Un an après la disparition de Delphine Jubillar, son mari détenu et des zones d’ombre

Cédric Jubillar le 23 décembre 2020 lors des recherches de sa femme à Cagnac-les-Mines (Tarn)

Cédric Jubillar le 23 décembre 2020 lors des recherches de sa femme à Cagnac-les-Mines (Tarn) afp.com – Fred SCHEIBER

Un an après la disparition de Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans, son mari fait toujours figure de principal suspect. Mais de nombreuses zones d’ombre demeurent dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni preuves irréfutables.

Si les trois avocats du mari, un peintre-plaquiste de 34 ans en instance de divorce avec son épouse, affirment que rien ne justifie le maintien en détention de leur client, pour les parties civiles, la famille et les proches de l’infirmière, Cédric Jubillar, qui travaillait de façon épisodique et consommait régulièrement du cannabis, fait légitimement figure de suspect numéro un.

Détenu à l’isolement depuis sa mise en examen pour meurtre voici six mois, Cédric Jubillar n’a de cesse de clamer son innocence et ses avocats ont présenté le 7 décembre une nouvelle demande de remise en liberté, après plusieurs tentatives vaines.

« Au début, il n’était pas anormal que les enquêteurs aient le regard posé sur la dernière personne ayant croisé Delphine », lance Jean-Baptiste Alary, pour la défense.

Il déplore une enquête menée ensuite uniquement « sur une intime conviction des enquêteurs ».

« L’enquête bouge, on est loin de l’immobilisme. Il n’y a pas d’erreur judiciaire, les indices convergent vers lui. Pour l’instant, le mari reste une piste crédible », affirme au contraire Philippe Pressecq, l’avocat d’une cousine de Delphine Jubillar, constituée partie civile.

– « Brutal et agressif » –

Le 18 juin, le procureur de Toulouse Dominique Alzeari avait détaillé les éléments constitutifs d’un mobile, expliquant que Cédric Jubillar avait « de très grandes difficultés, affectives et matérielles, à accepter cette séparation » et qu’il savait que son épouse avait un amant, la surveillait et se montrait parfois « brutal et agressif ».

Dans cette enquête sans corps, ni aveux, ni preuves irréfutables, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse ont surveillé le mari avec un traceur sur son véhicule et des écoutes, dirigé des battues, fait sonder lacs et rivières. Les experts de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) ont même été appelés à la rescousse.

Une source proche de l’enquête fait remarquer que les cours d’assises jugent et condamnent régulièrement des accusés sur la base de faisceaux d’indices.

C’est Cédric Jubillar qui a alerté les gendarmes le 16 décembre à l’aube de la disparition de son épouse du domicile familial situé à Cagnac-les-Mines, une ancienne cité minière près d’Albi.

Selon sa version, le 15 décembre vers 23H00, en plein couvre-feu, Delphine Jubillar est sortie de la maison pour promener leurs deux chiens qui sont revenus sans elle. « Alors qu’elle ne promenait jamais les chiens », observe une source proche de l’enquête.

– Femme de l’amant –

Le père de famille dit avoir été réveillé vers 04H00 par les pleurs de leur fille d’un an et demi et, inquiet, aurait appelé d’abord des amies de sa femme avant d’alerter la police.

Fin novembre, les juges ont entendu le fils aîné du couple, aujourd’hui âgé de 7 ans, qui aurait relaté une dispute entre ses parents le soir de la disparition.

« Si l’accusation en est à vouloir à tout prix faire reposer sur l’enfant des éléments d’accusation, c’est que vraiment le dossier ne tient pas », affirme Me Alexandre Martin. « Quelle est la faculté de restitution chronologique d’un enfant de cet âge là? », interroge Me Alary.

Dans ce contexte les avocats de la défense déplorent que la justice n’ait pas été plus loin sur d’autres pistes, notamment le témoignage d’un chauffeur de taxi « qui aurait vu une femme avec un blouson clair » vers 06H00, le jour de la disparition.

Ils évoquent aussi l’audition de la compagne de l’amant de Delphine Jubillar qui a échangé avec elle une vingtaine de messages le 15 décembre. Selon Me Alary, « c’est une femme piquée au vif. Il y a des incohérences dans le dossier qui n’ont pas été vérifiées ».

Me Pressecq est persuadé que le temps amènera « des réponses ». Une nouvelle marche blanche est organisée le 19 décembre, « pour que ce dossier reste au-dessus de la pile », ajoute l’avocat.

LE JV2 AVEC AFP

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