À Gaza, une trêve fragile entre Israël et le Jihad islamique

Des Palestiniens regardent les débris de bâtiments après un raid israélien à Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 7 août 2022. © Yousef Masoud, AP

Une trêve précaire est entrée en vigueur, dimanche, à 22 h 30 heure de Paris, entre le groupe armé palestinien Jihad islamique et Israël, grâce à une médiation égyptienne, après trois jours d’hostilités qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens dont des enfants dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza.

Après trois jours d’intenses violences, une trêve précaire est entrée en vigueur dimanche 7 août entre le groupe armé palestinien Jihad islamique et Israël. Cette trêve, officiellement commencée dimanche à 23 h 30 (20 h 30 GMT), semblait tenir bon lundi matin, aucune partie ne faisant état de violation majeure de l’accord.

Jusqu’aux dernières minutes avant le début de la trêve, obtenue grâce à une médiation de l’Egypte, l’armée israélienne avait dit avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza « en réponse à des roquettes tirées » vers le sud du territoire israélien où les sirènes d’alerte ont retenti. L’armée israélienne a dit que sa « dernière » frappe avait eu lieu à 23 h 25.

L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a salué sur Twitter l’accord de trêve mais affirmé « que la situation reste très fragile ». « J’exhorte toutes les parties à respecter le cessez-le-feu. »

Depuis trois jours, les raids israéliens sur la bande de Gaza et les roquettes palestiniennes ont fait au moins 43 victimes, dont 15 enfants, et 311 blessés du côté palestinien.

Le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé qu’une trêve entrerait en vigueur à 23 h 30 locales, tout en soulignant que son pays « se réserve le droit de répondre fermement à toute violation ». Il a également remercié l’Egypte, médiateur historique entre Israël et les groupes armés palestiniens, « pour ses efforts ».

À Gaza où il est implanté, le Jihad islamique a lui confirmé qu’il « cesserait les hostilités » à partir de cette heure-là, mais a aussi averti qu’il se réservait « le droit de répondre à toute (nouvelle) agression » israélienne. L’accord de trêve prévoit entre autres « l’engagement de l’Égypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers » du Jihad islamique aux mains d’Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Des dizaines de victimes

Dimanche, dix-sept Palestiniens dont neuf enfants ont été tués dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans l’enclave sous blocus israélien depuis plus de quinze ans.

Depuis le début vendredi de l’opération israélienne dans Gaza, « 44 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants » et « 360 ont été blessés », selon un dernier bilan du ministère, qui a fait en outre état d’immeubles entiers détruits dans les frappes.

Dans la journée et en soirée, le Jihad islamique avait lancé des salves de roquettes en direction de villes en Israël et de Jérusalem, mais la grande majorité ont été interceptées par le système de défense antimissiles israélien, selon l’armée.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes. D’après l’armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, la grande majorité ayant été interceptées.

Les autorités israéliennes ont par ailleurs affirmé que certains Palestiniens tués auraient péri à cause de tirs de roquettes ratés du Jihad islamique vers Israël, tombées dans l’enclave palestinienne.

Une « attaque préventive »

L’armée israélienne a lancé vendredi son opération présentée comme une « attaque préventive » contre le Jihad islamique, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués de même que plusieurs combattants du groupe.

La mort des chefs militaires a été confirmée par le Jihad islamique, considéré comme « terroriste » par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que l’opération à Gaza continuerait « aussi longtemps que nécessaire », qualifiant la frappe ayant tué samedi Khaled Mansour de « résultat extraordinaire ».

Les autorités israéliennes ont justifié leur opération lancée vendredi par leurs craintes de représailles du Jihad islamique après l’arrestation de Bassem al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Ces deux derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Jihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en 11 jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat, d’après les autorités locales.

LE JV2 AVEC AFP

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