Accusations de viols : la cour d’appel de Paris confirme le non-lieu en faveur de Luc Besson

Le réalisateur français Luc Besson, le 17 février 2018 à BerlinLe réalisateur français Luc Besson, le 17 février 2018 à Berlin afp.com - Stefanie LOOS

La cour d’appel de Paris a confirmé mardi l’ordonnance de non-lieu en faveur du producteur Luc Besson, accusé dans un dossier emblématique de l’ère #MeToo de viols depuis mai 2018 par l’actrice Sand Van Roy, dont l’avocat a annoncé un pourvoi.

« La cour a confirmé l’innocence de mon client. Une dizaine d’initiatives procédurales de Mme Van Roy se sont toutes conclues de la même manière. Luc Besson regrette ces quatre années perdues », a indiqué son avocat, Me Thierry Marembert.

« Nous faisons un pourvoi en cassation immédiat », a répondu Me Antoine Gitton, avocat de l’actrice avec Me Francis Szpiner.

« C’était un sordide fait divers et ça devient une affaire d’Etat, qu’on va traiter comme telle. Je n’ai pas vu de justice, là, uniquement un simulacre de justice de petite vertu. Nous promettons de donner à cette petite justice une leçon de vertu », a-t-il lancé.

Le 18 mai 2018, l’actrice déposait une plainte pour viol, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions: d’après Sand Van Roy, une pénétration anale digitale imposée puis un évanouissement, malgré ses injonctions à arrêter. Pour Luc Besson, un rapport vaginal consenti empreint de « douceur ».

Deux mois plus tard, l’actrice déposait une plainte pour d’autres viols et agressions sexuelles commis entre 2016 et 2018, épisodes d’une « relation d’emprise professionnelle » sous menaces de « rétorsion sur sa carrière d’actrice » avec celui qui a créé la Cité du cinéma au nord de Paris.

Au cours de l’enquête préliminaire, le cinéaste et la comédienne ont été confrontés en décembre 2018, avant le classement sans suite de l’enquête, en février 2019, par le parquet de Paris qui estimait n’avoir pu « caractériser l’infraction dénoncée ».

L’actrice, qui apparaît dans « Valérian et la Cité des mille planètes » de Luc Besson, avait alors déposé une nouvelle plainte et obtenu, malgré un refus du parquet de Paris, la saisine d’une juge d’instruction en octobre 2019.

Deux ans plus tard, le 8 décembre dernier, une autre magistrate instructrice a rendu une ordonnance de non-lieu, évoquant « l’absence de tout élément matériel venant étayer les déclarations » de la plaignante de 34 ans. Lors de l’audience en appel, le 19 avril, le parquet général avait requis la confirmation du non-lieu.

L’actrice demandait également la récusation de la présidente de la chambre de l’instruction, sur laquelle il n’a pas été statué dans l’immédiat.

-« Subordination »-

Une vision rejetée par Sand Van Roy qui a porté plainte contre la juge pour « faux » et conteste avec ses avocats radicalement la teneur de l’information judiciaire, selon elle biaisée et incomplète.

« Luc Besson n’a jamais été confronté aux preuves matérielles qui l’accablent, par exemple au constat photographique réalisé aux unités médico-judiciaires le jour des faits, des coups et blessures sur le corps de la partie civile qui accrédite le viol relaté par celle-ci et contredit frontalement les déclarations de Luc Besson », dénonçait avant l’audience Me Gitton.

Ils ont récemment versé une analyse de quatre médecins venant confirmer l’existence et la compatibilité de ses blessures intimes avec sa version des faits dénoncés.

« Ça fait exactement 4 ans que j’ai fait l’énorme bêtise de croire que la France me protègera quand j’ai appelé la police après le viol », affirmait le 18 mai dernier l’actrice sur Twitter.

Le producteur, 63 ans, connu pour « Le Grand bleu », le « Cinquième élément » ou « Léon », a constamment rejeté ces accusations et évoqué une relation extra-conjugale « légère et agréable », mutuellement consentie.

« Je n’ai jamais contraint physiquement ou moralement une femme à quoi que ce soit », avait-il assuré en octobre 2019, évoquant des « regrets » sur cette relation « alors qu’effectivement il y a un rapport de subordination ».

Le producteur est l’une des figures françaises prises dans la vague d’accusations de femmes qui affirment avoir été victimes de viols ou d’agressions sexuelles dans la foulée de la chute du producteur américain Harvey Weinstein en octobre 2017.

Devant la justice, au moins trois femmes ont évoqué des faits allant de « bisous dans le cou » jusqu’à la « tentative de viol », contestés par M. Besson.

D’autres femmes avaient également témoigné auprès de Mediapart de gestes déplacés ou d’agressions sexuelles, souvent prescrits, de la part du réalisateur.

LE JV2 AVEC AFP

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