Le Parlement finlandais entame le débat sur l’adhésion à l’Otan


Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg (G) et le président finlandais Sauli Niinistö lors d'une conférence de presse commune le 25 octobre 2021 à Helsinki afp.com - Vesa Moilanen

Le Parlement finlandais commence mercredi à débattre d’une adhésion à l’Otan pour mieux se protéger contre une éventuelle agression russe, avec une candidature désormais « très probable ».

Malgré les derniers avertissements de Moscou sur des renforts nucléaires dans la région baltique si la Finlande ou la Suède voisine rejoignaient l’alliance militaire menée par les Etats-Unis, Helsinki entend prendre une décision rapidement.

« Je pense que ça interviendra assez vite. D’ici quelques semaines », avait affirmé la semaine dernière la jeune dirigeante sociale-démocrate du pays nordique, Sanna Marin.

Longtemps partagés sur la question jusqu’à l’invasion de l’Ukraine lancée par la Russie le 24 février, les 200 membres de l’Eduskunta, le Parlement du pays à peine centenaire, se dirigent vers une nette majorité en faveur de l’adhésion lors d’un probable vote d’ici l’été.

Selon les pointages effectués par les médias finlandais, une centaine d’entre eux a déjà décidé de voter pour une adhésion, quand seulement 12 sont contre. Les autres attendent les débats pour afficher leur position.

Sans exprimer de recommandation formelle, un nouveau « livre blanc » remis la semaine dernière par le gouvernement aux parlementaires a souligné que seule une adhésion à l’Otan permettait de bénéficier du parapluie de son célèbre article 5 de défense collective.

Même si elle a rompu avec sa neutralité stricte à la fin de la Guerre froide et lors de son adhésion à l’Union européenne en 1995, la Finlande n’est aujourd’hui que partenaire de l’Otan.

Pour le pays nordique, qui compte une frontière de 1.300 kilomètres avec la Russie, rejoindre les 30 membres de l’alliance apporterait une dissuasion « considérablement plus grande » contre une attaque de son puissant voisin, selon le livre blanc.

Il est « très probable » que la Finlande soit candidate, a reconnu vendredi la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen, tout en assurant que la décision n’était pas prise.

– « Conséquences » –

« Les Finlandais semblent avoir pris leur décision et il y a déjà une énorme majorité en faveur d’une adhésion à l’Otan », a-t-elle relevé.

Les sondages suggèrent que près des deux tiers des 5,5 millions de Finlandais sont désormais en faveur d’une adhésion, soit près du triple du niveau où il végétait avant la guerre en Ukraine.

« J’étais hostile à l’adhésion à l’Otan mais en raison de cette situation, j’y suis maintenant plus favorable », a expliqué mercredi Sofia Lindblom, 24 ans, en promenant son chien dans le centre d’Helsinki. « L’adhésion offrirait une certaine forme de sécurité ».

Sur la place du Sénat voisine, Vuokka Mustonen, 69 ans, observe que l’invasion de l’Ukraine a « complètement changé » son opinion, dorénavant favorable à une adhésion à l’Otan: « je me sens plutôt en sécurité, mais vraiment effrayée ».

Moscou tente de décourager la démarche de son ancien grand duché, qui a déjà obtenu un soutien de la plupart des membres de l’Alliance atlantique à une éventuelle adhésion.

« Etre membre de l’Otan ne peut renforcer leur sécurité nationale. De facto, (la Finlande et la Suède) seront la première ligne de l’Otan », a affirmé vendredi une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Ces pays « doivent comprendre les conséquences d’une telle mesure pour nos relations bilatérales et pour l’architecture sécuritaire européenne dans son ensemble », a-t-elle affirmé.

La décision finlandaise est suivie avec grande attention en Suède, qui envisage aussi de rejoindre l’alliance mais semble faire dépendre sa décision du choix d’Helsinki.

De nombreux analystes anticipent une candidature de la Finlande, et peut-être de la Suède, suffisamment rapidement pour le sommet de l’Otan fin juin à Madrid.

L’unanimité des membres est de rigueur. Si un point d’interrogation demeure sur le choix de la Hongrie de Viktor Orban, à la ligne plus favorable à la Russie que les autres Européens, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a estimé qu’il n’y aurait pas d’obstacle.

Helsinki s’attend à ce que quatre mois à environ un an soient nécessaires pour entériner les procédures d’adhésion – une période sensible durant laquelle des garanties d’assistance militaire devraient être formulées en sa faveur.

En cas d’adhésion de la Finlande, les frontières terrestres entre les pays de l’Otan et la Russie doubleraient d’un coup, atteignant près de 2.600 kilomètres.

La Finlande, russe pendant un peu plus d’un siècle (1809-1917), partage une histoire lourde avec son grand voisin, marquée par une résistance héroïque lors de la Seconde guerre mondiale, notamment lors de la guerre d’Hiver en 1939-40.

LE JV2 AVEC AFP

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