Niger: au moins 18 morts dans l’attaque d’un camion près du Mali


Des soldats nigériens en faction le 10 septembre 2021 dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), dans la zone dite des "trois frontières" afp.com - Boureima HAMA

Au moins 18 civils ont été tués dimanche dans l’ouest du Niger lors de l’attaque d’un camion par des jihadistes présumés, près du Mali, dans la région de Tillabéri, zone dite des « trois frontières », a annoncé mardi le gouvernement nigérien.

« Dans l’après-midi du dimanche 20 février 2022, un camion de transport ayant quitté (le village de) Taroun à destination de Tizigorou, village situé dans le département de Banibangou, région de Tillabéri, a fait l’objet d’une attaque meurtrière perpétrée par des bandits armés à bord de plusieurs motos, non encore identifiés », indique un communiqué du ministère de l’Intérieur lu à la télévision nationale.

Il ajoute que « le bilan provisoire de l’attaque fait état de dix-huit personnes tuées, huit personnes blessées dont cinq graves admises au district sanitaire de Ouallam », ville située plus à l’est.

« Le camion a été incendié » et une « opération de ratissage a été engagée dans la zone », selon le ministère.

Un député de la région avait auparavant annoncé à l’AFP l’attaque de ce camion par des assaillants venus du Mali, ainsi que celle du village de Tizigourou qui avait fait selon lui « trois ou quatre morts », attaque dont ne parle pas le communiqué du gouvernement.

« Il y a eu 18 morts: quatorze dans l’attaque du camion, trois personnes qui ont surpris les assaillants dans une cachette en brousse, puis une autre personne dans l’attaque du village de Tizigorou », avait pour sa part affirmé à l’AFP un ressortissant de la localité proche de Banibangou qui dit avoir perdu « un neveu » dans les attaques.

En 2021, des jihadistes présumés avaient multiplié les assauts particulièrement sanglants contre des civils dans leur villages et dans leurs champs dans la zone de Banibangou.

Ainsi, le 2 novembre, au moins 69 membres d’un Comité de vigilance (milice d’autodéfense), emmenés par le maire de Banibangou avaient été massacrés par des hommes armés, selon les autorités.

Plus tôt, en octobre, des assaillants venus à motos au moment de la prière du soir avaient tué dix personnes dans une mosquée près de Tizigorou.

Et le 15 mars de la même année, 66 personnes avaient été massacrées, notamment lors d’attaques contre des véhicules qui rentraient du grand marché hebdomadaire de Banibangou.

L’immense et instable région de Tillabéri, d’une superficie de 100.000 km2, se situe dans la zone dite « des trois frontières » entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali et est le théâtre depuis 2017 d’actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI).

Les autorités y ont lancé de vastes opérations de distributions gratuites et de vente promotionnelles de céréales aux paysans affectés par une grave crise alimentaire engendrée par les attaques et la sécheresse.

C’est dans cette zone de Tillabéri, qu’une partie des forces françaises de Barkhane et européennes de Takuba pourraient être redéployées après leur retrait du Mali.

LE JV2 AVEC AFP

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