L’Afrique du Sud dans « une crise majeure », selon l’ex-combattant anti-apartheid, Mac Maharaj

Le militant anti-apartheid Mac Maharaj, 87 ans, pose dans sa maison à Midrand, au nord de Johannesburg, le 31 mars 2022Le militant anti-apartheid Mac Maharaj, 87 ans, pose dans sa maison à Midrand, au nord de Johannesburg, le 31 mars 2022 afp.com - Michele Spatari

Il a sorti des prisons de l’apartheid l’autobiographie de Nelson Mandela: ex-combattant contre le régime blanc, Mac Maharaj, 87 ans, se penche sur une Afrique du Sud qui commémore mercredi les premières élections libres en 1994 et qu’il estime plongée dans « une crise majeure ».

Près de 30 ans après l’élection du premier président noir sud-africain avec qui il a passé plus de 10 ans au pénitencier de Robben Island, « le pays est confronté à plusieurs crises qui, combinées, alimentent une crise majeure », dit-il lors d’un entretien à l’AFP dans sa maison d’un quartier huppé du nord de Johannesburg.

Citant comme facteurs la corruption, une pauvreté encore aggravée par le Covid et un chômage record, il commente aussi l’indéniable déclin du parti de la libération, l’ANC.

Affaibli par des luttes intestines et un recul historique dans les urnes, le parti historique au pouvoir a commis des erreurs et « perdu le contact avec le terrain », estime M. Maharaj.

Quatre ans d’une enquête d’une commission ad hoc présidée par le juge Raymond Zondo ont abouti à des conclusions accablantes récemment rendues publiques sur la corruption d’Etat pendant l’ère de l’ex-président Jacob Zuma (2009-2018). Son rapport épingle également d’autres haut responsables de l’ANC: « il faut une révolution au sein du parti pour apporter le renouveau », estime Mac Maharaj.

– Tirer les leçons –

« Nous avons accumulé une vaste expérience, mais nous ne tirons pas les leçons de ces erreurs », regrette-t-il.

Si selon lui, l’actuel président Cyril Ramaphosa lutte contre le fléau de la corruption « en restant dans le cadre de la loi », il existe un réel sentiment qu’il ne fait « pas assez, pas assez vite ».

Ministre des Transports de Mandela avant de rejoindre le secteur privé comme directeur d’une banque, Mac Maharaj garde de cette époque au gouvernement une photo où il se tient aux côtés de l’icône, accrochée près d’une étagère où il conserve les ouvrages dont il est l’auteur.

Encore récemment, il a co-écrit un livre sur les coulisses des négociations qui ont mené à la fin de l’apartheid et dans lesquelles il a joué un rôle clef.

L’ancien combattant a été plus tard le porte-parole présidentiel de Jacob Zuma, avant de quitter la vie politique en 2015.

Dans les années 2000, il a lui-même été visé par des accusations de corruption, la presse affirmant qu’il avait touché des pots-de-vin en échange de contrats lorsqu’il était ministre. Il n’a jamais été poursuivi.

Mac Maharaj avait rejoint la lutte lorsqu’il était encore étudiant. Arrêté en juin 1964, il a été accusé avec cinq autres de 177 chefs d’accusation de sabotage.

En prison, il a transcrit de longs passages de l’autobiographie de Nelson Mandela intitulée « Un long chemin vers la liberté », dont il fera sortir clandestinement la copie originale lorsqu’il est libéré en 1976.

LE JV2 AVEC AFP

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