Assassinat Hariri: deux membres du Hezbollah condamnés à la prison à perpétuité  

Le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) en août 2020 à Leidschendam, aux Pays-BasLe Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) en août 2020 à Leidschendam, aux Pays-Bas afp.com - KENZO TRIBOUILLARD

Le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) a condamné par contumace jeudi à la prison à perpétuité deux membres du Hezbollah pour la mort dans un attentat en 2005 de 22 personnes dont l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

« La chambre d’appel décide à l’unanimité de condamner M. (Habib) Merhi et M. (Hussein) Oneissi à la réclusion à perpétuité, la peine la plus lourde prévue par le statut et le règlement » du tribunal, a déclaré la présidente du TSL, Ivana Hrdlickova.

Le tribunal avait jugé coupables en appel le 10 mars Hussein Oneissi et Hassan Habib Merhi, annulant leur acquittement. Ils ont notamment été reconnus coupables en appel de complot en vue de commettre un acte de terrorisme et de complicité d’homicide intentionnel.

Les deux hommes avaient « pleinement conscience que le projet d’attentat en plein coeur de Beyrouth tuerait Rafic Hariri » et d’autres personnes, a soulevé la juge Ivana Hrdlickova.

Ils ont agi avec préméditation et se sont rendus coupables de crimes d’une « gravité extrême » et « particulièrement odieux » qui ont « plongé le peuple libanais dans un état de terreur », a-t-elle ajouté.

Il est peu probable que les deux hommes soient véritablement incarcérés car le mouvement chiite Hezbollah a refusé de remettre tout suspect et de reconnaître la cour qui a jugé tous les suspects par contumace dont Salim Ayyash, déjà condamné à la perpétuité en 2020.

– Camionnette remplie d’explosifs –

Rafic Hariri, qui fut le Premier ministre libanais jusqu’à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu’un kamikaze a fait sauter une camionnette remplie d’explosifs au passage de son convoi blindé à Beyrouth, tuant 21 autres personnes et faisant 226 blessés.

L’attaque a déclenché des manifestations qui ont chassé la Syrie du Liban après un déploiement militaire de 29 ans.

Après le départ de l’armée syrienne, le courant hostile à Damas, emmené par Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, avait raflé les législatives de 2005 et de 2009.

Il pourrait bien s’agir du tomber de rideau pour le TSL, qui siège près de La Haye, aux Pays-Bas. Menacé de disparition faute de financement, le tribunal devrait fermer ses portes à l’issue de ce procès.

Depuis son ouverture en 2009 après une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le coût du TSL, chargé de juger les personnes accusées de l’attentat, est estimé entre 600 millions et un milliard de dollars.

A l’issue du procès en première instance, le tribunal avait condamné Salim Ayyash en 2020 mais avait estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour condamner les autres accusés, Assad Sabra, Hussein Oneissi et Hassan Habib Merhi. L’accusation avait fait appel des acquittements des deux derniers.

Le dossier montre un nombre important d’échanges avec différents téléphones portables utilisés par les condamnés dans les heures qui ont suivi l’assassinat de M. Hariri.

Les trois condamnés sont toujours en fuite, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ayant refusé de les remettre au tribunal, lequel a averti qu’il fermerait sous peu en raison d’un manque de fonds.

Un autre procès contre Salim Ayyash pour une série d’attaques contre plusieurs hommes politiques a été annulé, faute de liquidités.

LE JV2 AVEC AFP

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