France : quelle est la composition du nouveau gouvernement ?

La première ministre Elisabeth Borne après un discours le 19 juin 2022 à Paris.La première ministre Elisabeth Borne après un discours le 19 juin 2022 à Paris. Ludovic Marin/AP

Un remaniement ministériel a eu lieu ce lundi 4 juillet, afin de remplacer les ministres n’ayant pas été élus lors des élections législatives. De nouveaux portefeuilles ont aussi été créés. Le Conseil des ministres doit avoir lieu à 16h heure de Paris.

Qui reste ? Qui part ? Le premier remaniement du gouvernement d’Elisabeth Borne a eu lieu ce lundi 4 juillet 2022, avant un conseil des ministres en fin d’après-midi. 

Composé de 42 personnes, le nouveau gouvernement est paritaire dans la mesure où il y a autant d’hommes que de femmes. Cependant, les hommes occupent plus de postes de ministres que les femmes, qui sont majoritaires aux postes de secrétaires d’État. 
 

Damien Abad sorti, Olivier Véran devient porte-parole du gouvernement

Visé par des accusations de viol et d’agression sexuelle, Damien Abad n’est pas reconduit dans ses fonctions au ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Il est remplacé par Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix Rogue. La cheffe de file des Insoumis à l’Assemblée Mathilde Panot s’est félicitée de la fin d’une »aberration », assurant que M. Abad « n’aurait jamais dû être nommé »au gouvernement.

La secrétaire d’État Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux conserve son portefeuille. Elle est pourtant visée par des accusations de viols par plusieurs anciennes patientes dans le cadre de ses activités de gynécologue.

Olivier Véran devient porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé du Renouveau démocratique. Il a fait son entrée au gouvernement lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron en tant que ministre de la Santé, au début de la pandémie de Covid-19. Il est ensuite nommé ministre délégué aux Relations avec le Parlemement dans le premier gouvernement d’Elisabeth Borne. 

De nouveaux visages, et d’autres déjà connus 

Ce remaniement acte le départ des trois ministres et secrétaires d’État battues lors des élections législatives. Christophe Béchu, secrétaire général d’Horizons, est nommé ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Il remplace Amélie de Montchalin, déchue lors des élections législatives dans la 6e circonscription de l’Essonne. Sandrine Rousseau, députée écologiste de la 9e circonscription de Paris critique sa nomination. Le directeur général de Greenpeace Jean-François Julliard affirme ne pas avoir « souvenir d’un engagement particulier de Christophe Béchu sur l’écologie. »

François Braun remplace Brigitte Bourguignon au ministère de la Santé. Urgentiste au CHR de Metz-Thionville, il est aussi président de Samu-Urgences de France. Au mois de janvier, il est devenu référent santé du programme d’Emmanuel Macron, pour préparer sa réélection. Justine Bénin, éphémère secrétaire d’État chargée de la Mer est remplacée par Hervé Berville, député des Côtes d’Armor originaire du Rwanda.

Le remaniement acte aussi le retour de certaines figures connues de la Macronie. Outre Olivier Véran, Sarah el Hairy fait aussi son retour au gouvernement. Elle récupère le poste qu’elle occupait lors du premier quinquennat d’Emmanuel MAcron : le secrétariat d’État à la Jeunesse et au Service national universel. 

Par ailleurs, de nouveaux venus font aussi leur arrivée. C’est le cas de l’ancien préfet Jean-François Carenco. Il est nommé ministre des Outre-mer en remplacement de Yaël Braun-Pivet, élue depuis présidente de l’Assemblée nationale. Il était jusqu’ici président de la Commission de régulation de l’Énergie. Auparavant, il a été notamment préfet de Saint-Pierre et Miquelon (1996-1997) et de Guadeloupe (1999-2002). Par ailleurs, la structure de ce ministère est légèrement modifiée, puisqu’il est englobé avec le ministère de l’Intérieur. Jean-François Carenco est donc ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, chargé des Outre-mer, Gérald Darmanin. L’élargissement du porte-feuille du ministre de l’Intérieur est vivement critiqués par de nombreux élus à gauche. Interrogé à ce sujet sur la télévision française France Info, le député Insoumis de Polynésie française Moetai Brotherson craint que cela ne soit un mauvais présage. « Il faut croire que les Outre-mer sont un trouble public à l’ordre républicain. » Mathilde Panot quant à elle dénonce le message envoyé aux territoires d’Outre-mer à travers cette promotion.

