Guinée-Bissau : Emmanuel Macron dans un pays en pleine crise politique

Le président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, au centre, est accueilli par le président du Conseil européen Charles Michel et le président français Emmanuel Macron à Bruxelles, le 17 février 2022.<br />
 Le président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, au centre, est accueilli par le président du Conseil européen Charles Michel et le président français Emmanuel Macron à Bruxelles, le 17 février 2022. Olivier Hoslet / Piscine Photo via AP

Après le Cameroun et le Bénin, le chef de l’État terminera une première tournée africaine depuis sa réélection par la Guinée-Bissau jeudi 28 juillet. Un petit pays en tension après une tentative de coup d’État en février dernier et la dissolution du Parlement trois mois plus tard par le président Umaro Sissoco Embalo.

Octobre à l’Élysée, février à Bruxelles et désormais juillet à Bissau… Le président de la République Emmanuel Macron et le président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo vont se rencontrer jeudi 28 juillet pour la troisième fois en moins d’un an. Le leader guinéen s’apprête à prendre la tête de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), en première ligne face à la junte malienne.

Cet évènement s’inscrit dans un contexte troublé pour ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, abonné aux crises politiques. Umaro Sissoco Embalo, a en effet annoncé en mai dernier la dissolution du Parlement et la convocation d’élections parlementaires anticipées d’ici à la fin de l’année. Et ce quelques semaines après une nouvelle tentative de coup dÉtat, le 1er février, qui a fait 11 morts selon le gouvernement.

La Guinée-Bissau est une ancienne colonie portugaise devenue indépendante en 1974 après une longue guerre de libération, menée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) fondé par Amilcar Cabral, assassiné en 1973. Le PAIGC a ensuite très longtemps dominé la politique nationale.

Un pays devenu plaque tournante du trafic de drogue

Depuis la présidentielle de 2014, le pays s’est engagé sur la voie d’un retour à l’ordre constitutionnel, ce qui ne l’a pas préservé de turbulences chroniques. Les tensions ont persisté après l’élection de Umaro Embalo à la présidence en décembre 2019. Son principal adversaire, Domingos Simoes Pereira, du PAIGC, n’a jamais reconnu la victoire de Umaro Embalo, finalement entérinée par la communauté internationale.

De nombreux désaccords ont opposé Umaro Embalo, général de réserve de 49 ans, et le Parlement, sur l’immunité parlementaire de Domingos Simoes Pereira, sur le partage des ressources du pétrole à la frontière avec le Sénégal, sur une révision de la Constitution ou, récemment, sur l’annonce par Cédéao de l’envoi d’une force de stabilisation.

La communauté internationale réclame de longue date une nouvelle Constitution, l’organisation des pouvoirs dans l’actuelle loi fondamentale passant pour un facteur principal des crises à répétition. Le pays a besoin de réformes : il est l’un des plus pauvres au monde et considéré comme l’un des plus gangrénés par la corruption.

L’instabilité et la pauvreté y ont favorisé l’implantation de narcotrafiquants, qui utilisent le territoire pour faire transiter la cocaïne d’Amérique latine vers l’Europe, avec la complicité suspectée de cadres de l’armée. Umaro Embalo a d’ailleurs présenté le coup de force du 1er février comme directement lié au trafic de stupéfiants.

LE JV2 AVEC AFP

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