Centrafrique : les mines paralysent l’action humanitaire dans le nord-ouest du pays


Deux garçons font du vélo sur une route supposée sûre, évitant les axes où sont disséminés des engins explosifs, à Paoua, dans le nord-ouest de la République centrafricaine, le 5 décembre 2021. (BARBARA DEBOUT / AFP)

Six Casques bleus ont été blessés – dont deux grièvement – fin décembre par l’explosion de mines au passage de leur véhicule dans le nord-ouest de la Centrafrique. Cela fait plusieurs mois que les groupes armés qui sévissent dans le pays ont recours à des techniques de guérilla pour retarder l’avancée des forces pro-gouvernementales.

Une menace au quotidien

Un an après avoir été repoussés des grandes agglomérations grâce aux paramilitaires russes, les groupes rebelles sont loin d’être neutralisés en Centrafrique. Ils continuent de se battre contre les forces pro-gouvernementales et misent sur les engins explosifs improvisés (EEI) pour repousser toute offensive.

Des engins explosifs non identifiés sont disséminés sur de nombreux axes stratégiques et menacent au quotidien la population civile et les organisations humanitaires qui lui viennent en aide.

« La présence d’engins explosifs limite le nombre de patrouilles et handicape la mission de protection des civils. »Noam Assouline, porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique à Paoua (nord-ouest) à l’AFP

Des victimes civiles

Fin décembre, six Casques bleus ont été blessés par l’explosion de mines enfouies sur deux axes routiers différents. Au moins une vingtaine de civils ont été tués à cause de ces engins en 2021, selon l’ONU. Les mines sont principalement posées par les rebelles du groupe 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation), l’un des plus puissants groupes armés en Centrafrique.

Dès avril 2021, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a mis en garde contre cette nouvelle menace qui entrave l’action des organisations humanitaires. 

« Lorsqu’il y avait seulement des combats, nous profitions des accalmies pour passer mais les mines bloquent l’accès. » Mahoua Coulibaly, responsable du Programme alimentaire mondial à Paoua (nord-ouest) à l’AFP

Au nord-ouest du pays, où plus de 60% de la population souffre de la faim, le Programme alimentaire mondial a déjà organisé des distributions de nourriture par voie aérienne de façon exceptionnelle, mais cela ne suffit pas. Les opérations de déminage sont urgentes et nécessaires, mais les spécialistes manquent, selon la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) qui devrait reprendre « bientôt » ces opérations.  

Selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), plus de trois millions de personnes auront besoin d’assistance en 2022 en République centrafricaine sur une population d’environ cinq millions d’habitants.

LE JV2 AVEC AFP

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