Mali: les partenaires internationaux condamnent fermement le déploiement du groupe Wagner

Le colonel Assimi Goïta lors d’une réunion à Bamako, le 22 août 2020. 

Dans un communiqué commun le Canada et 14 pays d’Europe, dont la France, estiment que le déploiement du groupe Wagner ne peut qu’« accentuer la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique occidentale ». Ils dénoncent l’implication de la Russie et appellent le Mali à rétablir l’ordre constitutionnel.

D’entrée de jeu les partenaires internationaux du Mali indiquent qu’ils « condamnent fermement » le déploiement du groupe Wagner sur le territoire malien. « Nous regrettons profondément la décision des autorités de transition maliennes d’utiliser des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces armées maliennes et les services publics au bénéfice du peuple malien », indique le communiqué des 15 pays signataires. Ce déploiement ne peut qu’« accentuer la dégradation de la situation sécuritaire, jugent-ils, mener à une aggravation de la situation des droits de l’homme au Mali, menacer l’accord de paix, entraver les efforts de la communauté internationale pour assurer la protection des civils. »

Les pays signataires désignent nommément la Russie derrière ces mercenaires. « Nous avons connaissance de l’implication du gouvernement de la Fédération de Russie dans la fourniture d’un soutien matériel au déploiement du groupe Wagner au Mali et appelons la Russie à se comporter de manière responsable et constructive dans la région. »

Ces 15 pays indiquent pour autant : « Nous ne renoncerons pas à nos efforts pour répondre aux besoins de la population malienne. Nous réaffirmons notre détermination à poursuivre notre action en vue de protéger les civils, de soutenir la lutte contre le terrorisme au Sahel. »

La déclaration aborde également la question de la transition. « Nous invitons instamment les autorités maliennes de transition à entreprendre des réformes et à rétablir l’ordre constitutionnel en préparant et en organisant les élections dans les meilleurs délais comme elles s’y sont engagées devant le peuple malien, la Cédéao et la communauté internationale.

Le texte est signé par 14 pays d’Europe, dont la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Portugal, la Belgique, la Roumanie, la République tchèque, les pays baltes et scandinaves, mais aussi par le Canada.


 

Communiqué conjoint sur le déploiement du groupe Wagner au Mali (23 décembre 2021)

Nous, partenaires internationaux résolus à soutenir le Mali et son peuple dans leurs efforts pour parvenir à une paix et une stabilité durables et à lutter contre le terrorisme, condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien. Ce déploiement ne peut qu’accentuer la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique occidentale, mener à une aggravation de la situation des droits de l’homme au Mali, menacer l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et entraver les efforts de la communauté internationale pour assurer la protection des civils et apporter un soutien aux forces armées maliennes.

Nous regrettons profondément la décision des autorités de transition maliennes d’utiliser des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces armées maliennes et les services publics au bénéfice du peuple malien.

Nous avons connaissance de l’implication du gouvernement de la Fédération de Russie dans la fourniture d’un soutien matériel au déploiement du groupe Wagner au Mali et appelons la Russie à adopter un comportement responsable et constructif dans la région.

Nous rappelons les décisions de la CEDEAO ainsi que ses préoccupations quant au risque d’instabilité dans la région si des sociétés de sécurité privées devaient se déployer au Mali (sixième session ordinaire à Abuja, 12 décembre 2021). Nous rappelons également l’adoption par l’Union européenne d’un ensemble de mesures restrictives à l’encontre du groupe Wagner lui-même et de huit personnes et trois entités qui lui sont liées (Conseil Affaires étrangères du 13 décembre 2021) impliqués dans de graves violations des droits de l’homme, notamment la torture et des exécutions et des assassinats extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ou dans des activités de déstabilisation dans certains pays où ils opèrent.

Nous ne renoncerons pas à nos efforts pour répondre aux besoins de la population malienne. Conformément aux objectifs de la Coalition internationale pour le Sahel, nous réaffirmons notre détermination à poursuivre notre action en vue de protéger les civils, de soutenir la lutte contre le terrorisme au Sahel et de contribuer à instaurer la stabilité à long terme en appuyant le développement durable, le respect des droits de l’homme et le déploiement des services publics. Nous continuerons à suivre de près et évaluer la situation.

Nous invitons instamment les autorités maliennes de transition à entreprendre des réformes et à rétablir l’ordre constitutionnel en préparant et en organisant les élections dans les meilleurs délais comme elles s’y sont engagées devant le peuple malien, la CEDEAO et la communauté internationale. Nous appuyons sans réserve les récentes décisions de la CEDEAO à cet égard.

Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Estonie, France, Italie, Lituanie, Norvège, Pays Bas, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Suède.

 

LE JV2 AVEC AFP

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