L’armée française nie tout contrôle de l’espace aérien malien

Un appareil militaire survole la base militaire de la force française Barkhane à Tombouctou, au Mali, le 14 décembre 2021, lors de la cérémonie de rétrocession à l'armée malienne

Un appareil militaire survole la base militaire de la force française Barkhane à Tombouctou, au Mali, le 14 décembre 2021, lors de la cérémonie de rétrocession à l’armée malienne afp.com – FLORENT VERGNES

L’armée française a démenti mardi exercer un contrôle de l’espace aérien malien, niant les accusations en ce sens du Mali, dans un contexte chaque jour plus tendu entre les deux pays.

« Contrairement à ce qui a été dit par un responsable malien, à aucun moment la France n’a interdit à un aéronef malien de survoler » son propre territoire, a indiqué l’état-major de l’armée française.

« Par définition, ils sont souverains et font ce qu’ils veulent », a ajouté la même source. « Nous disposons de capacités de gestion de l’espace aérien dont les Maliens ne disposent pas, en particulier dans le nord. Nous coordonnons avec eux les mouvements aériens. »u

Bamako a demandé à Paris de revoir les accords de défense bilatéraux, que le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a qualifiés de « déséquilibrés » et qui font, selon lui, du Mali « un Etat qui ne peut même pas survoler son territoire sans autorisation de la France ».

L’opération militaire française Serval, lancée en janvier 2013 contre les jihadistes au Mali et devenue ensuite Barkhane, est régie par un accord intergouvernemental de 2013, modifié en 2020 par un protocole additionnel, lié au lancement de l’opération Takuba qui regroupe des forces spéciales européennes.

« Le ministère des Affaires étrangères malien nous a adressé des propositions d’amendement » qui sont « en cours d’étude », a confirmé l’état-major français.

« C’est une procédure habituelle qui n’a rien d’exceptionnelle mais qui bien sûr prend un écho particulier actuellement », a-t-il ajouté, affirmant qu’elle n’avait « pas d’effets » sur l’activité militaire et citant « plusieurs opérations ces derniers jours avec les forces maliennes, qui ont eu de bons effets ».

Ces discussions s’ajoutent à de vives tensions bilatérales, avec en toile de fond les accusations de recours par le Mali aux services du groupe de mercenaires russe Wagner et la réorganisation de la présence militaire française dans le pays.

La France et les Européens ont déclaré être prêts à y rester « mais pas à n’importe quel prix ».

La semaine dernière, la junte au pouvoir à Bamako depuis le putsch d’août 2020 a fermé ses frontières aux Etats de l’organisation des Etats ouest-africains (Cédéao), après que cette dernière eut fait de même pour sanctionner le projet des militaires de se maintenir au pouvoir pendant plusieurs années sans élections.

Dès lors s’est posée la question de la liberté de mouvement des appareils militaires entrant ou sortant de l’espace aérien, notamment ceux de la Mission de l’Onu au Mali (Minusma) et de la France.

Paris assure que ce problème est réglé. Après les sanctions de la Cédéao, il y a eu un moment de calage », a indiqué l’état-major français. « Il a été confirmé que tous les avions militaires et aéronefs liés à la conduite des opérations en bande sahélo-saharienne n’étaient pas concernés par ces sanctions. »

LE JV2 AVEC AFP

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