Chez Le Pen, immense déception mais l’envie de « continuer le combat »


Marine le Pen avec ses partisans après sa défaite au 2nd tour de la présidentielle au Pavillon d'Armenonville, à Paris, le 24 avril 2022 JOEL SAGET AFP

Des « Marine! Marine! » pour tenter d’y croire jusqu’au bout, avant une bronca quand apparaît le visage d’Emmanuel Macron: réunis autour de Marine Le Pen dimanche soir à Paris, ses partisans racontent leur déception, leur ras-le-bol du « système » et promettent de « continuer le combat ».

« Les Français ne comprennent rien, ils vont avoir ce qu’ils méritent », s’agace Olivier Mondet, dès l’annonce de la défaite de sa championne.

« Pendant cinq ans, on va encore souffrir et accueillir un peu plus de gens de partout, moi, je suis Français », souligne ce cadre infirmier de 62 ans, au Pavillon d’Armenonville à la lisière du bois de Boulogne, où se tient la soirée électorale de la candidate d’extrême droite.

Les applaudissements retentissent quand elle promet de poursuivre son « engagement pour la France et les Francais », avant une Marseillaise a cappella.

« On est déçus », confie à l’AFP son directeur de cabinet Renaud Labaye. « Le système est encore puissant, il y a eu un avant et un après premier tour, avec toutes les forces médiatiques et associatives qui n’ont pas intérêt à ce que les choses bougent », peste-t-il.

Dans la salle, quelques centaines de partisans et au moins autant de journalistes. Deux médias, StreetPress et Les Jours, ont toutefois reproché au RN d’avoir refusé leur présence à la soirée électorale.

Le champagne « Marine présidente » a été débouché avant l’annonce du résultat. Mais l’ambiance n’est pas à la fête, même si Marine le Pen a obtenu environ 8 points de plus qu’en 2017.

Davy Bailleu, 25 ans, costard et baskets, est « très déçu car les Français n’ont toujours pas compris. Mais il faut continuer à y croire, notre score a augmenté. Marine a su trouver les mots pour nous rebooster pour les législatives », dit ce militant de Denain (Nord).

Sur l’estrade, Marine Le Pen évoque la « recomposition » politique future, dans toutes les têtes.

« pas d’alliance »

Habib Sanogo, un partisan franco-ivoirien, est persuadé que Marine Le Pen doit y jouer le premier rôle, malgré ses trois défaites successives à la présidentielle.

« Le paysage politique, dans cinq ans, sera complètement différent. La gauche et la droite se chercheront un leader, LREM aussi, la seule figure qui va rester là avec un programme auquel on est habitué, c’est elle », insiste-t-il.

Des militants du RN après le discours de leur candidate Marine Le Pen, battue 2nd tour de la présidentielle, au pavillon d'Armenonville, à Paris, le 24 avril 2022Des militants du RN après le discours de leur candidate Marine Le Pen, battue 2nd tour de la présidentielle, au pavillon d’Armenonville, à Paris, le 24 avril 2022 Christophe ARCHAMBAULT AFP

Quid d’Eric Zemmour (Reconquête), le rival d’extrême droite, qui est intervenu à la télévision pour dire « qu’hélas c’est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen », du père Jean-Marie à sa fille Marine ?

Aux législatives, « il n’y aura pas d’alliance (avec Zemmour), sauf cas particuliers », balaye Renaud Labaye.

L’eurodéputé Jean-Lin Lacapelle tacle aussi l’ancien polémiste de CNews: « De la part de quelqu’un qui a recueilli 7%, on ne peut pas dire que l’humilité lui écorche les lèvres. On a bien compris que la survie de Reconquête passe par un accord avec le RN ».

Jus de pomme à la main, l’eurodéputé Thierry Mariani souligne l’importance du scrutin de juin. « On devra dire à tous les gens qui ont voté pour nous d’éviter qu’il (Macron) ait les mains totalement libres ».

Lui aussi s’en prend au « système » qui est « bloqué » pour la présidentielle: « Tout se ligue pour que le camp des patriotes n’accède pas au pouvoir. A chaque fois, c’est le même scénario ».

Est-ce la dernière campagne présidentielle de Marine Le Pen ? « Je ne l’espère pas », répond le maire RN de Fréjus David Rachline. Le résultat « est une progression notable par rapport à 2017, nous sommes la seule et unique force d’opposition au gouvernement Macron. On a déjà investi 450 candidats pour les législatives, il y a une CNI (commission d’investiture) dans la semaine. Le RN est déjà au travail », assure-t-il.

Vers 20H40, Marine Le Pen descend dans la salle pour faire des selfies, au milieu d’une cohue indescriptible. Un militant essaye péniblement de l’approcher. « J’essaye de vous atteindre mais je n’y arrive pas », lui glisse la candidate malheureuse, avant une accolade.

LE JV2 AVEC AFP

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