Rafle du Vél d’Hiv : que s’est-il passé ?

Plaque commémorative de la rafle du Vél d'Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, durant laquelle près de 8000 Juifs, des enfants, des femmes et des hommes furent déportés dans le camp d'extermination nazi à Auschwitz. Aujourd'hui, des enfants rescapés témoignent. <br />
©commons/wikimediaPlaque commémorative de la rafle du Vél d'Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, durant laquelle près de 8000 Juifs, des enfants, des femmes et des hommes furent déportés dans le camp d'extermination nazi à Auschwitz. Aujourd'hui, des enfants rescapés témoignent. ©commons/wikimedia

La rafle du vélodrome d’Hiver, souvent appelée « rafle du Vél d’Hiv », est la plus grande opération d’arrestations et de déportation de juifs réalisée en France durant la Seconde Guerre mondiale. Les 16 et 17 juillet 1942, la police française du régime de Vichy, après négociation avec l’occupant allemand, arrête plus de 8.000 hommes, femmes et enfants juifs étrangers dans la capitale. Les prisonniers, détenus un temps au Vélodrome d’Hiver, dans le 15e arrondissement de Paris, seront pour la plupart déportés et exterminés dans le camp d’Auschwitz.

Ces 16 et 17 juillet 2022, la France commémore les 80 ans de la rafle du « Vél d’Hiv ». Cet événement traumatique de l’Histoire nationale renvoie à la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant allemand, menant à l’assassinat de milliers de juifs, détenus de force et déportés vers les camps de la mort.

Le chef du gouvernement de l’époque, Pierre Laval, et le secrétaire général de police, René Bousquet, acceptent de livrer à l’occupant des milliers de Juifs considérés comme « indésirables ». Selon l’historien Laurent Joly, dans un entretien accordé au CNRS, l’opération vise ainsi 35.000 Juifs d’origine étrangère. 
 

Au total, 13.000 juifs seront arrêtés puis déportés par la police française entre le 16 et le 20 juillet 1942.<br />
AP Photo/John Leicester

Au total, 13.000 juifs seront arrêtés puis déportés par la police française entre le 16 et le 20 juillet 1942. AP Photo/John Leicester

Les 16 et 17 juillet 1942, des milliers de juifs, dont des femmes et des enfants, sont embarqués par la police française. Pour tenir les « quotas » imposés par les autorités, ordre aurait été donné aux 5.000 policiers de se concentrer sur trois quartiers parisiens « à forte population juive » : les IVe, Xe et XXe arrondissements. 

Les familles sont embarquées et conduites dans des « centres primaires de rassemblement » (commissariats, écoles, gymnases, lieux culturels dont la Bellevilloise) pour être triées en fonction de critères pré-définis. Quelques rares personnes sont libérées, comme certaines femmes enceintes proches du terme et des malades. Certains enfants français de parents étrangers ont également été libérés à condition qu’un membre de leur famille « non arrêtable » soit en situation de les accueillir. Les enfants arrêtés sont au nombre de 4.500. Cette nuit-là, certains réussiront à s’échapper. 

À l’issue de ce « tri », les personnes célibataires et les couples sans enfants sont conduits au centre de Drancy, au Nord-Est de Paris. Les familles, quant à elles, rejoignent le vélodrome d’Hiver dans le 15e arrondissement de Paris. Dans ce haut lieu du sport parisien, détruit en 1959, sont enfermées plus de 8.000 personnes.

Les conditions deviennent rapidement insalubres. Des témoignages rapportent le manque d’eau, de nourriture et de produits d’hygiène. Deux médecins juifs présents sur place racontent avoir vu arriver des grands malades et des contagieux, « des gens qui avaient les stigmates de la scarlatine, des grands rhumatisants que l’on avait amenés sur des brancards ». L’un d’eux se rappelle du cas d’une » femme enceinte sur le point d’accoucher » et les « cris et les pleurs des enfants. » 

Dans ce stade, devenu l’antichambre de la mort, les prisonniers restent 6 jour. Certains s’infligent des blessures, espérant être évacués. 107 personnes se donnent la mort. Les autres sont envoyés vers le camp d’internement de Drancy ou directement vers le camp d’extermination Auschwitz. 
 

Un wagon à bestiaux sur le site du camp de Drancy, ou ont transité des milliers de juifs avant d'être déportés dans les camps de la mort. <br />
AP Photo/Thomas Padilla

Un wagon à bestiaux sur le site du camp de Drancy, ou ont transité des milliers de juifs avant d’être déportés dans les camps de la mort.  AP Photo/Thomas Padilla

Entre le 16 et le 20 juillet 1942, environ 13.000 Juifs d’origine étrangère seront arrêtés et déportés. Les enfants seront les premiers assassinés à leur arrivée dans les camps de la mort. Seule une centaine d’adultes ressortiront libres et vivants de ces camps d’extermination. 
 

LE JV2 AVEC AFP

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