Les enfants, premières victimes de la malnutrition dans le nord-ouest de la Centrafrique (1/3)

Une campagne contre malnutrition en Centrafrique alors que la moitié de la population est sous assistance humanitaire. (image d’illustration) MSF/Pierre-Yves Bernard

En Centrafrique, les conséquences humanitaires du conflit s’aggravent de jour en jour. Selon l’ONU, près de la moitié de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire. La proportion dépasse même les 60% dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, située dans le nord-ouest du pays et au cœur des affrontements entre les forces pro-gouvernementales et les groupes armés.

Les grands yeux creusés du petit Estephane dépassent à peine de la bassine. Sa mère Ida Makobaye observe d’un air anxieux l’aiguille de la balance : « Mon enfant est tombé malade, il ne gagne pas de poids, il n’y a pas de nourriture »

« C’est parce qu’il y a un mouvement de la population, explique Irikoutillo Merci Mboli, de l’ONG Médecin d’Afrique. Dès que les groupes armés arrivent, les habitants fuient leurs foyers, les denrées sont brûlées et la malnutrition se généralise. »

Quand l’enfant arrive en consultation, un petit ruban coloré est enroulé autour de son bras. « La couleur du ruban sert de baromètre, précise le docteur Irikoutillo. Si le ruban est vert, c’est que l’enfant va bien. S’il est jaune, l’enfant est en malnutrition modéré. Et si le ruban est rouge, c’est que l’enfant souffre de malnutrition aiguë. »  

Troisième étape, le test d’appétit. Au Plumpy Nut, un aliment thérapeutique à base d’arachide : 540 calories par sachet. « L’enfant mange bien, constate le docteur. On peut dire que le test d’appétit l’enfant est positif. » Estephane n’ira donc pas à l’hôpital avec les cas les plus graves. Ses parents recevront chaque semaine de la nourriture.

« Le problème, c’est la malnutrition nutritionnelle. Même si les gens réussissent à produire, ils ne mangent pas ce qu’il faut, s’inquiète Mahoua Coulibaly, cheffe du sous-bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) à Paoua. Le principal combat à mener est celui de l’éducation nutritionnelle ». Première région productrice d’arachide et de haricot, le nord-ouest de la Centrafrique est aussi celle qui compte le plus grand nombre d’enfants touchés par la malnutrition.

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RFI

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