Au Mali, les Assises nationales de la refondation rendent leurs conclusions

Le 9 décembre dernier, le chef de la junte au pouvoir au Mali, le colonel Assimi Goita détaillait ses attentes vis à vis des "Assises nationales de la refondation".

Le 9 décembre dernier, le chef de la junte au pouvoir au Mali, le colonel Assimi Goita détaillait ses attentes vis à vis des « Assises nationales de la refondation ». © Capture ORTM

Un « nouveau Mali » ? 

C’est la promesse du colonel Assimi Goïta depuis son arrivée au pouvoir et, a fortiori, depuis l’ouverture des Assises nationales de la refondation au début du mois. Cette concertation nationale rend ses conclusions ce jeudi 30 décembre au soir. Une prolongation de la transition devrait notamment être proposée. 

« Un moment privilégié d’examen collectif de conscience et de prospective », « l’occasion rêvée de suspendre les clivages », « une occasion exceptionnelle pour nous interroger sur le type de citoyens que nous voulons être »…

Le 9 décembre 2021, le chef de la junte malienne Assimi Goïta multiplie les adjectifs pour qualifier les Assises nationales de la refondation qui ouvriront deux jours plus tard.

A qui s’adresse-t-il ?

A l’opinion malienne ? A la Cédéao qui lui met la pression pour que les élections censées mettre fin à la transition se tiennent en février 2022 ? A la France avec qui les relations se sont plus que dégradées, notamment depuis la main tendue de la Russie saisie par Bamako, illustrée notamment par l’arrivée supposée imminente de paramilitaires de la compagnie privée Wagner.

Une transition plus longue ?

De ces assises devrait découler un Mali Koura, un nouveau Mali promis depuis un an et demi par le colonel Goïta, auteur de deux coups d’Etat. Une promesse devenue slogan mais aussi attente.

Concrètement, l’annonce la plus guettée est celle de la date des futures élections, synonyme de retour à un ordre constitutionnel suspendu depuis la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020. La junte n’a pas caché que la date de février 2022 ne serait pas tenue. Quel délai supplémentaire ? Tout est ouvert. Radio France Internationale rapportait mercredi que des prolongations de six mois comme de cinq ans avaient été suggérées par les Maliens qui ont pris part aux concertations organisées à travers le pays dès le 11 décembre.

Les responsables en charge de l’organisation de ces concertations assurent qu’elles ont pu se tenir dans 725 des 749 communes que compte le pays. 70.000 personnes y auraient participé. En revanche, neuf des 60 cercles (collectivités territoriales entre la commune et la région) n’ont pas pu prendre part aux Assises pour des raisons de sécurité. 

A l’issue de ces deux grosses semaines au niveau local, les recommandations sont « remontées » à Bamako, confiées à un « panel de hautes personnalités » chargées de produire un rapport final. Anciens ministres, hauts-fonctionnaires, avocats ou encore historiens, les 19 membres de ce panel ont été nommés directement par Assimi Goïta.

Leurs recommandations présentées ce jeudi 30 décembre en fin de journée seront « exécutoires ». En d’autres termes, les autorités s’engagent à les appliquer sans y toucher. Lundi, au coup d’envoi de cette dernière ligne droite, le colonel Goïta a demandé au panel de « faire le diagnostic sans complaisance de l’état de la nation, d’en tirer les meilleures leçons, d’analyser en profondeur la situation globale du pays ».

Pas de consensus

L’initiative de ces Assises de la refondation n’a pas fait consensus. 
Le 11 décembre, le Cadre d’échange, réunion de plusieurs partis et regroupements de partis, estimait que ces Assises n’étaient qu’une « manœuvre dilatoire » destinée à prolonger la transition, de la part d’un gouvernement « sans repère, ni boussole ».

La veille, d’autres acteurs importants, au sein d’un Cadre stratégique permanent (CSP), avaient eux aussi prévenu que les conclusions des Assises ne les engageraient « nullement ». Ce CSP rassemble notamment les signataires de l’accord d’Alger (2015), censé stabiliser le pays.

Les opposants à ce dialogue, peu convaincus a priori par l’exercice, ont préféré insister sur la nécessité d’organiser les élections dans les plus brefs délais. 

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s