? 
 
Isabelle Facon : À l’est et au sud. Les Russes ont apparemment l’intention d’organiser des référendums, qui permettraient le rattachement à la Fédération de Russie des zones conquises. On voit arriver des équipes pour assurer l’administration des territoires occupés dans le Donbass. Il s’agit de faire en sorte que cette administration soit prise en charge par des gens fidèles à Moscou, voire venus de Moscou. 
 

Depuis que la Russie peut faire valoir une performance un peu moins mauvaise sur le plan militaire, on voit qu’il y a moins de gesticulations du côté de la menace nucléaire.

À partir du moment où l’objectif initial, celui de renverser le gouvernement à Kiev et d’y installer une équipe plus favorable aux intérêts de la Russie, n’est plus une hypothèse crédible, la Russie se recentre sur ses objectifs là où elle a déjà des leviers. Cela passe dans le Donbass par l’élargissement de sa zone de contrôle sur l’ensemble des deux entités administratives –  Lougansk et Donetsk. À cela s’ajoute le Sud, où la Russie entend contrôler un maximum du littoral, ce qui présente un intérêt stratégique pour elle, en plus d’affaiblir l’Ukraine économiquement. 
 
Lorsque les Russes se sont recentrés sur le Donbass, ce changement d’objectif présentait l’avantage, du point de vue russe, d’être cohérent avec le discours qui avait accompagné le début de la guerre : l’idée qu’il fallait « dénazifier » l’Ukraine, protéger les populations du Donbass d’un « génocide », etc. La progression au Sud et la formation du lien territorial avec la Crimée sont aussi des choses que les Russes peuvent faire valoir comme une victoire. 
 
Les Russes ont-ils renoncé à Kharkiv ou à Odessa ? J’aurais tendance à penser que non, mais que ce n’est peut-être pas prioritaire pour le moment. Ce que les Russes parviennent à faire, ils le font en dépensant beaucoup de moyens, en allant très lentement. Donc les autres objectifs ne sont pas forcément « oubliés », mais semblent hors de portée pour l’armée dans les conditions actuelles.
 
TV5MONDE : Est-ce que la menace nucléaire russe représente un élément important dans ce conflit, ou peut-on considérer qu’elle ne constitue pas un risque réaliste ? 
 
Isabelle Facon : C’est un élément important dans le sens où il a été très présent. La Russie ne s’est pas privée de rappeler dans les premiers temps de la guerre que les décisions des pays occidentaux devaient prendre en compte son statut nucléaire. 

Ce n’est pas nouveau, cela fait des années que Moscou met en avant son statut de puissance nucléaire et qu’elle joue de l’incertitude autour de sa doctrine nucléaire. Cette position est liée au fait qu’elle se sait en position d’infériorité relative en termes de forces conventionnelles par rapport aux forces de l’OTAN. Bien que son armée aille mieux aujourd’hui qu’il y a cinq ou dix ans. 

L’incertitude sur les scénarios d’emploi de l’arme nucléaire est une ressource politique, qui s’inscrit dans la logique de la dissuasion. Dans les premiers temps de la guerre, notamment durant la période où les choses ne se passaient pas du tout comme prévu pour les Russes et que leurs pertes étaient considérables, différents signaux ont été émis sur le nucléaire.

Il s’agissait d’inspirer de la crainte aux pays occidentaux, en suggérant que toutes les options étaient sur la table, pour rappeler que l’Ukraine relève de l’intérêt vital pour la Russie. 

Depuis que la Russie peut faire valoir une performance un peu moins mauvaise sur le plan militaire, avec ce recentrage sur le Donbass, et sans doute aussi parce que ce jeu sur le nucléaire a ses limites, on voit qu’il y a non seulement moins de gesticulations de ce côté-là, mais aussi des propos plus modérés de différents officiels russes. Ils rappellent les grandes lignes de la doctrine nucléaire, son caractère défensif, et soulignent que l’option nucléaire n’en est pas une dans le contexte de la guerre en Ukraine. Tout cela suggère que la Russie n’est pas prête à actionner le bouton nucléaire pour un oui ou pour un non.
 

