Blinken, depuis l’Ukraine, appelle Poutine à choisir la paix

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken (G) et son homologue ukrainien Dmytro Kouleba lors d'une conférence de presse à Kiev le 19 janvier 2022

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken (G) et son homologue ukrainien Dmytro Kouleba lors d’une conférence de presse à Kiev le 19 janvier 2022 afp.com – Alex Brandon

Le chef de la diplomatie américaine a exhorté mercredi Vladimir Poutine à choisir la « voie pacifique » dans la crise ukrainienne, un appel lancé lors d’une visite de soutien à Kiev, à deux jours d’un face-à-face diplomatique russo-américain.

Dans le même temps, les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle aide « sécuritaire défensive » de 200 millions de dollars des Etats-Unis à l’Ukraine.

« J’espère fortement que nous pourrons rester sur une voie diplomatique et pacifique, mais en fin de compte, ce sera la décision du président Poutine », a dit M. Blinken, qui a rencontré à Kiev le président Volodymyr Zelensky et son chef de la diplomatie Dmytro Kouleba.

Le diplomate américain, qui doit retrouver vendredi à Genève son homologue russe Sergueï Lavrov, a en outre souligné qu’il ne satisferait pas la demande russe d’un engagement écrit sur ses exigences, qui comportent l’engagement de l’Otan à ne pas s’élargir à l’Ukraine.

La Russie a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, laissant craindre une invasion. Tout en niant tout projet d’attaque, le Kremlin martèle qu’une désescalade passe par des garanties écrites pour sa sécurité.

Moscou a signifié que ses demandes étaient non négociables, et les Etats-Unis les ont jugées pour l’essentiel inacceptables.

– Nouvelle aide militaire –

Dans ce contexte, Washington a annoncé « une provision de 200 millions de dollars en aide sécuritaire défensive supplémentaire » à l’Ukraine, une nouvelle assistance s’ajoutant aux 450 millions de dollars d’aide déjà accordés, qui ne manquera pas d’irriter Moscou, le Kremlin considérant qu’armer Kiev revient à menacer la Russie.

Le président Zelensky a remercié les Etats-Unis pour cette « aide militaire » en « ces temps difficiles », l’Ukraine s’étant longtemps plainte du manque d’empressement occidental à fournir une telle assistance.

Après Kiev mercredi, le chef de la diplomatie américaine est attendu jeudi à Berlin pour des discussions avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Le Kremlin a de nouveau exigé mercredi des réponses écrites « dans les prochains jours » aux exigences russes, notamment sur le non-élargissement de l’Otan, tout en jugeant « extrêmement important » le rendez-vous en Suisse.

Mais M. Blinken a souligné qu’il ne présenterait « pas de document » à cette occasion.

« Nous devons voir où nous nous situons et s’il reste des opportunités de poursuivre la diplomatie », a-t-il dit.

– Exigences « vouées à l’échec » –

Il a répété que certaines exigences russes étaient « clairement, absolument, vouées à l’échec », comme l’engagement à ne jamais élargir l’Otan à l’Ukraine.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a dit de son côté espérer que les discussions de Genève déboucheront sur un « comportement de la Russie moins agressif ».

Après un cycle de pourparlers la semaine dernière, Russes et Occidentaux, Américains en tête, ont constaté le fossé les séparant.

M. Blinken a ainsi réaffirmé mercredi que des « conséquences très sévères » seront imposées par les Etats-Unis et leurs alliés à la Russie en cas d’agression contre l’Ukraine. Moscou a balayé ces menaces de sanctions.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg a lui aussi assuré M. Zelensky de son soutien « face à la menace de la Russie ».

Pour sortir de ces tensions, le Kremlin réclame, en plus d’un traité bannissant tout élargissement de l’Otan, que les Occidentaux renoncent à organiser des manoeuvres et des déploiements militaires en Europe de l’Est.

Le pouvoir russe est déjà considéré, malgré ses dénégations, comme le parrain des combattants pro-russes en guerre avec Kiev depuis huit ans dans l’Est ukrainien.

Moscou accuse régulièrement Kiev de vouloir y lancer l’assaut, ce que le ministre ukrainien des Affaires étrangères a démenti.

« L’Ukraine ne prévoit aucune opération offensive », a-t-il dit, assurant vouloir « une solution politique » à ce conflit.

– « Le Donbass russe » –

A Donetsk, l’une des capitales séparatistes située près du front, de grandes affiches patriotiques pro-russes s’étalent sur des bâtiments soviétiques délabrés: « Gloire aux guerriers de la libération » ou « Nous sommes le Donbass russe ».

Ici aussi, on espère une solution pacifique.

« Les pourparlers (russo-occidentaux) sont bons, au moins ce n’est pas la guerre », dit Alexeï Bokarev, un mineur retraité.

« Comment cela se terminera? Nous ne pouvons pas le dire, mais le fait est que (…) le monde entier s’intéresse à cette question, pour la paix et la tranquillité », poursuit-il.

La Russie nie toute velléité belliqueuse à l’égard de l’Ukraine et se dit menacée par le renforcement de l’Otan dans la région depuis la chute de l’URSS.

En réponse à une révolution pro-occidentale en Ukraine, la Russie a annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée.

LE JV2 AVEC AFP

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