Nigeria: élection test dans le sud-ouest avant la présidentielle

Des supporters de l'APC lors de la convention nationale du parti, à Abuja le 26 mars 2022Des supporters de l'APC lors de la convention nationale du parti, à Abuja le 26 mars 2022 afp.com - Kola Sulaimon

Les électeurs de l’Etat d’Ekiti, dans le sud-ouest du Nigeria, se rendent aux urnes samedi pour élire leur nouveau gouverneur, un vote test à huit mois de l’élection présidentielle.

L’Etat d’Ekiti – un des 36 du Nigeria – est considéré comme un des Etats-pivots du scrutin présidentiel de février 2023 dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 215 millions d’habitants.

Si 16 personnalités sont en lice à Ekiti, trois se détachent: Biodun Oyebanji du Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir; Bisi Kolawole du Parti démocratique populaire (PDP), principal parti d’opposition; et Segun Oni, du Parti social-démocrate (SDP).

A la présidentielle, après trois tentatives ratées, le candidat de l’APC Muhammadu Buhari avait été élu président une première fois en 2015 notamment grâce au soutien du sud-ouest avant d’être réélu en 2019.

Âgé de 79 ans, l’ex-général putschiste ne se représente pas à un troisième mandat, conformément à la Constitution. Deux routards de la politique nigériane en particulier espèrent lui succéder: l’ex-gouverneur de Lagos Bola Tinubu (APC) et l’ancien vice-président Atiku Abubakar (PDP).

Selon les analystes, l’élection du gouverneur d’Ekiti est le premier vrai test pour M. Tinubu, originaire du sud-ouest où il est surnommé « le parrain » pour son immense influence et candidat à la présidence pour la première fois.

« M. Tinubu fera tout ce qui est humainement possible pour assurer la victoire de Biodun Oyebanji », souligne le Dr Dapo Thomas, professeur de sciences politiques à l’Université de Lagos.

Mais les deux autres principaux candidats ne doivent pas être écartés, prévient M. Thomas.

M. Kolawole et M. Oni « sont tous deux des poids lourds de la politique », souligne-t-il. Le premier est soutenu par un ancien gouverneur influent tandis que le deuxième est lui-même un ancien gouverneur de l’Etat d’Ekiti.

La police a indiqué avoir déployé près de 17.000 agents pour garantir une élection sans heurt. Organisé en 2018, le précédent scrutin à Ekiti avait été émaillé de violences et d’accusations de fraude.

Mercredi, les candidats ont signé un accord de paix, s’engageant à accepter le résultat de l’élection.

Le Nigeria a connu une longue série d’élections marquées par les violences et les contestations judiciaires depuis le retour à la démocratie en 1999, après des décennies de dictatures militaires.

LE JV2 AVEC AFP

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