Décès du dramaturge Michel Vinaver à 95 ans

Le metteur en scène et auteur Michel Vinaver le 22 janvier 2009 à la Comédie Française à ParisLe metteur en scène et auteur Michel Vinaver le 22 janvier 2009 à la Comédie Française à Paris afp.com - Martin Bureau

Le dramaturge et ex-chef d’entreprise Michel Vinaver, qui avait notamment transposé l’affaire Bettencourt au théâtre, est décédé dimanche à Paris à l’âge de 95 ans, a annoncé à l’AFP sa fille, la comédienne Anouk Grinberg.

Fils d’un antiquaire et d’une avocate, Michel Vinaver – Grinberg de son vrai nom – a pendant près de 30 ans mené une double vie: cadre puis directeur de Gillette et auteur de théâtre.

Il écrit d’abord deux romans avant de venir au théâtre en 1955, deux ans après son embauche chez Gillette. « J’avais exclu d’emblée de dépendre de ma production littéraire pour vivre », confiait-il à l’AFP en 2015.

Ses premières pièces, « Les Coréens » –créée par Roger Planchon en 1956– et « Les Huissiers » n’ont rien à voir avec la vie de cadre de ce père de quatre enfants, dont Anouk Grinberg.

« Je m’étais fixé un interdit: ne pas parler de moi et de mon travail », avait-il affirmé à l’AFP. Au bout de quelques pièces, c’est la panne. « J’en suis sorti en levant ce tabou ». Il écrit « Par dessus bord »: l’histoire de l’absorption d’une société familiale française par une multinationale américaine.

Dès lors, l’entreprise prend une place centrale dans l’oeuvre de celui qui sera nommé trois fois aux Molières et lauréat du Grand prix du théâtre de l’Académie française en 2006.

Ainsi, « Les travaux et les jours » se déroule dans le service après-vente d’un fabricant de moulins à café. Dans « La demande d’emploi », le personnage principal est un cadre au chômage. Dans « L’ordinaire », entré au répertoire de la Comédie-Française en 2009, le président d’une multinationale, son épouse, sa secrétaire et quatre vice-présidents survivent à un accident d’avion dans la cordillère des Andes.

Lorsqu’Edwy Plenel, cofondateur du site Mediapart à l’origine de nombreuses révélations sur l’affaire Bettencourt l’approche pour une adaptation, Michel Vinaver juge l’affaire « trop abondante, avec trop d’événements, de personnages ».

Mais il est happé par l’intrigue et les relations passionnelles entre Liliane Bettencourt et sa fille Françoise, « des personnages de tragédie antique », selon lui.

Résultat: « Bettencourt Boulevard » (créée au TNP de Villeurbanne), un mille-feuilles d’intrigues familiales, de jalousies dévorantes, de corruption à tous les étages.

Avec en arrière-plan, la grande histoire: le père de Liliane Bettencourt, Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, a cultivé des amitiés collaborationnistes pendant la guerre, et le rabbin Robert Meyers, grand-père du mari de Françoise Bettencourt-Meyers, déporté à Auschwitz.

LE JV2 AVEC AFP

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