L’Ethiopie affirme avoir pris aux rebelles une ville du Tigré

Un soldat des Forces de défense nationales éthiopiennes à Kombolcha, en Ethiopie, le 11 décembre 2021
Un soldat des Forces de défense nationales éthiopiennes à Kombolcha, en Ethiopie, le 11 décembre 2021 afp.com – Amanuel Sileshi

Le gouvernement éthiopien a affirmé mercredi que ses troupes avaient pris aux rebelles une ville du Tigré, la première avancée territoriale depuis de nombreux mois au sein de cette région en proie à un sanglant conflit.

Cette annonce douche les espoirs de paix après la récente annonce d’un repli territorial des rebelles éthiopiens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Les rebelles avaient annoncé lundi leur retrait des régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, où les combats s’étaient propagés, pour se replier dans leur région et avaient appelé à un cessez-le-feu. Ils n’ont pas commenté dans l’immédiat l’annonce du gouvernement.

« Les vaillantes forces de défense éthiopiennes et les forces de sécurité de la région Amhara, après avoir balayé les forces ennemies, ont capturé la ville d’Alamata », a annoncé le service de communication du gouvernement dans un communiqué.

« Les Forces de défense nationales éthiopiennes et les forces de sécurité de la région Amhara, qui sont en train de détruire la clique terroriste en fuite, marchent sur Abergele », a ajouté le gouvernement, en référence à un district de la région du Tigré.

Bien que non confirmé, le retrait des rebelles d’Amhara et d’Afar avait fait naître l’espoir de possibles négociations pour mettre fin au conflit, doublé d’une grave crise humanitaire, qui dure depuis plus d’un an.

Lundi, le gouvernement avait déclaré que l’annonce du TPLF servait à masquer des déconvenues militaires.

Depuis fin octobre, les deux parties revendiquent chacune des avancées territoriales majeures mais les communications sont coupées dans les zones des combats et l’accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des positions sur le terrain.

Pendant un temps, les rebelles affirmaient se trouver à environ 200 km de la capitale Addis Abeba.

Fin novembre, les médias d’Etat avaient annoncé l’arrivée sur le front du Premier ministre Abiy Ahmed, un ancien lieutenant-colonel de l’armée, pour y diriger une « contre-offensive ». Le gouvernement a ensuite revendiqué plusieurs victoires.

– Pas d’avancée –

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lundi, le leader du TPLF Debretsion Gebremichael l’informait de leur repli et appelait à une cessation immédiate des hostilités, espérant que le retrait serait « une ouverture décisive pour la paix ».

Les Etats-Unis avaient dit lundi espérer que le repli annoncé des rebelles au Tigré, « ouvre la porte » à la diplomatie pour mettre fin au conflit.

Les intenses efforts diplomatiques déployés notamment par l’Union africaine pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu n’ont jusqu’à présent permis aucun progrès décisif.

Le conflit a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.

La semaine dernière, l’ONU a par ailleurs donné son feu vert à un mécanisme international d’enquête sur les exactions commises en Ethiopie.

L’organisation avait suspendu en octobre les vols humanitaires entre Addis Abeba et Mekele, la capitale du Tigré, où le gouvernement menait des frappes aériennes. Les vols ont repris en novembre.

Les craintes d’une marche des rebelles sur la capitale ont incité plusieurs pays – dont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni – à demander à leurs citoyens de quitter l’Éthiopie dès que possible.

La guerre a éclaté en novembre 2020 après que le Premier ministre a envoyé l’armée fédérale dans la région septentrionale du Tigré afin d’en destituer les autorités locales, issues du TPLF, qui défiaient son autorité et qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.

Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019 pour avoir conclu la paix avec l’Erythrée voisine, avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin, le TPLF a repris l’essentiel du Tigré, puis progressé dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara.

Ce conflit a fragilisé le pays et menace de déstabiliser la Corne de l’Afrique.

LE JV2 AVEC AFP

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