Fermeture de l’espace aérien pour l’avion de Lavrov: la Russie dénonce un « acte hostile »

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov , à Moscou, en Russie, le 25 février 2022 Russian Foreign Ministry Press Service via AP

La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro, tous trois membres de l’Otan, ont fermé leur espace aérien à l’avion de Sergueï Lavrov qui devait se rendre en Serbie pour une visite de deux jours, en invoquant des sanctions imposées par Bruxelles à la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine le 24 février.

Moscou a fustigé lundi la fermeture « scandaleuse » et « hostile » par trois pays européens de leur espace aérien à l’avion qui devait emmener en Serbie le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, visé par des sanctions européennes en raison de l’offensive en Ukraine.

« L’inconcevable s’est produit », a déclaré M. Lavrov, lors d’une conférence de presse en ligne convoquée en urgence. « On a privé un Etat souverain de son droit d’exercer sa politique extérieure », a-t-il ajouté, dénonçant cette mesure « scandaleuse ».

La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro, tous trois membres de l’Otan, ont fermé leur espace aérien à l’avion de Sergueï Lavrov qui devait se rendre en Serbie pour une visite de deux jours, en invoquant des sanctions imposées par Bruxelles à la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine le 24 février.

« De tels actes hostiles à l’égard de notre pays sont capables de causer certains problèmes (…), mais ils ne peuvent pas empêcher notre diplomatie de poursuivre son travail », a réagi pour sa part le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Le ministère des Affaires étrangères de la République de Bulgarie (…) n’a pas donné l’autorisation diplomatique pour le survol du territoire bulgare pour les avions russes », a indiqué la diplomatie bulgare dans un communiqué, défendant une décision « conforme au régime des sanctions de l’UE contre la Russie ».

Les deux autres pays ont informé les ambassades russes de décisions similaires.

Le chef de la diplomatie russe, qui était censé rencontrer à Belgrade le président serbe Aleksandar Vucic, son homologue Nikola Selakovic et le patriarche de l’Eglise orthodoxe serbe Porfirije, a été contraint d’annuler sa visite.

‘Démarche de l’Otan’

« Si une visite du ministre russe des Affaires étrangères est perçue en Occident comme une quasi-menace planétaire, cela veut apparemment dire que tout va très mal là-bas », a plaisanté M. Lavrov, lors de sa conférence de presse.

Il a ajouté avoir invité le chef de la diplomatie serbe Nikola Selakovic à se rendre en Russie « dans les plus brefs délais ».

« Personne ne pourra détruire nos relations avec la Serbie », a souligné M. Lavrov.

Le vice-président du Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, Konstantin Kossatchev, a dénoncé lundi une « démarche de l’Otan » dirigée « contre la Russie en tant qu’Etat et la Serbie en tant qu’Etat » et réclamé une « réaction commune et extrêmement sévère » qui se traduirait « par des actions pratiques, concrètes ».

Pour sa part, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie n’allait pas suivre l’exemple de ses « partenaires occidentaux ». « En ce qui concerne d’éventuelles ripostes, on ne va pas faire quoi que ce soit qui risque de compliquer davantage les liens entre les peuples ».

La cheffe du gouvernement serbe, Ana Brnabic, avait affirmé dimanche que la situation autour de cette visite était « exceptionnellement compliquée » en raison de l’impossibilité de survol de certains pays et que le président serbe Aleksandar Vucic travaillait lui-même à l’organisation de la visite.

Sergueï Lavrov est visé depuis le 25 février, lendemain du début de l’offensive russe en Ukraine, par des sanctions de l’UE, tout comme le président Vladimir Poutine.

Fin février, le chef de la diplomatie russe, qui devait participer au Conseil des droits de l’Homme (CDH) de l’ONU et à la Conférence du Désarmement à Genève, avait déjà dû annuler sa venue en Suisse en raison des sanctions lui interdisent le survol de l’Union européenne.

Armes à longue portée

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde lundi les pays occidentaux contre les livraisons à Kiev d’armes à longue portée, prévenant que plus les forces ukrainiennes recevront ces armes, plus loin la Russie les repoussera.

« Plus les armes à longue portée que vous livrerez seront performantes, plus nous repousserons loin de notre territoire les lignes » ukrainiennes, a déclaré M. Lavrov durant une conférence de presse. Dimanche, le président russe Vladimir Poutine a prévenu que Moscou frapperait de nouvelles cibles si les Occidentaux fournissaient des missiles à longue portée à l’Ukraine, jugeant que les livraisons d’armes actuelles visaient à « prolonger le conflit ». Ces déclarations interviennent quelques jours après que les Etats-Unis ont annoncé leur décision de livrer à l’Ukraine des lance-roquettes multiples Himars (High Mobility Artillery Rocket System) d’une portée d’environ 80 km. Les experts militaires soulignent que cette portée est légèrement supérieure à celle des systèmes analogues russes, ce qui permettrait aux forces de Kiev de frapper l’artillerie adverse en restant hors d’atteinte. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a en outre indiqué sur Twitter s’être entretenu lundi au téléphone avec le Premier ministre britannique Boris Johnson « d’un nouveau package renforcé » d’assistance militaire britannique.

LE JV2 AVEC AFP

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