Mali : des tirs et des explosions entendus sur la base militaire de Kati, près de Bamako

Des militaires maliens stationnent dans le camp de Kati près de Bamako, le 3 octobre 2013. © Habibou Kouyate, AFP

Selon plusieurs témoins, des tirs nourris ont été entendus vendredi dans le ville-garnison de Kati, près de Bamako, la principale base militaire du pays. Le gouvernement malien n’a pas encore communiqué sur l’incident.

Des tirs ont été entendus, vendredi 22 juillet à l’aube, à Kati, ville-garnison dans la proche banlieue de Bamako, cœur de l’appareil militaire malien et lieu de résidence du président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a constaté un journaliste de l’AFP ainsi que des habitants sur place.

L’ambassade de France a prévenu ses ressortissants par SMS d’une « attaque en cours à Kati », recommandant la prudence.

« C’est aux environs de 5 h que des hommes armés non identifiés ont attaqué la ville de Kati », a indiqué à l’AFP un habitant joint par téléphone, préférant garder l’anonymat pour des raisons de sécurité.

« On a été réveillés par des tirs à 5 h du matin et des bruits d’explosion, on ne sait pas ce qu’il se passe », a confirmé un autre habitant, ainsi qu’un troisième demeurant dans cette ville de garnison : « Notre camp est attaqué », a-t-il dit.

Un déploiement de forces spéciales maliennes était visible à 8 h et deux hélicoptères de l’armée volaient dans le ciel, a constaté un journaliste de l’AFP, qui a aussi entendu des détonations à l’intérieur du camp.

La cause des tirs, des détonations et du déploiement de militaires n’étaient pas claires et les autorités locales injoignables dans l’immédiat.

Kati abrite la principale base militaire du Mali.

Un centre névralgique du pouvoir

C’est également là qu’habitent les principales autorités militaires maliennes, notamment le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, et son ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara.

Les deux ont étudié à Kati, d’où sont partis de nombreux coups d’État au Mali.

En 2020, avec trois autres officiers, les colonels ont pris le pouvoir par la force à Kati. Des coups de feu avaient été entendus dans le camp, puis les militaires étaient « descendus » à Bamako.

Les personnalités arrêtées – le président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020, les président et Premier ministre Bah Ndaw et Moctar Ouane en 2021– ont systématiquement été emmenés et retenus dans le camp de Kati.

Jamais la base militaire de Kati n’a été la cible d’une attaque jihadiste.

En revanche, six attaques simultanées ont eu lieu jeudi dans le centre du Mali et dans la région de Koulikoro, proche de Bamako.

À l’aube, à la même heure que les tirs de ce vendredi, des hommes armés, identifiés par l’armée comme membres de la Katiba Macina affiliée à Al-Qaïda, ont attaqué des postes de contrôle, une gendarmerie, un camp militaire dans six attaques coordonnées, dont l’une dans la localité de Kolokani, à une centaine de kilomètres au nord de Bamako.

LE JV2 AVEC AFP

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