Les géants de la tech au ralenti à cause de l’inflation et des pénuries

Amazon subit la hausse des coûts, de la main d'oeuvre à la chaîne d'approvisionnement en passant par le marketingAmazon subit la hausse des coûts, de la main d'oeuvre à la chaîne d'approvisionnement en passant par le marketing afp.com - Thomas SAMSON

Les géants des technologies, qui caracolaient sur des sommets pendant la pandémie, ont été rattrapés par l’inflation, les pénuries, la concurrence et les régulateurs, autant de défis qui vont marquer leur année 2022.

Google, Meta et Apple pour la Silicon Valley, Microsoft et Amazon, les voisins de Seattle, ont tous publié leurs résultats trimestriels cette semaine.

Leurs chiffres d’affaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars restent impressionnants, et plus ou moins conformes aux attentes du marché. Mais la situation économique, liée à la crise sanitaire et à la guerre en Ukraine, pèse sur leur croissance et leurs perspectives.

Amazon a ainsi déçu les investisseurs avec des prévisions de vente plus faibles qu’espérées pour le trimestre en cours : entre 116 et 121 milliards de dollars, au lieu des 125 milliards escomptés par le consensus d’analystes FactSet.

Son directeur financier, Brian Olsavsky, a évalué jeudi à 6 milliards de dollars les coûts additionnels sur les trois premiers mois de l’année, dûs notamment à la perte de productivité, l’inflation et le coût de la main d’œuvre – pendant la pandémie, le géant de la vente en ligne a doublé son personnel à 1,62 million d’employés dans le monde.

Son action chutait d’environ 9% lors des échanges électroniques après la fermeture de la Bourse.

– L’éperon TikTok –

Apple a également vu sa croissance ralentir sur la période de janvier à mars, comme prévu.

Son chiffre d’affaires trimestriel a atteint 97,2 milliards de dollars, en hausse de 9% sur un an. C’est la première fois depuis l’été 2020 qu’Apple affiche une croissance à un seul chiffre.

Le groupe de Cupertino est parvenu jusqu’ici à limiter les problèmes d’approvisionnement qui touchent tout le secteur de l’électronique, en particulier dans l’industrie des semi-conducteurs.

Mais les perturbations engendrées par la résurgence de cas de coronavirus devraient le priver de 4 à 8 milliards de dollars de revenus pour le trimestre en cours, ont annoncé jeudi les dirigeants du groupe.

Pour Alphabet (Google, YouTube) et Meta (Facebook, Instagram), les deux leaders de la publicité en ligne, le contexte économique défavorable signifie que les annonceurs gèrent leur budget avec plus d’attention.

Et nombre d’entre eux sont attirés par l’étoile TikTok, l’application de vidéos courtes, musicales et amusantes, ultra populaire auprès des jeunes.

Les deux entreprises californiennes ont assuré que leurs formats de vidéos courtes, copiés à TikTok, progressaient bien en matière d’audience, et qu’ils travaillaient activement à leur monétisation.

Les « YouTube Shorts » génèrent désormais « plus de 30 milliards de vues quotidiennes, quatre fois plus qu’il y a un an », s’est félicité Sundar Pichai, le patron d’Alphabet.

« Notre transition vers les formats courts ne génère pas encore de revenus substantiels pour l’instant, mais nous sommes optimistes », a assuré Mark Zuckerberg, le fondateur de Meta. « Cela va prendre plusieurs années », a précisé Sheryl Sandberg, sa directrice des opérations.

– Nuage radieux –

On assiste possiblement à une « gueule de bois post-pandémie », d’après l’analyste Paul Verna de eMarketer. Les grandes sociétés technologiques « n’ont certes pas fait la fête, mais la crise sanitaire a énormément dopé leurs affaires », a-t-il expliqué. « Ce genre de croissance ne pouvait pas durer ».

La maison mère de Google a réalisé un profit de 16,4 milliards de dollars au premier trimestre, 8% de moins qu’il y a un an.

Meta, de son côté, a publié un bénéfice net meilleur qu’attendu, 7,47 milliards de dollars, mais en baisse de 21% sur un an.

Le géant des réseaux sociaux qui avait plongé en Bourse en début d’année après avoir perdu pour la première fois des utilisateurs sur Facebook, en a légèrement gagné cette fois-ci.

Quelque 3,64 milliards de personnes dans le monde se servent d’au moins une des plateformes du groupe (Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp) tous les mois.

Un secteur d’activité résiste cependant aux contraintes actuelles, porté par les habitudes prises pendant la pandémie, du télétravail au divertissement et au shopping en ligne: le cloud.

Les recettes d’Azure, la plateforme d’informatique à distance de Microsoft, ont ainsi bondi de 46% sur un an, comme au trimestre précédent.

AWS, le service d’Amazon, a généré 18,4 milliards de dollars de revenus au premier trimestre (+36% sur un an).

C’est le leader du secteur avec 33% des dépenses mondiales dans le cloud fin 2021, devant Microsoft (22%) et Google Cloud (9%), d’après le cabinet d’études Canalys.

Ces cinq groupes vont en outre devoir composer avec les lois européennes votées récemment, qui visent à encadrer les pratiques des leaders américains de la technologie.

LE JV2 AVEC AFP

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