Comment vont s’organiser les premières semaines du président réélu Emmanuel Macron ?

Le président de la République sortant Emmanuel Macron avec ses partisans le soir de sa victoire au second tour de l'élection présidentielle française ce 24 avril.<br />
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 Le président de la République sortant Emmanuel Macron avec ses partisans le soir de sa victoire au second tour de l'élection présidentielle française ce 24 avril. AP Photo/Lewis Joly

Réélu ce dimanche 24 avril président de la République, Emmanuel Macron devra dès les prochains jours prendre des décisions politiques majeures et se soumettre à des incontournables protocolaires. Présentation du calendrier politique et électoral des prochaines semaines.

Mercredi 27 avril: proclamation des résultats.

Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, doit proclamer élu le nouveau président de la République mercredi, à l’issue des opérations de collecte et de vérification de l’ensemble des résultats. Le même jour, un Conseil des ministres doit avoir lieu.
 

 

Une démission du gouvernement?

 Le Premier ministre, Jean Castex, avait annoncé en début de semaine qu’il démissionnerait, ainsi que son gouvernement, « dans les jours qui suivent » l’élection du nouveau président, conformément à une tradition républicaine. Mais son bail à Matignon pourrait en fait être prolongé de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Emmanuel Macron a glissé vendredi qu’il envisageait une « semaine de transition » et que Jean Castex serait Premier ministre « encore la semaine prochaine ». Voire jusqu’aux élections législatives de juin? Certains dans l’entourage du président selon l’AFP ne l’excluent pas.

S’il venait à quitter ses fonctions, Jean Castex expédierait encore les affaires courantes dans l’attente de la nomination d’un nouveau chef de gouvernement.
 

Avant le samedi 14 mai: cérémonie d’investiture.

Le mandat d’Emmanuel Macron prend fin le 14 mai: c’est donc avant cette date que doit avoir lieu la cérémonie d’investiture à l’Elysée, selon un protocole assez strict: un petit laïus du président du Conseil constitutionnel proclamant les résultats, l’arrivée du grand chancelier de l’ordre national de la Légion d’honneur avec son gros collier de l’ordre sur un coussin, avant un discours du nouveau président.

À l’issue, le nouveau chef de l’État se rend sur la terrasse du parc de l’Elysée où il reçoit les honneurs militaires de la Garde Républicaine, avant un salut au drapeau et le retentissement de la Marseillaise. Au même moment, aux Invalides, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, 21 coups de canon sont tirés, tradition héritée de l’Ancien régime lorsque 101 coups étaient tirés pour annoncer la mort d’un roi et l’intronisation de son successeur.

C’est la quatrième fois qu’un président se succède à lui-même sous la Vè République, un continuum qui rend généralement cette cérémonie moins spectaculaire qu’en cas d’arrivée d’un nouveau locataire.
 

En 2002, Jacques Chirac s’était contenté du strict minimum pour sa cérémonie de réélection, renonçant à remonter à nouveau les Champs-Elysées à l’issue de la réception, contrairement à sept ans plus tôt.

Mais c’est aussi pour les invités l’occasion privilégiée pour glisser un mot au nouveau chef de l’Etat: en 1988, la jeune conseillère Ségolène Royal avait profité de l’occasion pour réclamer – avec succès – au président réélu Mitterrand une investiture pour les législatives un mois plus tard.
 

 La passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron avaient eu lieu le 14 mai 2017.

 La passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron avaient eu lieu le 14 mai 2017. Yoan Valat, Pool via AP

Après la cérémonie, un programme à définir. En 2017, après son investiture, Emmanuel Macron s’était rendu à l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), dans la banlieue sud-ouest de Paris.

« J’irai (à nouveau) auprès des soldats blessés dans un de nos hôpitaux militaires », a assuré début avril sur TF1 celui qui était candidat à sa réélection, en précisant qu’il entendait également « fleurir la tombe de (sa) grand-mère », dans les Hautes-Pyrénées.

Le président réélu pourrait également se passe d’une visite à la mairie de Paris, à l’instar de François Mitterrand en 1988. Quant à la photo officielle du nouveau chef de l’Etat, elle devrait – sauf surprise – rester la même, comme François Mitterrand et Jacques Chirac avaient renoncé à un nouveau cliché après leur réélection.

Après l’investiture, un nouveau gouvernement ?

Après l’investiture, un nouveau gouvernement ? Il y a cinq ans, le président Macron avait nommé son Premier ministre Edouard Philippe au lendemain de son investiture, et le nouveau gouvernement encore 48 heures plus tard. Le chef de l’Etat est désormais face à une équation politique nouvelle avec une nouvelle majorité à bâtir.

« Dans l’idéal, il faudrait un mouton à cinq pattes », constate un membre du gouvernement sortant, cité par l’AFP. « Une femme, plutôt de gauche, suffisamment forte politiquement mais aussi loyale que Jean Castex ». Le nom de l’actuelle ministre du Travail, Elisabeth Borne, a beaucoup circulé dans la presse.

Lundi sur BFMTV, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, a assuré qu' »Emmanuel Macron a le souhait bien sûr d’une nomination féminine à Matignon ».

Le nouveau Premier ministre devra en outre endosser les habits de chef de campagne pour les élections législatives, alors que les appétits s’aiguisent entre La République en marche, le MoDem et les partisans d’Edouard Philippe.

Dimanches 12 et 19 juin: élections législatives

Emmanuel Macron aura-t-il à nouveau une majorité à l’Assemblée ?
Parmi ses troupes, l’hypothèse d’une cohabitation n’est pas jugée crédible, mais c’est l’équilibre entre les différentes branches – du centre gauche au centre droit – de la macronie qui est en jeu.

Le nouveau président serait-il par ailleurs tenté de convoquer une session extraordinaire au Palais Bourbon avant ce scrutin? « Ce serait une faute politique et ça mobiliserait ses adversaires: c’est d’ailleurs pour ça que ça ne s’est jamais produit », rappelle le professeur de Droit public de l’université de Lorraine, Fabrice Gartner.

LE JV2 AVEC AFP

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