Nicaragua : le pape Français “préoccupé” après l’arrestation d’un évêque critique du président Ortega


Le pape François célèbre la messe du dimanche depuis la place Saint-Pierre au Vatican. Il a notamment évoqué la situation de l’évêque Alvarez arrêté au Nicaragua. Cité du Vatican, 21 août 2022.  AP/Domenico Stinellis

Le pape François s’est déclaré dimanche « préoccupé » par les tensions croissantes entre l’Etat et l’Eglise catholique au Nicaragua, deux jours après l’arrestation de l’évêque Rolando Alvarez, critique du régime.

« Je suis attentivement, avec préoccupation et douleur, la situation créée au Nicaragua », a déclaré le pape après la prière de l’Angelus.

« Je voudrais exprimer ma conviction et mon espoir que, par le biais d’un dialogue ouvert et sincère, l’on puisse encore trouver les bases d’une coexistence respectueuse et pacifique », a ajouté le chef des 1,2 milliard de catholiques dans le monde.

Le Vatican a déclaré que le Nicaragua avait expulsé son ambassadeur en mars.

Une porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a souligné dimanche que l’Union européenne « suivait de très près la situation, et avec inquiétude ».

Pour Bruxelles, a-t-elle répété, « les Nicaraguayens doivent trouver une solution pacifique et démocratique à leur crise politique, à travers le dialogue ».

Mgr Alvarez, l’évêque de Matagalpa, a été arrêté aux premières heures vendredi et « assigné à résidence », selon la police nicaraguayenne qui cernait l’évêché depuis le 4 août. La police a invoqué des activités « déstabilisantes et provocatrices » de l’évêque.

Huit autres personnes, dont cinq prêtres et des laïcs, ont été emmenées avec lui, selon le Conseil épiscopal d’Amérique latine et des Caraïbes (Celam).

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– « Avec violence » –

Les soutiens de Mgr Alvarez ont déclaré qu’il avait été enlevé « avec violence » dans un lieu inconnu.

Le cardinal et archevêque de Managua, Leopoldo Brenes, a ensuite précisé que Mgr Alvarez était détenu dans une résidence familiale où il a pu le rencontrer, relevant que « sa condition physique s’est détériorée », mais que son « esprit et son moral sont forts ».

Les huit autres sont détenus à la prison d’El Chipote, selon le Centre nicaraguayen des droits humains (Cenidh).

Les Nations unies et l’Organisation des Etats américains ont fait part de leur préoccupation.

Le gouvernement a mis la pression sur l’évêque de Matagalpa depuis que ce dernier a dénoncé la fermeture par les autorités de cinq radios catholiques de son diocèse et exigé le « respect » de la liberté de culte ainsi que l’arrêt du « harcèlement » imposé à l’Eglise catholique.

Il y a une semaine, le diocèse de Sinua avait dénoncé l’arrestation d’un de ses prêtres, Oscar Benavidez, dont le parquet a demandé le placement en détention provisoire pour 90 jours.

Mercredi, 26 anciens chefs d’Etat et de gouvernement d’Espagne et d’Amérique latine ont appelé le pape François à prendre « fermement la défense du peuple nicaraguayen et de sa liberté religieuse », accusant le président du Nicaragua Daniel Ortega de « dictature primitive ».

Les relations entre l’Eglise catholique et le gouvernement sont tendues depuis 2018 lorsque des manifestants qui réclamaient la démission de M. Ortega ont trouvé refuge dans des églises. La répression des manifestations a fait plus de 350 morts.

Le chef de l’Etat nicaraguayen a accusé le clergé catholique de complicité de tentative de coup d’Etat ourdie par Washington. La crise a même mené à l’expulsion en mars du nonce apostolique, Mgr Waldemar Sommertag.

En s’attaquant à l’Eglise catholique, après avoir fait taire tous ses opposants, Daniel Ortega, 76 ans, réélu en 2021 pour un quatrième mandat consécutif à la tête de son pays lors d’un scrutin d’où étaient absents tous ses adversaires potentiels de poids, arrêtés ou contraints à l’exil, poursuit sa quête du pouvoir absolu.

Selon l’Union européenne, il y a plus de 180 « prisonniers politiques » au Nicaragua et, pendant le premier semestre 2022, les autorités y ont fermé plus de 1.200 organisations de la société civile.

Plus tôt dans le mois, le cabinet de Josep Borrell avait appelé à la libération de ces prisonniers politiques, dénonçant la répression du gouvernement nicaraguayen contre ses opposants.

LE JV2 AVEC AFP

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