L’armée russe s’est avérée, dans ses modes opératoires, bien moins agile que ce que l’on aurait pu escompter.

Il y a toujours un risque, on est dans un conflit ouvert, avec dans les faits une confrontation qui va au-delà d’un affrontement Russie-Ukraine. C’est impossible de dire que c’est totalement exclu. Mais justement, la Russie fait face à un acteur qui est soutenu par l’OTAN, une alliance nucléaire, ce dont elle tient certainement compte. 

TV5MONDE : Les États-Unis viennent d’annoncer une nouvelle aide militaire à l’Ukraine, l’Union européenne envisage une mission de formation pour l’armée ukrainienne… Le risque d’escalade avec la Russie peut-il devenir plus important ? 
 
Isabelle Facon : Moscou ne fait pas mystère du fait que même si les pays occidentaux ne se considèrent pas comme co-belligérants, elle considère de son côté qu’ils sont dans le camp de l’Ukraine. 

La situation est donc extrêmement tendue, et les canaux de dialogue sont restreints. Mais pas plus que les pays de l’OTAN, Moscou n’a envie d’entrer dans une confrontation militaire directe. Même si certains en Russie pensent qu’il faudrait aller plus loin. 
 
Cette confrontation se déploie sur d’autres fronts, et cela va s’accentuer dans les prochains temps. On la voit déjà sur le front économique : on pourrait avoir cet hiver des coupures de gaz encore plus importantes. Peut-être des actions dans le domaine cyber, et bien sûr des actions massives dans le champ informationnel. 
 
TV5MONDE : Quelles zones sont selon vous les plus à risque dans la région ? Où pourrait-on observer les conséquences de cette guerre ? 
 
Isabelle Facon : Cela dépend. Si on parle d’effets indirects, on pourrait dire par exemple que le fait que la Russie soit occupée ailleurs peut contribuer à une réactivation du conflit dans le Caucase, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Il y a déjà une multiplication d’incidents qui peut y être reliée. 
 
En Syrie, le fait que la Russie soit moins « disponible » peut aussi changer la donne, en donnant de plus grandes marges de manœuvre à la Turquie, et davantage de latitude à l’influence iranienne.
 
On a évoqué il y a quelques mois le fait que la Russie pourrait pousser jusqu’à la Transnistrie. Comme pour Odessa, pour l’instant, si tant est que cet objectif ait été dans le projet des Russes, il ne semble pas atteignable.
 
Il faut envisager des choses plus indirectes, sur d’autres terrains que le plan militaire : économique, politique, informationnel. On peut par exemple supposer que les Russes vont continuer à prendre position dans des zones qui sont chères aux pays occidentaux adversaires. C’est ce qu’on les voit faire en Afrique notamment.
 
TV5MONDE : Comment peut-on imaginer la suite de la guerre à ce stade ? 
 
Isabelle Facon : Nous sommes à un moment, où de part et d’autre, on a l’impression que chacun compte les moyens qui lui restent. Où visiblement, il n’y a pas de volonté de relancer des négociations. La suite va dépendre de quelle partie va se renforcer le plus rapidement et le plus efficacement. Chacun ayant ses atouts respectifs : côté russe, il y a l’effet de la masse, notamment au niveau de l’artillerie, des stocks de matériels, et probablement des capacités de production d’armement. Par contre, les ressources humaines restent un problème, tant que Poutine ne veut pas déclarer une mobilisation plus large. L’armée russe s’est avérée, dans ses modes opératoires, bien moins agile que ce que l’on aurait pu escompter.
 
Côté ukrainien, la supériorité matérielle des Russes, ce malgré l’aide occidentale, est compensée par une certaine agilité, par une motivation très forte des troupes, et par le renseignement dont elles bénéficient. Il reste à voir de quel côté cela peut basculer.

LE JV2 AVEC AFP

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