Christophe Soulard officiellement installé à la tête de la Cour de cassation

Le premier président de la Cour de cassation nouvellement nommé Christophe Soulard lors de sa cérémonie d'installation au palais de justice de Paris, le 18 juillet 2022Le premier président de la Cour de cassation nouvellement nommé Christophe Soulard lors de sa cérémonie d'installation au palais de justice de Paris, le 18 juillet 2022 afp.com - Christophe ARCHAMBAULT

Christophe Soulard a officiellement été installé lundi dans ses fonctions de premier président de la Cour de cassation, le poste le plus élevé dans la magistrature française.

M. Soulard, 64 ans, succède à Chantal Arens, qui était la deuxième femme à avoir occupé ce poste et qui est partie à la retraite fin juin.

Reconnu comme grand juriste, Christophe Soulard était depuis 2017 président de la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Il a été installé à la tête de cette juridiction suprême en présence de la Première ministre Elisabeth Borne, du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et de nombreuses personnalités politiques et judiciaires, ainsi que des universitaires.

Dans son discours, Christophe Soulard a mis l’accent sur la période de « défiance accrue » envers les institutions et la « double » crise de confiance à l’égard de la justice.

« Elle se manifeste d’abord chez les justiciables qui lui reprochent d’être lente, opaque et imprévisible. Mais la défiance s’exprime également au sein du personnel politique, dont certains membres déplorent une judiciarisation de la vie publique, voire opposent la démocratie au droit », a souligné le haut magistrat.

« S’agissant de la justice, on n’est pas loin de l’anathème du gouvernement des juges », a déclaré le premier président.

« Et pourtant, l’ancien président de la chambre criminelle que je suis est bien placé pour savoir qu’il est en réalité plus souvent reproché au juge de ne pas s’être affranchi des termes de la loi que d’être sorti de son rôle. On aimerait qu’il fasse fi des principes que le législateur a posés lorsque les conséquences particulières de ces principes sont difficiles à assumer », a-t-il poursuivi.

Dix jours après la remise du rapport des Etats généraux de la justice à Emmanuel Macron, et après un large mouvement des magistrats criant leur mal-être au travail, le premier juge de France a promis au gouvernement qu’il « (s’attacherait) à rappeler inlassablement la spécificité de la fonction de magistrat et le besoin d’indépendance et d’autonomie qui en découle ».

Comme sa prédécesseure, Christophe Soulard a pointé « l’enjeu essentiel » de la communication et dit sa volonté d’une plus grande ouverture de la haute juridiction.

Face aux critiques « souvent excessives, généralement simplistes et parfois totalement infondées » émanant de l’opinion publique, les juges « doivent toujours mieux donner à voir ce qu’ils font et faire apparaître que la réalité qu’ils traitent est une réalité complexe », a-t-il appelé.

Christophe Soulard a commencé sa carrière en 1985 comme juge civil à Metz. Il compte à son actif neuf ans d’expérience au sein des institutions européennes et vingt ans à la Cour de cassation.

LE JV2 AVEC AFP

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