Course à Downing Street: Sunak toujours en tête, un débat annulé


L'ex-ministre britannique des Finances Rishi Sunak s'exprime à la Chambre des communes le 26 mai 2022 à Londres au côté du Premier ministre Boris Johnsonafp.com - JESSICA TAYLOR

L’ex-ministre britannique des Finances Rishi Sunak a accentué lundi son avance dans la course pour succéder au Premier ministre Boris Johnson, à l’issue d’un nouveau vote des députés conservateurs dans une campagne où la tension a conduit à l’annulation d’un débat télévisé.

Selon les résultats annoncés par Graham Brady, responsable de l’organisation du scrutin interne, Rishi Sunak a obtenu 115 voix de députés conservateurs lors de ce troisième tour de scrutin. Deux derniers tours sont prévus mardi et mercredi.

La lutte pour se qualifier pour le face-à-face final – qui sera tranché par le vote des militants – s’est resserrée entre la secrétaire d’Etat au commerce international Penny Mordaunt (82 voix) et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (71 voix).

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité Kemi Badenoch est arrivée quatrième avec 58 voix, tandis que le président de la Commission des Affaires étrangères Tom Tugendhat a été éliminé, avec 31 voix.

Au lendemain d’un débat tendu entre ces cinq candidats dimanche soir, la chaîne Sky News a annoncé lundi l’annulation du débat prévu mardi soir, en raison du refus de Rishi Sunak et de Liz Truss d’y participer.

Selon le site internet de la chaîne, la perspective d’un troisième débat en direct fait craindre aux députés conservateurs que l’exposition au grand jour des désaccords entre les candidats ne fragilise la majorité.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors d’un débat sur un vote de confiance le 18 juillet 2022 au Parlement à Londres afp.com – Andy Bailey

Dimanche soir, le deuxième débat de la campagne a donné lieu à des échanges plus animés que le premier, à l’orée d’une semaine décisive, où seuls resteront en course les deux finalistes qui seront départagés par les 200.000 adhérents du parti lors d’un vote par correspondance. Le résultat est attendu le 5 septembre.

La cheffe de la diplomatie, Liz Truss, jugée peu convaincante lors du premier débat vendredi, a donné le ton dimanche soir en attaquant frontalement dès ses premières interventions son ancien collègue au gouvernement Rishi Sunak, l’accusant d’avoir mené le pays à la « récession » en augmentant les taxes quand il était chargé des Finances.

L’ex-ministre de la Défense Penny Mordaunt a aussi attaqué l’ancien Chancelier de l’échiquier sur le sujet, elle qui a suggéré d’emprunter pour faire face à la crise du coût de la vie qui étrangle les ménages britanniques, avec une inflation record à 9,1% en mai.

« C’est du socialisme », a riposté Rishi Sunak. « Même (l’ancien chef de l’opposition) Jeremy Corbyn ne serait pas allé si loin! », a-t-il lancé, retournant ainsi un qualificatif qui lui avait été accolé par un fidèle de Boris Johnson.

Combinaison de photographies des quatre candidats, à la date du 18 juillet 2022, à la succession de Boris Johnson au Royaume-Uni : de gauche à droite et de haut en bas : Kemi Badenoch, Penny Mordaunt, Liz Truss et Rishi Sunak afp.com – Chris McAndrew, Tolga AKMEN, Daniel LEAL

– Offensive –

Mme Truss et M. Sunak sont à couteaux tirés depuis le début de la campagne.

La candidate de 46 ans est la coqueluche du camp Johnson, qui est convaincu que M. Sunak attendait son heure depuis des mois avant de démissionner le 4 juillet, précipitant la chute du Premier ministre. Ce que les partisans de Rishi Sunak démentent.

En passant à l’offensive, Liz Truss a tenté de combler son retard, après avoir été lors des deux premiers tours de vote reléguée en troisième place derrière Penny Mordaunt et Rishi Sunak, dont la présence en finale ne semble guère faire de doute.

Selon un sondage Opinium auprès d’un millier de personnes dimanche soir, Rishi Sunak a réalisé la meilleure performance (24% des sondés), devant Tom Tugendhat (19%), Penny Mordaunt (17%), Liz Truss (15%) et Kemi Badenoch (12%).

Lundi, le Parlement a commencé à débattre d’un vote de confiance sollicité par le gouvernement, qui sauf coup de théâtre ne présente aucun risque pour l’exécutif. Elle vise à pour riposter à l’opposition travailliste qui juge « intolérable » que Boris Johnson reste au pouvoir jusqu’en septembre.

Survolté lors d’une intervention aux allures de baroud d’honneur, Boris Johnson s’est déclaré « fier » du travail de l’exécutif ces trois dernières années.

LE JV2 AVEC AFP

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