Centrafrique: faux départ pour le premier procès de la Cour pénale spéciale


La Cour pénale spéciale à l’ouverture du procès à Bangui, en Centrafrique, le 19 avril 2022. © RFI/Carol Valade

Un coup pour rien en Centrafrique. Sept ans après sa création, la Cour pénale spéciale, cette juridiction mixte composée de magistrats nationaux et internationaux chargée de juger les crimes les plus graves commis en RCA depuis 2003, devait tenir sa toute première audience ce mardi 19 avril 2022. Mais à peine l’audience ouverte, celle-ci a été reportée.

Ce report est dû à l’absence des avocats de la défense devant cette CPS où règnent, à présent, la surprise et l’incompréhension. L’incompréhension principalement du côté des associations de victimes. « C’est du sabotage », confiait l’un de leurs représentants. « Après tout ce travail, comment un tel couac est-il possible ? », s’interroge un magistrat centrafricain.

À peine ouverte, l’audience est renvoyée au 25 avril prochain en raison de l’absence des avocats de la défense qui ont fait défection à la dernière minute. Selon les rumeurs qui circulent actuellement devant la salle d’audience, il y aurait un désaccord au sujet de leurs indemnités. Maintenant, la Cour peut soit désigner d’autres avocats commis d’office, comme l’a demandé le parquet, ou encore négocier leur retour. Réponse dans moins d’une semaine

« Un jour historique »

La cérémonie avait pourtant bien commencé après un mot inaugural du ministre de la Justice, saluant « un jour historique », puis un mot du représentant de la CPI qui, lui, a souligné l’exploit que constitue la tenue de ce procès. En effet, la CPS est la seule institution de ce type au monde à juger des crimes commis dans un conflit qui est toujours en cours à l’heure actuelle. Alors, sept ans après sa création et au terme d’une laborieuse mise en place, ce premier procès est véritablement une étape décisive.

Mais la CPS souffre d’une profonde crise de confiance depuis l’arrestation, l’an dernier, du ministre de l’Élevage. Hassan Bouba avait été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, placé sous mandat de dépôt, avant d’être exfiltré de prison par les autorités puis rétabli dans ses fonctions. Il avait enfin été décoré de l’ordre national du mérite par le président Touadéra.

La CPS est également critiquée pour son manque de transparence concernant les dossiers dont elle s’est saisie, les détentions provisoires et les nombreux mandats d’arrêt non appliqués.

RFI

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