Livraisons d’armes à l’Ukraine: Moscou met en garde

Sur le terrain, dans le Donbass, la bataille fait rage. Kiev est en passe de perdre Severodonetsk, la ville d’Avdiivka, au nord de Donetsk, est encerclée, disent les séparatistes. L’Ukraine demande à cor et à cri des armes. Les États-Unis viennent d’avaliser un vaste plan d’assistance militaire. La Russie, quant à elle, menace.  

Première mise en garde dans la matinée, mise en garde qui déjà ne laissait aucune place au doute : « Toute livraison d’armes qui se poursuit, qui augmente, renforce le risque d’une confrontation militaire entre les États-Unis et la Russie ». La phrase est signée du vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Signe que l’affaire est suivie au plus haut sommet de l’État, le porte-parole du Kremlin a fait monter ce mercredi matin la pression d’un cran. « Les États-Unis ajoutent délibérément et volontairement de l’huile sur le feu. Les États-Unis n’ont qu’une ligne : combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. De telles livraisons n’encouragent pas Kiev à vouloir relancer les pourparlers de paix », estime Dmitri Peskov.

La Russie a fait de la conquête totale du Donbass sa priorité. Dans la poche de Severodonetsk et Lyssychansk, elle a même envoyé non seulement un maximum de matériel et de soldats depuis trois semaines, mais aussi ses troupes d’élites.

En Allemagne, Olaf Scholz défend sa politique et évoque les livraisons d’armes à l’Ukraine

Critiqué depuis des semaines pour sa politique ukrainienne jugée trop indécise, le chancelier allemand Olaf Scholz est passé à la contre-attaque ce mercredi matin au Parlement, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. D’abord en s’en prenant avec des mots durs à ceux qui le critiquent. Mais aussi avec des annonces de livraisons d’armements sophistiqués à Kiev qui pourraient constituer un tournant pour Berlin.

Le discours du chef de l’opposition, le chrétien-démocrate Friedrich Merz, reprochant au chancelier de louvoyer dans son soutien à l’Ukraine, notamment sur des livraisons d’armes jugées insuffisantes ou pas assez rapides, a provoqué une réponse cinglante d’Olaf Scholz qui a estimé que certains racontaient « n’importe quoi ». Le chef du gouvernement a fait la liste des armements déjà envoyés ou promis par Berlin à l’Ukraine et dont la liste est connue. Mais Olaf Scholz a surpris son monde. « Nous allons livrer d’autres armes dans les prochaines semaines, notamment le système de défense antiaérienne IRIS-T, le plus moderne dont dispose l’Allemagne. Cet équipement permettra à l’Ukraine de protéger une grande ville entière contre les frappes aériennes russes », a-t-il dit. 

L’Allemagne livrera également un système de radar capable de détecter l’artillerie adverse, a ajouté Olaf Scholz. On a appris après le discours du chancelier au Bundestag que Berlin allait aussi livrer à l’Ukraine des lance-roquettes multiples fabriqués en Allemagne, comparables à ceux promis hier par Washington à Kiev. Olaf Scholz a aussi rappelé que son pays allait livrer à l’Ukraine des chars Guépard et des obusiers. Berlin poursuit par ailleurs ses livraisons indirectes. Après la République Tchèque, la Grèce va livrer des chars soviétiques à Kiev et obtiendra du matériel plus moderne de l’Allemagne.

Moscou prend des mesures pour « minimiser » l’impact des sanctions et alerte sur les conséquences pour les Européens

Les dirigeants de l’Union européenne ont trouvé un accord lundi soir 30 mai qui a pour objectif de permettre de réduire drastiquement leurs importations de pétrole russe d’ici à la fin de l’année, dans le cadre d’un sixième paquet de sanctions contre Moscou.  La Russie prend des mesures pour « minimiser » l’impact d’un embargo sur le pétrole russe, a assuré le Kremlin ce mercredi. 

« Ces sanctions, bien sûr, auront un impact négatif sur l’ensemble du continent : pour les Européens, pour nous et pour l’ensemble du marché mondial de l’énergie. Mais nous, nous nous sommes en train de nous réorienter vers d’autres directions. C’est une action ciblée qui nous permettra de minimiser les conséquences négatives. Et je le répète, les Européens aussi ressentiront des effets négatifs », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. 

Dmitri Peskov : «Ces sanctions, bien sûr, auront un impact négatif sur l’ensemble du continent – pour les Européens, pour nous et pour l’ensemble du marché mondial de l’énergie»

RFI

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