Les mesures pour le pouvoir d’achat à l’Assemblée, au risque de la « surenchère »

L'Assemblée nationale à Paris, le 17 novembre 2015L'Assemblée nationale à Paris, le 17 novembre 2015 afp.com - Joël SAGET

Oui aux compromis, non à la « surenchère »: le gouvernement a tenu à recadrer le débat lundi à l’Assemblée au sujet de son paquet de mesures en faveur du pouvoir d’achat, face à la gauche et au RN offensifs.

Alors que les macronistes n’ont qu’une majorité relative, « je souhaite que nous puissions avancer de la manière la plus constructive possible », mais « nous n’entrerons pas dans une logique de surenchère », a averti le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à la tribune, alors que 20 milliards d’aides sont déjà sur la table.

« Le compromis ne s’achète pas à coup de milliards », a encore lancé M. Le Maire dans un hémicycle bien fourni à l’extrême droite comme à gauche.

Promesse de campagne, le projet de loi de 20 articles « portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat » est soumis en première lecture jusqu’à jeudi, avec plus d’un millier d’amendements à la clé, dont la moitié ont été jugés irrecevables. Les députés enchaîneront avec l’examen du projet de budget rectificatif pour 2022 qui doit permettre de financer et compléter ces mesures.

Parmi les principales figurent la revalorisation anticipée de 4% des pensions de retraite et des prestations sociales, l’augmentation de 3,5% du traitement des agents publics, un chèque alimentaire sous conditions de ressources de 100 euros, auquel s’ajouteront 50 euros par enfant.

On y trouve également la prolongation de la remise carburant de 18 centimes et du bouclier tarifaire sur l’énergie, la suppression de la redevance audiovisuelle ou encore le triplement de la prime Macron (défiscalisée et exonérée de cotisations sociales).

L’adoption définitive, à l’issue d’une navette avec le Sénat, est programmée au 7 août, si le plan du gouvernement se déroule comme prévu.

Durant la semaine écoulée, il a subi un premier revers avec le projet de loi sanitaire, amputé d’un article-clé sur le possible retour d’un passe sanitaire anti-Covid pour les entrées dans l’Hexagone.

– « quelques miettes » –

Lundi, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen a appelé les différentes composantes de l »opposition à « travailler ensemble pour imposer des compromis à Emmanuel Macron ».

« Je tends la main pour faire baisser le prix du carburant et du chauffage, pour augmenter les salaires réels » et encore faire baisser la TVA, a-t-elle plaidé, avertissant que le gouvernement devait « sortir des postures et du sectarisme, faute de quoi il [serait] sévèrement jugé par les Français ».

Mais nulle référence à une union de l’pposition dans les interventions des autres groupes politiques.

L’alliance de gauche Nupes a étrillé un paquet de mesures « au goût de trop peu » (PCF) et qui donne un « blanc seing aux entreprises pour ne pas augmenter les salaires » (LFI). C’est « quelques miettes et beaucoup de carbone », d’après l’écologiste Sandrine Rousseau.

Ces députés vont décliner en amendements leur propre texte « d’urgence sociale » avec hausse du Smic à 1.500 euros ou taxation des « superprofits » des grands groupes.

Pour les LR, « le mécontentement et l’incompréhension sont là » et « vous fracturez la société » en accordant des chèques à certains, a accusé leur orateur Thibault Bazin à l’adresse de l’exécutif. Son groupe pousse notamment pour une « baisse du prix du carburant à 1,5 euro par litre ».

Alors que l’inflation s’établit à 5,8% sur un an en juin, « le plus dur, nous y sommes pour quelques mois encore », a admis M. Le Maire. « Aucun groupe, aucun parti politique, aucun député n’a intérêt à dire à la fin de la semaine que ce texte n’est pas adopté », sinon « ça veut dire que le pouvoir d’achat des Français ne sera pas protégé », selon la présidente des députés LREM Aurore Bergé.

Pas de « démagogie » mais du « sérieux budgétaire », avait aussi mis en garde le chef de l’État dans son interview du 14-Juillet, voulant croire « à l’esprit de responsabilité des forces politiques à l’Assemblée ».

Le groupe RN a déjà prévu de soutenir ce texte « urgent », certains Nupes considèrent que « c’est mieux que rien » et la droite promet d’être « exigeante » sur le financement.

M. Le Maire a tendu la main aux LR en se disant ouvert à une défiscalisation des heures supplémentaires plus poussée – comme voté en commission – et à élargir l’indemnisation de ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler.

Espoir pour la nouvelle « méthode » prônée par l’exécutif: un consensus se dessine sur la déconjugalisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), c’est-à-dire sans tenir compte des revenus du conjoint.

Les échanges ont débuté en fin de journée sur l’article 1er du projet de loi pouvoir d’achat. Les députés LFI ont tenté par amendement de renommer la prime Macron en « prime enfumage »… en vain.

LE JV2 AVEC AFP

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