Somalie: l’élection présidentielle fixée au 15 mai, après plus d’un an de retard

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, le 12 avril 2022 à MogadiscioLe président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, le 12 avril 2022 à Mogadiscio afp.com - Hasan Ali Elmi

L’élection présidentielle attendue depuis plus d’un an en Somalie se tiendra le 15 mai, a annoncé jeudi le comité parlementaire chargé d’organiser ce scrutin maintes fois reporté dans ce pays instable de la Corne de l’Afrique.

Le mandat du président sortant Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, est arrivé à échéance en février 2021 sans qu’il soit parvenu à organiser une nouvelle élection. Depuis, le processus a avancé péniblement, retardé notamment par des conflits au sommet de l’exécutif et entre le gouvernement central et certains Etats fédéraux.

La chaîne de télévision publique SNTV a diffusé sur Twitter un communiqué signé du comité parlementaire en charge de l’élection, annonçant un calendrier en vue de ce scrutin avec pour échéance le dimanche 15 mai.

Lors d’une réunion jeudi, « les membres de ce comité ont convenu que le 15 mai serait le jour de l’élection du président », a confirmé sur Facebook l’ancien porte-parole du gouvernement et député Mohamed Ibrahim Moalimu, membre du comité.

Selon le calendrier diffusé par SNTV, l’enregistrement des candidatures aura lieu le 8 mai et les candidats s’exprimeront devant le Parlement les 11 et 12 mai.

En Somalie, le président est élu par les députés et sénateurs. Pour être élu, un candidat doit rassembler au moins les deux-tiers des voix, soit 184 voix.

Quatre candidats font figure de principaux concurrents face au président Farmajo qui briguera un nouveau mandat: ses deux prédécesseurs Hassan Cheikh Mohamoud (2012-2017) et Sharif Cheikh Ahmed (2009-2012), son ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire (mars 2017-juin 2020), ainsi que le président de la région du Puntland, Said Abdullahi Dani.

– « Soulagement » –

« Fixer une date pour l’élection présidentielle est un soulagement majeur pour la plupart des Somaliens et leurs partenaires internationaux, car cela marque la fin d’un cycle électoral qui a duré trop longtemps et détourné d’autres priorités », explique à l’AFP Omar Mahmood, analyste au centre de réflexion International Crisis Group.

La Somalie vit depuis des décennies dans une instabilité chronique et fait face à une insurrection des islamistes radicaux shebab, liés à al-Qaïda.

Elle risque de voir un programme d’aide du FMI expirer automatiquement au 17 mai si une nouvelle administration n’est pas en place à cette date.

Depuis plus d’un an, le pays est plongé dans une profonde crise politique.

Face à l’impasse électorale constatée en février 2021, Farmajo avait annoncé en avril 2021 vouloir prolonger son mandat pour deux ans.

L’annonce avait déclenché des affrontements armés dans la capitale Mogadiscio, qui avaient ravivé le souvenir des décennies de guerre civile ayant ravagé le pays après 1991.

Dans un geste d’apaisement, le chef de l’Etat avait chargé son Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, d’organiser les élections.

Mais les tensions entre les deux hommes se sont multipliées, retardant à plusieurs reprises le processus d’élection du nouveau Parlement, préalable à celle du président dans le système indirect somalien.

– Pressions internationales

Les soutiens occidentaux du gouvernement somalien, Etats-Unis en tête, n’ont cessé de presser les autorités de mener à bien le processus électoral, estimant que les nombreux retards les détournaient notamment de la lutte cruciale contre l’insurrection shebab.

Les shebab combattent depuis plus de 15 ans le gouvernement fédéral soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Fin mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité la prolongation jusqu’à fin 2024 de la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), reconfigurée et rebaptisée Mission de transition en Somalie (Atmis).

Si l’Amisom a chassé les islamistes radicaux shebab des principales villes du pays, dont la capitale Mogadiscio en 2011, ils restent implantés dans de vastes zones rurales et attaquent des cibles gouvernementales ou sécuritaires.

Ces derniers mois, ils ont intensifié leurs attaques, ciblant notamment le 24 mars l’aéroport de Mogadiscio, considéré comme le lieu le plus sécurisé du pays, puis menant un double attentat dans le centre du pays qui a tué au moins 48 personnes, dont la députée d’opposition Amina Mohamed Abdi.

Mardi, ils ont lancé une attaque d’envergure sur une base de l’Atmis tenue par un contingent burundais, tuant au moins dix soldats selon un bilan officiel de l’armée burundaise.

LE JV2 AVEC AFP

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