Mondial de volley: « C’était à moi de m’adapter », lance le sélectionneur des Bleus Andrea Giani


L'Italien Andrea Giani, désormais sélectionneur de l'équipe de France de volley, le 9 janvier 2020 à BerlinNN  afp.com - John MACDOUGALL

L’Italien Andrea Giani a dû « s’adapter » à l’équipe de France de volley, championne olympique en titre, et non l’inverse, lorsqu’il l’a reprise en main au pied levé au printemps, a-t-il déclaré à l’AFP avant le début du Mondial vendredi en Slovénie.

 Le titre en Ligue des nations en juillet, une démonstration contre le Brésil en préparation samedi. Pensiez-vous réaliser de tels débuts ?

 « J’aborde tous les matches pour les gagner ! La France est devenue ces trois, quatre dernières années une équipe très régulière au plus haut niveau. Il n’y avait pas besoin de faire de gros changements, et jouer de nombreux matches de Ligue des nations m’a permis d’amener l’équipe petit à petit vers mon idée de jeu. Mon intégration a aussi été facilitée par le fait que de nombreux joueurs parlent italien, dont certains que j’ai entraîné en club (à Milan et Modène, NDLR). »

Quelle est cette idée de jeu ?

« D’abord s’améliorer au service: je veux une équipe plus agressive. La France est très efficace en réception et donc peut se permettre de prendre plus de risques au service, quitte à faire des erreurs. Le service est un fondamental du volley où l’on peut faire la différence, rapidement progresser, et l’équipe de France peut encore beaucoup progresser. Nous essayons aussi d’améliorer nos systèmes d’attaque. »

 Lors de votre prise de fonction cet été, vous disiez que les Bleus devaient gagner en constance. Depuis, elle a remporté la Ligue des nations. A-t-elle progressé sur ce chemin ?

 « Il reste des progrès à faire. Être constant n’est pas une question de technique ou de tactique, mais d’état d’esprit au quotidien à l’entraînement. La France joue bien mais se retrouve forcément, comme toutes les équipes, en difficulté à certains moments: on travaille pour réussir, justement, à rester dans le match, gagner, dans ces moments difficiles. Par exemple, à l’Euro (en septembre 2021, NDLR), le problème de la France (éliminée en 8e de finale) n’a pas été de mal jouer mais de ne pas l’accepter. Les équipes habituées à bien jouer ont parfois plus de mal à accepter de mal jouer que celles qui jouent moins bien. »

Q: Comment cette recherche de constance se travaille-t-elle ?

R: « En répétant tous les jours les systèmes pour s’en imprégner de telle façon qu’on puisse se reposer dessus automatiquement quand ça va mal. Par la communication, aussi. Un coach ne doit pas ordonner quelque chose mais amener les joueurs dans la direction qu’il veut prendre en les convainquant du bien fondé de son but. »

 Vous déclariez également cet été vouloir vous imprégner de la culture française du volley. Quelle est-elle ?

« Elle repose sur beaucoup de créativité. Ce groupe est hyper créatif dans tout ce qu’il fait, sur et en dehors du terrain, mais doit gagner en constance, encore une fois. Cette créativité est très importante et je ne veux pas y toucher, car de toutes façons on ne peut changer les gens. Comment ils dorment, mangent, ce qu’ils écoutent. Cette équipe a un rythme musical, sur le terrain et dans son quotidien. Elle s’exprime de cette manière, et c’est une chose à laquelle il a fallu que je m’adapte à mon arrivée. C’était à moi de m’adapter, pas l’inverse. »

 Les Bleus peuvent-ils céder à la pression du statut de favori ?

« Les joueurs sont habitués à jouer ce genre de matches sous pression. Ils en ont joué quelques-uns l’été dernier aux JO! Avoir la pression est positif, cela t’oblige à sortir le meilleur de toi-même. C’est vrai qu’avant la France s’écroulait quand vous lui mettiez la pression. C’est moins le cas maintenant. Et peu importe les changements de joueurs. »

Justement, le réservoir de joueurs de l’équipe semble impressionnant…

« Oui, tout le monde est au même niveau à l’entraînement et maintient l’intensité. C’est très important. Parfois ça va même trop loin et je suis obligé d’arrêter l’entraînement car on n’a pas d’arbitre! »

LE JV2 AVEC AFP

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