Ukraine: le lance-roquettes multiples américain Himars, nouvel atout des forces armées ukrainiennes


Sur cette photo d'archive du 23 mai 2011, un camion de lancement tire le système de roquettes d'artillerie à haute mobilité (HIMARS) produit par Lockheed Martin lors d'un entraînement au combat dans le haut désert du centre d'entraînement de Yakima dans l'État de Washington. AP - Tony Overman

La Russie s’apprête à lancer la prochaine étape de son offensive en Ukraine : c’est ce que déclare un responsable militaire ukrainien après la visite auprès des soldats russes du ministre de la Défense Sergeï Choigou. Les prochains objectifs de Moscou sont connus : s’emparer de Sloviansk et de Kramatorsk les deux principales villes du Donbass encore sous contrôle ukrainien. Pour faire face à cette nouvelle offensive, les forces armées d’Ukraine disposent d’un nouvel atout : les lance-roquettes Himars fournis par les États-Unis, un système d’artillerie redoutable pour ses caractéristiques. 

Depuis la mi-juin, l’Ukraine a détruit grâce au système d’artillerie de précision Himars plus de 20 importants dépôts de munitions russes et postes de commandement précédemment trop loin de la ligne de front pour être atteints par les projectiles traditionnels. « Les occupants ont déjà bien pu éprouver ce qu’est l’artillerie moderne. Ils n’auront aucune base arrière sûre sur nos terres », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. 

Ces nouvelles armes ne constituent pas non plus une solution miracle, préviennent les experts, qui soulignent qu’il faudra plus d’armes et de systèmes radar à utiliser conjointement pour battre les Russes.

Un gain de précision

Les Himars, pour « M142 High Mobility Artillery Rocket System » sont des lance-roquettes multiples montés sur des blindés légers, donc mobiles, tirant des munitions guidées par GPS avec une portée d’environ 80 kilomètres. Contrairement à l’artillerie utilisée jusqu’ici des deux côtés dans cette guerre, ils peuvent atteindre une cible précise, donc être utilisés avec parcimonie et fiabilité.


Sur cette photo d’archive prise le 6 mars 2022, des militaires américains se tiennent près d’un système de roquettes d’artillerie à haute mobilité M142 (HIMARS) lors du premier salon mondial de la défense en Arabie saoudite, au nord de la capitale Riyad. AFP – FAYEZ NURELDINE

L’armée ukrainienne dispose désormais de 12 lanceurs, qui peuvent être équipés de six projectiles en même temps, et de centaines de munitions. En plus de leur précision, ces roquettes volent suffisamment vite et bas pour empêcher que la défense aérienne russe ne les intercepte facilement. Et la grande mobilité des lanceurs les rend difficiles à cibler.

Les caractéristiques des Himars décrites par le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU.

L’Ukraine utilise ces armes contre les points faibles de l’armée russe : la logistique. L’armée russe a une artillerie de saturation, pour pilonner densément le front ukrainien et le faire reculer, explique le général Dominique Trinquand, expert militaire, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, au micro de notre journaliste Daniel Vallot. Mais cela requiert beaucoup d’obus, qui doivent être acheminés : « Le système logistique russe fait que ce sont d’abord des trains qui approvisionnent des dépôts intermédiaires qui eux-mêmes font des ruptures de charge qui passent sur des camions et ces camions approvisionnent d’autres dépôts au plus près des contacts. Donc, lorsque vous tapez à l’endroit où les trains arrivent et déchargent pour les camions, vous cassez complètement le système logistique. »

Une plus longue portée

Face à la portée de 80 kilomètres des Himars, l’armée russe finira par disperser ses munitions et les éloigner du front, jugent les analystes, mais cela compliquera leur logistique. « Chaque fois qu’on éparpille quelque chose, il faut ensuite plus de camions pour livrer la même quantité (de matériel) à ceux qui en ont besoin », explique Christopher Dougherty, un analyste militaire au centre de réflexion Center for New American Security, basé à Washington. Or les camions militaires russes se sont raréfiés depuis le début de la guerre.

« La poursuite du schéma russe est la progression avec des appuis d’artillerie conséquents et donc s’ils doivent changer de schéma, cela va prendre encore un peu de temps, d’autant qu’ils ont des gros problèmes dans le domaine des ressources humaines : ils n’arrivent pas à remplacer les soldats qui ont été tués ou blessés au combat. On le voit par les différentes mesures que le président Poutine a annoncées. » Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU

Kiev tente dans le même temps de convaincre Washington de lui fournir des missiles ATACMS, compatibles avec les lanceurs Himars et d’une portée de 300 kilomètres. Fedir Venislavskyi, un responsable ukrainien, a confirmé mercredi 13 juillet des « négociations à tous les niveaux avec des représentants américains concernant la nécessité de nous fournir des munitions Himars de plus grande portée ». La Maison Blanche s’y refuse pour l’instant, inquiète d’une éventuelle utilisation pour frapper des cibles en territoire russe, ce qui pourrait, selon l’administration américaine, entraîner les États-Unis et l’Otan dans la guerre.

LE JV2 AVEC AFP

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