Centrafrique : la ville de Ouadda-Djallé attaquée par les rebelles de la CPC

Des miliciens de la CPC à Niakari, au nord de Bangassou, le 30 janvier 2021 afp.com/ALEXIS HUGUET

Des combats sont signalés depuis ce vendredi matin à Ouadda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Les affrontements opposent les Forces armées centrafricaines aux rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Les tirs à l’arme lourde et légère ont poussé une partie de la population à fuir en brousse.

Ce vendredi matin aux environs de 9 heures, des éléments de la CPC, positionnés ces derniers à l’entrée de Ouadda-Djallé, ont attaqué les positions des Forces armées centrafricaines (Faca). Selon des sources locales jointes par Radio Ndeke Luka, en fin de matinée, les combats ont été rudes et se sont poursuivis jusque dans l’après-midi.

« La population est très inquiète »

L’intensité des tirs à l’arme lourde et légère a créé une psychose généralisée dans la ville, obligeant la grande majorité de la population à fuir en brousse pour se protéger. 

« La majeure partie de la population s’est retirée dans la brousse. Nous sommes très inquiets au regard de la situation sécuritaire. Que le gouvernement se lève quand même pour secourir les habitants de Ouadda-Djallé. Près de 7000 personnes sont actuellement dans la brousse », a fait savoir Abdallah Massanguia Grabaye, Sultan de Ouadda-Djallé.

Selon cette autorité traditionnelle, malgré la résistance des forces régulières, les rebelles sont parvenus à occuper une partie de la ville et s’attaquent aux civils.

« Les rebelles ont suivi dans la brousse certaines personnes qui ont fui pour les faire sortir et déporter encore loin de la ville. Ils sont nombreux. Ils viennent de Sam-Ouandja, Ouadda, Ouandja, Birao et de Douloussou vers le Soudan. » a témoigné le sultan de Ouadda-Djallé. 

Aucun bilan connu pour l’heure

Alors que la situation reste confuse sur le terrain, aucun bilan n’est, pour l’instant, disponible. Cependant, des sources locales parlent des morts et des blessés sans donner plus de précisions sur l’identité des victimes. Une affirmation confirmée par le Sultan de Ouadda-Djallé.

« Pour le moment, les combats se poursuivent, donc, il est difficile de donner un bilan  » a déclaré Abdallah Massanguia Grabaye, demandant, par ailleurs, l’envoi des renforts russes pour appuyer les éléments de l’armée nationale.

Une attaque prévisible

Les rebelles de la CPC ont multiplié, ces derniers mois, les attaques contre les positions des Faca dans les préfectures de la Haute-Kotto, Ouaka et Mbomou. Pour le cas de Ouadda-Djallé, l’attaque était prévisible, car le député de la localité, Adam Idriss, avait déjà alerté sur sa probabilité.

« Les rebelles de la CPC se trouvent à l’entrée de la ville de Ouadda-Djallé. Ils se préparent à l’attaquer. J’appelle Bangui à réagir vite, autrement-dit, nous aurions une mauvaise nouvelle dans les prochaines heures », avait lancé Adam Idriss sur les ondes de Radio Ndeke Luka à la veille de cette attaque. 

Le 8 juin dernier, lors de la visite de la cheffe de la Minusca, Valentine Rugwabiza, à Bria, le préfet de la Haute-Kotto, Evariste Thierry Binguenendji, a révélé les sources de ravitaillement des rebelles de la CPC en armements. Il a, notamment, cité les localités de Sam-Ouandjia et Ouadda, toutes deux dans la préfecture de la Haute-Kotto, voisine du Soudan. Le Préfet a demandé l’installation d’une base temporaire de la Minusca dans la localité de Sam-Ouandjia afin de freiner l’approvisionnement de ces rebelles en armements.  

RNL

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