Plombée par le Covid, la politique à l’aune d’une élection présidentielle incertaine

Dans un bureau de vote de Martres-Tolosane en Haute-Garonne, lors du second tour des élections régionales le 27 juin 2021

Dans un bureau de vote de Martres-Tolosane en Haute-Garonne, lors du second tour des élections régionales le 27 juin 2021 afp.com – Lionel BONAVENTURE

Plombée par la pandémie de Covid, l’année politique qui se termine a conforté les positions des uns et des autres lors d’élections régionales à l’abstention record, sans véritablement donner le « la » pour l’élection présidentielle d’avril, de plus en plus incertaine.

Après la décomposition de l’échiquier politique de 2017, avant une potentielle recomposition jamais vraiment aboutie, la stagnation: objet de toutes les ambitions, les élections régionales de juin n’ont finalement offert ni conquêtes ni revanche et reconduit toutes les majorités sortantes au terme d’une campagne morne qui n’a pas même mobilisé 35% des électeurs.

Le scrutin, pourtant longtemps présenté comme décisif moins d’un an avant la présidentielle, n’a en fait qu’accentué un statu quo aux multiples paradoxes.

Pour la majorité, en quête perpétuelle d’implantation, le revers – seule l’élection de Renaud Muselier, à l’époque LR mais soutenu par LREM, lui a permis de brandir une « victoire » – a pourtant été minimisé, tant la popularité d’Emmanuel Macron s’est maintenue et ne semble obérer ses chances de réélection, s’il se représente.

De même pour le Rassemblement national, auquel plusieurs sondages avaient promis à tort des succès, mais dont la contre-performance n’a pas atteint Marine Le Pen.

A contrario, chez LR et le PS, jugés moribonds, le maintien des positions a été perçu comme un ballon d’oxygène. Voire la promesse de nouveaux avenirs lumineux, a fortiori pour les socialistes qui tenaient leur revanche sur les écologistes après s’être fait damer le pion l’année précédente lors des municipales.

Une élection intermédiaire pour rien? L’immense désintérêt pour les régionales ne fut pour les observateurs que l’énième conséquence de la pandémie de Covid, puissant anesthésiant de la vie politique depuis mars 2020 et qui continue à produire ses effets aujourd’hui.

« La fragmentation politique contribue aussi à ça: les électeurs n’y comprennent plus rien, on est dans une telle période de décomposition politique que ça assèche tout », note le directeur général opinion de l’Ifop, Frédéric Dabi.

– La surprise Pécresse –

Résultat: jusqu’au cœur de l’automne, les études d’opinion relevaient la persistance d’une élection présidentielle à venir dominée par le duel Emmanuel Macron versus Marine Le Pen.

A gauche, la candidature d’Anne Hidalgo, vaguement concurrencée par Arnaud Montebourg, désespère de dépasser la barre des 5% d’intentions de vote. L’écologiste Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon font à peine mieux, loin des 19% recueillis par l’Insoumis en chef en 2017 qui reconnaît que son accession au round final s’apparente désormais à un « trou de souris ».

Au point que Mme Hidalgo a proposé en fin d’année une primaire pour désigner un candidat unique à gauche, une invitation aussitôt déclinée par les insoumis et les communistes. Mais que pourrait saisir Christiane Taubira qui « envisage » une candidature pour 2022.

A droite, le jeu s’est soudainement élargi ces dernières semaines.

Version extrême, avec l’arrivée d’Eric Zemmour,virtuellement qualifié au second tour selon plusieurs instituts de sondage, avant de stagner désormais sous la barre des 15%.

Version « républicaine » ensuite, avec l’investiture de Valérie Pécresse par LR, et dont la dynamique de campagne interne a propulsé la patronne de la région Île-de-France à 20% d’intentions de vote au premier tour, juste derrière Emmanuel Macron qu’elle battrait au second, selon certains sondages.

Un sérieux problème pour le président de la République sortant, toujours pas candidat, qui avait longtemps vu sa désormais rivale comme une alliée potentielle.

« La présidentielle, c’est une élection à part, qui a sa logique interne », rappelle Frédéric Dabi, alors que chacun se prend soit à rêver, soit à redouter du retour de la proverbiale « surprise » supposément inhérente au scrutin suprême, en rappelant qu’Edouard Balladur en 1995 ou Lionel Jospin en 2002 furent favoris avant de s’effondrer.

En Macronie, on préfère convoquer la réélection de François Mitterrand de 1988. Sans oublier que la reconduction d’Emmanuel Macron en avril prochain relèverait de l’exploit: ce serait alors le premier président de la République élu deux fois au suffrage universel hors cohabitation.

LE JV2 AVEC AFP

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