Refus d’obtempérer à Paris: à l’approche des législatives, querelles sur l’action de la police

Jean-Luc Mélenchon en campagne à Villeurbanne, le 4 juin 2022Jean-Luc Mélenchon en campagne à Villeurbanne, le 4 juin 2022 afp.com - OLIVIER CHASSIGNOLE

Le contrôle lors duquel un conducteur a été grièvement blessé et une passagère tuée par des tirs policiers samedi à Paris a viré à la querelle politique lundi entre Jean-Luc Mélenchon, ses adversaires et les syndicats de police, à une semaine du premier tour des législatives.

Le chef de file des Insoumis, qui brigue le poste de Premier ministre en cas de victoire de la gauche réunie, n’a pas tardé à s’exprimer, samedi puis dimanche soir, après le contrôle opéré dans le XVIIIe arrondissement de la capitale.

Dans deux tweets, M. Mélenchon a dénoncé « une police (qui) tue », coupable d’appliquer « la peine de mort pour un refus d’obtempérer » et exerçant « un abus de pouvoir inacceptable ».

« Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c’est quand ? », a-t-il ajouté, s’en prenant également au syndicat Alliance qui a pris la défense des fonctionnaires, qualifié de « groupe factieux ».

« Les policiers, les gendarmes méritent le respect. Ils font un travail courageux, difficile et risquent leur vie à chaque instant. Les insulter déshonore ceux qui veulent gouverner. Laissons les enquêtes se faire sans les utiliser comme des otages d’une campagne électorale », lui a répondu le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Marine Le Pen a de son côté dénoncé les mots « d’une gravité inouïe » de M. Mélenchon. « Il fait donc le choix du déshonneur en rompant définitivement avec les valeurs de la République française », a ajouté la cheffe de file du Rassemblement national.

Alliance a annoncé un dépôt de plainte « dès demain » (mardi) et le syndicat Synergie a accusé le leader des Insoumis de « tapiner un peu plus auprès du caïdat », alors qu’il « ne connaît rien à l’affaire ».

– Gardes à vue prolongées –

Du côté de l’enquête, la garde à vue entamée dimanche dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) des trois policiers, deux hommes et une femme qui auraient tiré sur le véhicule, a été prolongée lundi, selon le parquet de Paris.

Ils sont entendus pour « violences ayant entraîné une ITT (interruption totale de travail) de plus de 8 jours avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique » et « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».

La garde à vue a été décidée « en raison de la gravité des conséquences des tirs réalisés et afin de vérifier les conditions d’usages de leurs armes par les intéressés », selon le parquet.

La passagère avant, née en 2001 selon une source proche du dossier, touchée par balle à la tête, est décédée dimanche.

« La garde à vue se poursuit pour analyser l’ensemble des éléments et comprendre l’enchaînement de ces faits dramatiques », a déclaré auprès de l’AFP l’avocat des policiers, Me Laurent-Franck Liénard. « Pour mes clients, cette mesure de garde à vue est particulièrement éprouvante mais ils en acceptent le principe et collaborent pleinement aux investigations ».

Le conducteur soupçonné d’avoir refusé d’obtempérer a lui été très brièvement placé lundi en garde à vue pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », selon le parquet.

Sa garde à vue à l’hôpital en début d’après-midi a été levée peu de temps après, l’homme de 38 ans, grièvement blessé au thorax par des tirs policiers, n’étant pas en état d’être entendu à ce stade.

Les faits se sont déroulés samedi en fin de matinée, lorsque des fonctionnaires à VTT ont voulu contrôler « une voiture avec quatre passagers dont l’un ne portait pas sa ceinture de sécurité », a relaté une source policière.

Alors qu’ils s’en approchaient, la voiture a pris la fuite. Un peu plus loin, alors que les policiers tentaient à nouveau de le contrôler, le conducteur démarre et « fonce » sur les policiers qui, selon la police, ont fait usage de leurs armes et blessé gravement « le conducteur et le passager ». Les deux passagers arrière n’ont pas été atteints.

Il y a un mois et demi, un policier a été mis en examen pour « homicide volontaire », soupçonné d’avoir tué dans la nuit du 24 au 25 avril avec une arme automatique le conducteur et un passager d’une voiture qui aurait forcé un contrôle sur le Pont-Neuf à Paris.

LE JV2 AVEC AFP

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