Ouganda: un écrivain inculpé pour avoir offensé la famille présidentielle

Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni, à Kampala, le 25 mai 2016

Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni, à Kampala, le 25 mai 2016 afp.com – PETER BUSOMOKE

Un tribunal ougandais a formellement inculpé mardi un écrivain et critique du gouvernement de « propos offensants » envers le président Yoweri Museveni et son puissant fils, qu’il a moqué sur les réseaux sociaux.

Kakwenza Rukirabashaija, 33 ans, restera en prison jusqu’au 21 janvier, a déclaré Charles Twine, le porte-parole du bureau d’enquêtes criminelles de la police.

Le gouvernement a contesté une précédente décision de justice ordonnant la libération « inconditionnelle » de l’auteur.

Pourfendeur affiché du pouvoir ougandais et du président Museveni, M. Rukirabashaija est l’auteur du roman satirique « The Greedy Barbarian » (non traduit en français), décrivant un pays imaginaire gangréné par la corruption, salué en 2020 par la critique.

M. Rukirabashaija, qui a remporté en 2021 un prix international dédié aux auteurs persécutés, a été arrêté le 28 décembre à son domicile de Kampala après avoir notamment critiqué sur les réseaux sociaux le fils du président, Muhoozi Kainerugaba.

Il a ces derniers temps intensifié ses critiques contre ce dernier, un général que beaucoup voient comme le successeur de son père, âgé de 77 ans, le qualifiant d' »obèse » et de « rouspéteur ».

Selon l’acte d’accusation publié par un tribunal de de Kampala, les procureurs estiment que l’auteur a « intentionnellement et de manière répétée utilisé son compte Twitter pour perturber la tranquillité de son Excellence (Yoweri Museveni) sans objet de communication légitime ».

Il est accusé des mêmes faits envers M. Kainerugaba.

Son avocat, Eron Kiiza, a dans un court message confirmé cette double accusation qui, selon la loi ougandaise, peut être sanctionnée d’une année de prison.

La défense de l’écrivain a également protesté contre le déroulement de l’audience de mardi qui s’est tenue « secrètement » sans que ses avocats en soient avertis, une décision motivée, selon eux, par le besoin de « laisser cicatriser les signes de torture ».

« Ce ne sont pas seulement ses avocats qui ont été exclus » mais aussi sa « famille, ses garants potentiels pour de possibles cautions et les médias », écrit Me Kiiza dans un communiqué.

« Sans ses avocats, il ne pouvait pas demander une libération sous caution ou exercer ses autres voies de recours légales », a ajouté l’avocat.

Les Etats-Unis et l’Union européenne, parmi d’autres, ont appelé à la libération de l’écrivain.

Arrêté à plusieurs reprises depuis la publication de « The Greedy Barbarian », M. Rukirabashaija a affirmé avoir été torturé lors d’interrogatoires au sujet de son ouvrage.

Vu comme un réformiste lors de sa prise du pouvoir en 1986, M. Museveni a depuis sévèrement réprimé toute dissidence et a modifié la Constitution pour lui permettre de se faire réélire sans discontinuer.

LE JV2 AVEC AFP

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