Afrique du Sud: nouveau volet d’un rapport accablant sur la corruption d’Etat pendant l’ère Zuma

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma au tribunal de Pietermaritzburg, le 31 janvier 2022L'ancien président sud-africain Jacob Zuma au tribunal de Pietermaritzburg, le 31 janvier 2022B afp.com - Jerome Delay

« Zuma a été un acteur essentiel du plan »: le 4e volet d’un rapport d’enquête accablant sur les machinations ayant abouti au pillage des caisses de l’Etat en Afrique du Sud pendant la présidence de Jacob Zuma (2009-2018) a été remis vendredi à la présidence.

Depuis janvier, la commission anti-corruption du juge Raymond Zondo, devenu la bête noire de l’ancien chef d’Etat, égrène les conclusions de quatre ans d’enquête et de centaines d’heures d’auditions sur la corruption d’Etat organisée en lien avec un sulfureux trio d’hommes d’affaire d’origine indienne, les frères Gupta.

Le rapport final doit être rendu avant le 15 juin.

Le président Cyril Ramaphosa devra alors décider d’éventuelles poursuites judiciaires.

Après avoir succédé à M. Zuma, il avait estimé qu’environ 30 milliards d’euros (500 milliards de rands) ont été détournés et fait de la corruption son cheval de bataille. Il a toutefois lui aussi été appelé à témoigner devant la commission.

Le nouveau volet porte notamment sur les malversations au sein de la compagnie publique d’électricité, Eskom.

Selon le rapport, « les Gupta ont mis en place un plan pour s’emparer d’Eskom » et l’ex-président Jacob Zuma a été « un acteur essentiel » en interférant en leur faveur dans la composition du conseil d’administration.

L’ancienne direction, contre laquelle le juge Zondo recommande des poursuites pénales, est soupçonnée d’avoir conclu des contrats irréguliers d’une valeur de plus de 96 millions d’euros (1,6 milliard de rands) avec des sociétés de conseils.

-« Immense préjudice »-

Un contrat d’approvisionnement en charbon avec une entité appartenant aux Gupta, Tegeta, pour un montant de plus de 221 millions d’euros (3,7 milliards de rands), était également entaché d’irrégularités.

« Il est clair que dès le début de son premier mandat, le président Zuma faisait tout ce que les Guptas voulaient », fustige le juge Zondo.

Disant avoir été victime d’un « immense préjudice », l’entreprise a déclaré dans un communiqué que « les mesures nécessaires » seront prises si des personnes impliquées sont toujours employées.

Eskom, qui fournit plus de 90% de l’électricité en Afrique du Sud, peine à se relever des malversations, accablée par une dette d’environ 24 milliards d’euros (400 milliards de rands). Incapable d’entretenir des centrales vieillissantes, elle plonge régulièrement le pays dans le noir avec des délestages.

Le rapport donne également ses conclusions sur des soupçons de fraudes dans le cadre de contrats pour des logements sociaux et des opérations de désamiantage dans la province du Free State (centre), alors dirigée par un des plus hauts responsables du parti au pouvoir, l’ANC, Ace Magashule.

Le rapport dénonce « une débâcle » affirmant que « soit aucune maison n’a été construite, soit il y en a eu si peu qu’elles ne valent pas la peine d’être mentionnées ».

Proche de Jacob Zuma, M. Magashule, a été inculpé fin 2020 et suspendu du parti.

M. Zuma, 80 ans, est en liberté conditionnelle après avoir été condamné à la prison pour avoir refusé de témoigner devant la commission. Son incarcération avait déclenché en juillet des violences qui ont fait plus de 350 morts.

LE JV2 AVEC AFP

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