Parmi les nouveaux entrants au gouvernement, il y a aussi Sonia Backès, présidente de l’Assemblée de la province sud de Nouvelle-Calédonie et figure des Loyalistes et de la droite anti-indépendance sur le Caillou. Elle devient secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté, sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer. ​

Laurence Boone, ancienne conseillère économique de François Hollande fera ses débuts au sein du gouvernement en tant que secrétaire d’État chargée de l’Europe. ​La députée de l’Hérault Patricia Mirallès, 54 ans, fait son entrée au gouvernement en tant que secrétaire d’État auprès du ministre des Armées chargée des Anciens combattants et de la mémoire.  Issue d’une famille de rapatriés d’Algérie, elle  fut notamment à partir de fin 2021 rapporteure du projet de loi demandant « pardon » et prévoyant des réparations pour les harkis, ces Algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française, et leurs familles. Au total, 19 nouveaux ministres, ministres délégués et secrétaires d’État feront leurs premiers pas à l’Élysée cet après-midi. 

De nouveaux portefeuilles attribués

Avec ce remaniement 19 nouveaux portefeuilles ministériels voient le jour. Au sein du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Roland Lescure devient ministre délégué chargée de l’Industrie. Le député de la première circonscription des Français de l’étranger était auparavant candidat à la présidence de l’Assemblée nationale. Il a perdu la primaire interne au parti présidentiel face à Yaël Braun-Pivet, à 85 voix contre 105. Dans le même ministère, Jean-Noël Barrot, député MoDem des Yvelines, devient ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications.

Marlène Schiappa, fidèle d’Emmanuel Macron depuis son premier mandat fait son retour au gouvernement. Celle qui fut d’abord secrétaire d’État à l’Égalité hommes-femmes puis ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, devient secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire et de la Vie associative.  Franck Riester, ministre de la Culture lors du premeir quinquennat de Macron revient au gouvernement, en tant que ministre délégué chargé des Relations avec le parlement. Clément Beaune devient ministre délégué chargé des Transports, après avoir été ministre délégué chargé de l’Europe. Le portefeuille des transports avait disparu disparu lors du premier nouveau gouvernement Borne. 

Un portefeuille touchant au commerce extérieur, à l’attractivité et aux Français de l’étranger voit le jour au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. C’est Olivier Becht, député de la 5e circonscription du Haut-Rhin et président du groupe Agir Ensemble à l’Assemblée nationale, qui en aura la charge. De plus, un ancien membre du Parti communiste et du Parti socialiste fait aussi son entrée au gouvernement. IL s’agit d’Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois. Il devient ministre délégué au Logement et à la Ville. 

Enfin, le ministère de la Santé et de la Prévention se voit doté d’une secrétaire d’État chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé. Il s’agit d’Agnès Firmin Le Bodo, députée Horizons de Seine-Maritime. Le détail de la composition du nouveau gouvernement est disponible sur le site de l’Élysée

Quelles sont les réactions à l’annonce du nouveau gouvernement ? 

Le remaniement est accueilli par un tir de barrage du côté de la France insoumise (LFI), tandis que le parti d’extrême-droite le Rassemblement National (RN) accuse Emmanuel Macron d’ignorer « une nouvelle fois » le résultat des législatives. Avant même l’annonce officielle du nouveau casting gouvernemental, de nombreux cadres de LFI ont décoché des flèches acérées sur Twitter, comparant l’exécutif à un « Titanic »dans lequel « peu de volontaires »avaient voulu embarquer, selon l’expression du député Manuel Bompard. 

A droite et à l’extrême droite, un certain attentisme domine même si le ton reste très critique. « Ceux qui ont échoué sont tous reconduits, constate la chef de file des députés RN Marine Le Pen sur son compte Twitter. Le Président de la République ignore ainsi une nouvelle fois le verdict des urnes et la volonté des Français d’une autre politique. » Du côté des Républicains, discrets avant l’annonce elle-même, le député Pierre-Henri Dumont juge que « c’est un gouvernement qui ressemble plus à une fin de règne quà un début de quinquennat ».

LE JV2 AVEC AFP

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