Or vénézuélien: Guaido gagne une manche à la Cour Suprême britannique

Un manifestant à l’extérieur de la Banque d’Angleterre, le 7 février 2019, pour réclamer l’accès pour le Venezuela de l’or stocké à Londres afp.com/Adrian DENNIS

La Cour suprême britannique a donné une victoire partielle à l’opposant vénézuélien Juan Guaidó lundi face au président Maduro, renvoyant devant le tribunal de commerce le litige sur l’or vénézuélien stocké à la Banque d’Angleterre, dont les deux camps se disputent le contrôle.

En donnant raison à l’appel de M. Guaidó, l’autorité britannique éloigne donc le président Nicolas Maduro des quelque 31 tonnes d’or — représentant environ 1 milliard de dollars américains —, auxquelles il demande à avoir accès.

Après avoir jugé que les tribunaux britanniques ne pouvaient pas contredire l’exécutif, qui considère M. Guaidó comme président par intérim, « il reste à savoir si les jugements émis par la Cour suprême du Venezuela peuvent être reconnus ici. L’affaire est renvoyée vers le tribunal de commerce », a affirmé la plus haute instance juridique britannique dans un communiqué présentant sa décision.

Mais la Cour suprême insiste : « Les tribunaux britanniques refuseront de reconnaître tout jugement d’une juridiction étrangère, comme ceux de la Cour suprême du Venezuela, s’ils sont en conflit avec notre politique nationale », qui inclut donc de reconnaître M. Guaidó comme président.

« Pillage »

« La dictature ne pourra pas (le) piller » l’or « comme elle l’a fait avec les fonds publics […] L’or des réserves vénézuéliennes continuera à être protégé à la Banque d’Angleterre », a réagi M. Guaidó sur twitter.

Autoproclamé chef de l’État en 2019 avec le soutien de Washington, M. Guaidó est considéré comme président par intérim par une cinquantaine de pays qui ne reconnaissent pas la réélection de Nicolas Maduro en 2018.

Les deux camps ont notamment créé des comités de direction de la Banque centrale du Venezuela (BCV) différents, et qui réclament tous deux accès à l’or entreposé au cœur de Londres, dans les coffres de la Banque d’Angleterre (BoE).

Le camp de M. Maduro s’était tourné vers la justice britannique en 2020. Dans un premier temps, la Banque centrale du Venezuela de M. Guaidó avait été reconnue comme légitime, avant que la Cour d’appel n’annule ce jugement.

Elle estimait alors que, puisque Londres garde les canaux ouverts avec Caracas, notamment en y maintenant son ambassade, M. Maduro était « de facto » reconnu président du Venezuela.

Une position annulée lundi par la Cour suprême après un appel de M. Guaidó.

Opposition en difficulté

« Nous attendons avec impatience l’opportunité de démontrer que les décisions de justice vénézuéliennes sur lesquelles s’appuient le camp de M. Maduro ne méritent pas d’être retenues par un tribunal britannique, car elles ne sont pas émises par un système judiciaire indépendant », a affirmé Jane Wessel, avocate du cabinet Arnold & Porter, qui défend les intérêts de M. Guaidó.

« Reconnaître M. Guaidó comme président est une insulte à la réalité sur le terrain », dénonce pour sa part Sarosh Zaiwalla, avocat du cabinet Zaiwalla, qui défend le camp du président Maduro.

« Cela fait 19 mois que ce dossier continue », ajoute-t-il, affirmant que « les actifs au Royaume-Uni restent inaccessibles et inutilisables pour lutter contre la pandémie de COVID-19 au Venezuela ».

Selon les chiffres officiels, le Venezuela, pays de 30 millions d’habitants, a enregistré 440 000 cas pour plus de 5000 décès. Des ONG et l’opposition accusent le pouvoir de minorer les statistiques.  

Le camp de M. Guaidó affirme pour sa part que l’argent récolté servirait à réprimer le peuple ou atterrirait dans les poches d’un régime « kleptocrate ».

Au Venezuela, le camp Guaidó est en difficulté : un poids lourd de l’opposition a appelé début décembre à la fin du gouvernement d’opposition, critiquant notamment le contrôle par M. Guaidó des actifs vénézuéliens aux États-Unis.

Et le parti du président Maduro a remporté 19 des 23 États en jeu lors d’élections régionales fin novembre, un scrutin critiqué par la mission d’observation de l’Union européenne.  

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s